Lubrizol : deux mois après l'incendie, des questions se posent encore

Le 26 septembre à l'aube, la métropole rouennaise se réveillait avec une épaisse fumée noire au dessus de la ville. / © Stéphane Gérain / France Télévision
Le 26 septembre à l'aube, la métropole rouennaise se réveillait avec une épaisse fumée noire au dessus de la ville. / © Stéphane Gérain / France Télévision

L'incendie de Lubrizol, c'était le 26 septembre 2019. Deux mois plus tard, des questions se posent encore. La commission d'enquête de l'assemblée nationale continue ses auditions, une nouvelle manifestation est organisée ce mardi 26 novembre. 

Par Véronique Arnould avec l'AFP

Le 26 septembre, dans la nuit, des détonations résonnaient, les habitants se réveillaient avec une épaisse fumée noire au dessus de leur tête. Crise sanitaire, environnementale, cet incendie d'une usine Seveso n'a pas fini de faire la Une. Des questions, soulevées notamment par un collectif de syndicats et d'associations, restent en suspens. Deux mois après, les commissions d'enquête du Sénat et de l'Assemblée Nationale sont toujours en cours.

L'enquête judiciaire


L'enquête menée par les enquêteurs du Service Régional de Police Judiciaire (SRPJ) de ROUEN, de l’Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et la Santé Publique (OCLAESP) et de l’Institut de Recherche Criminelle de la Gendarmerie Nationale (IRCGN) n'a pas encore permis de déterminer l'origine de l'incendie. 

Selon France Bleu Normandie, d'après les vidéos de caméra surveillance, les enquêteurs auraient aperçu une silhouette mais il s'agirait d'un salarié d'une entreprise voisine venu couper les arrivées de gaz à proximité.
 
Lubrizol : deux mois après l'incendie, des questions se posent encore

La commission parlementaire

Depuis le 30 septembre 2019, une commission parlementaire enchaîne les auditions de tous les acteurs qui ont agi cette journée du 26 septembre. Cette commission, présidée par la socialiste Christophe Bouillon, regroupe trente membres de l'assemblée, chargée d’enquêter sur "les dysfonctionnements et manquements relatifs à la gestion par les pouvoirs publics de l’incendie du site industriel Lubrizol à Rouen le 26 septembre 2019 ainsi que ses conséquences sanitaires et environnementales réelles."

Cette semaine, les auditions continuent également au Sénat, avec notamment une rencontre organisée avec la directrice de l'Agence régionale de Santé.

Un incendie "hors-norme"

Près de 20 ans après la catastrophe AZF, la France semble toujours insuffisamment préparée au risque d'accident industriel, au vu des auditions menées par le Parlement sur l'incendie de l'usine chimique Lubrizol à Rouen il y a deux mois.
  • Le "cell-broadcast" : selon le préfet de Normandie, Pierre-André Durand, il faudrait utiliser ce système plutôt que les sirènes. Il s'agit de prévenir la population par téléphone portable et de lui donner des consignes.
  • Un Plan de prévention des risques sous-dimensionné ? Les pompiers ont manqué d'eau pour éteindre l'incendie, cet événement à demandé 4 fois plus d'eau que la quantité prévue par arrêté préfectoral fixant les minima pour ce site.
  • Les pompiers ne sont pas forcément équipés pour ce type de sites.
  • L'ancienne ministre de l'environnement delphine Batho, ainsi que Corinne Lepage ont également dénoncé la baisse des budgets de la prévention des risques technologiques, et des sanctions "dérisoires" appliquées aux entreprises.

L'activité du site reprendra-t-elle ? 

C'est en tout cas ce que souhaite la direction de Lubrizol : une reprise partielle avant la fin de l'année 2019. Selon Isabelle Striga, la directrice générale France de Lubrizol, les "dispositifs" mis en place par la société depuis l'incendie "nous conduisent aujourd'hui à être en mesure de présenter un dossier de demande de reprise partielle de l'activité, progressivement et en sécurité". Et ce, avant la fin de l'année.
 

D'après Delphine Martos, Directrice des Ressources Humaines de Lubrizol, cette reprise d'activité est une nécessité. Si l'usine ne pouvait ouvrir, ce serait près de 2 200 emplois directs, indirects et induits qui seraient menacés. Dans cette interview réalisée ce lundi 25 novembre, elle précise de quelle manière le groupe souhaite reprendre son activité sur le site de Petit-Quevilly.

Avant l'incendie, il y avait 10 000 m2 carrés de stockage. Cette zone ne sera pas reconstruite. C'est un premier signe donnée par l'entreprise. Les activités que nous souhaitons redémarrer sont sans risque. Il s'agit d'une unité de mélange dans laquelle il n'y a pas de réaction chimique. [...] Nous prévoyons également des zones tampons qui n'auront aucune activité industrielle en limite de site.


 

Vers une reprise partielle d'activité ?

Appel à manifester

 
© France 3 Normandie / Jean-Baptiste Pattier
© France 3 Normandie / Jean-Baptiste Pattier
© France 3 Normandie / Jean-Baptiste Pattier
© France 3 Normandie / Jean-Baptiste Pattier


A l'appel du collectif unitaire Lubrizol, 300 personnes participent à  une manifestation ce mardi 26 novembre à 18h : une marche entre le palais de justice et les portes de l'usine.
Pour ce collectif (CGT, Solidaire FO-FSU, Confédération paysanne, Associations des sinistrés de Lubrizol, Citoyens pour le Climat ...etc)

Il faut amplifier la mobilisation pour que l'ensemble de nos exigences soient satisfaites. Nous ne lâcherons pas, nous ne tournerons pas la page.

En ligne de mire, le besoin de réponses sur la "rétention d'information et l'absence de consignes claires à la population." 

Une délégation doit être reçue ce soir mardi 26 novembre par la direction de l'usine.

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