Lycée Agricole de Saint Cyran : en 1ère Chloé est déterminée, et vit en mode "passion du cheval"

Publié le Mis à jour le
Écrit par FML

Le Lycée Agricole de Saint Cyran du Jambot (Indre) est entièrement tourné vers le cheval. Un cas d’espèce en France. Chaque jour cette semaine, nous suivons un acteur de cette entité d'environ 250 élèves et 140 chevaux. Aujourd'hui : Chloé, 16 ans, en Bac pro hippique.

Ce jeudi n'est pas un jour comme les autres pour Chloé Boulaud. A 16 ans, elle est en 1ère d'un« bac pro hippique » : elle passe ses trois épreuves pratiques du BEPA.

« Cela fait 4 ans que je suis à Saint Cyran. Je fait je que j’ai toujours voulu faire ». Et l’internat ? « J’adore. Bien sûr pour la vie de famille ce n’est pas le mieux. Mais je ne me verrais pas arrêter ».
D’ailleurs la majorité des élèves sont internes au Lycée d’enseignement Agricole du Jambot, où tout tourne autour du cheval. Chloé ne fait pas exception à la règle : c’est une fille comme la très grande majorité des élèves ici (plus de 80%). Et puis elle a commencé toute petite. « J’ai accroché tout de suite. Pas pour mon petit frère ; cela reste une activité occasionnelle ».


« C’est la soeur de mon meilleur ami qui m’en a parlé. Après je n’ai plus eu envie que d’y entrer. »

Elle sort du parcours d’hippique. Le jury lui demande de venir jus'qu'au bus qui sert d’abri. Elle signe sa feuille. Et puis surtout, elle doit analyser son tour. Car ce qui importe ici, c’est moins la performance sportive que la manière dont elle a mené sa monture sur le tour et sa capacité à prendre tout de suite la distance nécessaire pour avoir une lecture critique de sa prestation. « Il est sorti de la main sur la ligne. Je n’ai pu le reprendre correctement dans la courbe. » Les professeurs et juges l’écoutent, l’interrogent, et éventuellement demandent plus d’explications. Elle rejoint son cheval, tenu par une autre élève près de la carrière d’obstacle. Puis repart vers les écuries. La journée est loin d'être finie.


Il ne faut pas traîner. Elle doit passer 3 disciplines. Après le CSO, pour elle ce sera travail à pied. Cet après-midi elle passera le dressage. Direction une des nombreuses carrières du Lycée.

« Hier j’ai tiré au sort dans chacune des épreuves le cheval qui m’est attitré. Maintenant je dois savoir concernant "le travail à pied", la spécialité qui me sera demandée. Les professeurs ont le choix entre "travail en longe", avec ou sans enrênement, en liberté (plat ou obstacle), longues rênes. » Et c’est une discipline que tu apprécies ? « Pas vraiment. Je ne me sens pas à l’aise. En fait je préfère le CSO. »

Les deux examinateurs sont dans le manège couvert, totalement fermé avec une lycéenne qui passe avec un cheval en liberté. A la sortie, la décision tombe. Pour Chloé ce sera... Longues rênes.

Au milieu de des copines, elle file à la sellerie, ramasse guêtres, cloches et protèges boulets pour les postérieurs.
« Les protections sont obligatoires ». Il faut aussi finir les boutons à partir des nattes commencées la veille, donner un dernier coup de brosse à Joker, un grand bai.
Le stress monte. Attente devant la carrière, visage fermé en attendant son tour. Elle n’aura pas d’indications. Seule, il lui faut savoir et mettre en place une séance de travail. Une dizaine de minutes plus tard, même mode opératoire : elle doit debriefer sa prestation. Et force est de constater qu’à l’adolescence on ne maîtrise pas encore toujours la communication et l’argumentaire quitte à se desservir un peu au passage. Exigente vis-à-vis d’elle même, elle n’est pas contente du boulot produit. Et le dit sans détours. Les professeurs, avec pédagogie donnent leurs impressions : « Pourquoi es tu restée sur le cercle. La carrière est grande, tu n'a pas utilisé l'espace. Pas varié non plus les exercices.»



Retour au box. Son énervement sur la qualité de sa prestation disparaît net quand elle entend que sa copine partie au CSO a "planté" son parcours. L’équitation a beau être un sport où l’on est seul à cheval, il n’en demeure pas moins que l’esprit d’équipe est fort. Et les informations incomplètes échangées inquiètent un peu. « Elle a été arrêtée en cours par le Jury. Elle est effondrée ». « Où se trouve t’elle ? » 
Pendant qu’elle enlève filet et surfaix, la conversation reprend. « Après le bac, je continuerai ici en licence de management et en parallèle je passerai mon BPjeps. » Chloé sait ce qu’elle veut, avec des plans précis. « Une fois le diplôme en poche ? Je partirai à l’étranger. L’Australie, surement. En France, il existe déjà beaucoup de structures. » Une apparente assurance qui s'appuie sur les résultats de l'établissement. L'enseignement reçu ici assure à la majorité des débouchés.
 
Il y a un peu de temps avant le dressage. Le déjeuner au self sans oublier d'aller supporter les amies.

Demain Véronique Tonelli, Monitrice et spécialiste de travail à pied et d'équitation éthologique.