Affaire Karachi: le procès du volet financier attendu à Cherbourg se tiendra en octobre 2019 à Paris

Même si les années passent, l'explosion du 8 mai 2002 est encore dans toutes les têtes. L'attentat avait totalement détruit le bus qui transportait les ouvriers français basés à Cherbourg. / © AFP
Même si les années passent, l'explosion du 8 mai 2002 est encore dans toutes les têtes. L'attentat avait totalement détruit le bus qui transportait les ouvriers français basés à Cherbourg. / © AFP

On savait depuis juillet 2017 que ce procès "Karachi" aurait bien lieu. Il devrait se tenir à Paris en octobre prochain pour abus de bien sociaux et recel des six prévenus dans ce dossier où se mêlent politique et vente d'armes. 17 ans après l'attentat au Pakistan qui a tué des cherbourgeois. 

 

Par Avec AFP

8 mai 2002. Une voiture remplie d'explosifs fonce sur un bus à Karachi au Pakistan. A son bord, des salariés de la direction des constructions navales de Cherbourg (DCN). L'attaque fait 14 morts dont 11 Français. 
L'affaire fait l'objet d'une enquête depuis 17 ans, enfin le procès arrive, sur son volet financier.

Le procès de six protagonistes du volet financier de l'affaire Karachi, concernant des soupçons de commissions occultes en marge de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995, se tiendra au tribunal correctionnel de Paris du 7 au 31 octobre, a appris l'AFP samedi de sources concordantes.
Ce procès pour "abus de bien sociaux" sera le premier à se tenir dans cette affaire hors norme, née après l'attentat de Karachi qui avait fait
quinze morts, dont onze ouvriers français de la Direction des chantiers navals (DCN), le 8 mai 2002.
    
 

Des commissions occultes liée à la Campagne d'Edouard Balladur en 1995? 


L'enquête terroriste privilégiait au départ la piste du groupe Al-Qaïda avant de s'en éloigner en 2009 et d'explorer celle de représailles menées après l'arrêt par la France du paiement de commissions en marge de contrats de ventes de sous-marinsau Pakistan (contrat Agosta) et de frégates à l'Arabie saoudite (contrat Sawari II).

Elle a conduit à révéler un possible financement occulte de la campagne de M. Balladur en 1995, via ce mécanisme de rétrocommissions.
Pour examiner ce nouveau volet financier, une seconde enquête avait été ouverte en 2011, déclenchée par des plaintes de familles représentées par l'avocat Olivier Morice. 

En juin 2014, les juges Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire avaient ordonné le renvoi en correctionnelle des principaux protagonistes.
 

Abus de biens sociaux et recel 

Cinq ans après et de nombreuses péripéties judiciaires plus tard, six prévenus sont finalement convoqués pour être jugés pour "abus de biens sociaux" et "recel".

Trois sont issus du monde politique: Nicolas Bazire, ex-directeur de campagne d'Édouard Balladur et aujourd'hui un des dirigeants du groupe de luxe LVMH ; Renaud Donnedieu de Vabres, ex-conseiller du ministre de la Défense François Léotard ; Thierry Gaubert, alors membre du cabinet du ministre du Budget Nicolas Sarkozy.

Les trois derniers viennent du monde des affaires: Dominique Castellan, ancien patron de la branche internationale de la DCN (maintenant
Naval Group) ; l'homme d'affaire franco-libanais Ziad Takieddine et l'intermédiaire espagnol d'origine libanaise Abdul Rahman Al Assir.

Dans cette enquête, les cas d'Édouard Balladur et de François Léotard, qui relèvent de la Cour de justice de la République (CJR), ont été disjoints.

 L'ancien Premier ministre et son ministre de la Défense ont été mis en examen en mai et juillet 2017 pour "complicité d'abus de biens sociaux". Nicolas Sarkozy, ex-ministre du Budget, a pour sa part été entendu comme témoin par la CJR.


Rien dans le volet " terroriste"

Dans le premier volet, dit terroriste, de l'affaire Karachi, toujours entre les mains des juges d'instruction du tribunal de Paris, aucune mise
en examen n'a été prononcée à ce jour.
   

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