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AREVA : les syndicat estiment que "l'Etat ne doit pas s'affranchir de ses responsabilités"

A la veille d'une rencontre avec le ministre de l'économie Emmanuel Macron, l'intersyndicale du groupe estime que "les salariés ne doivent en aucun cas être la variable d'ajustement". Areva qui a annoncé une perte de 5 milliards d'euros en 2014 prévoit de supprimer entre 5000 et 6000 emplois.
"La responsabilité des dirigeants de l'entreprise et des gouvernements successifs est majeure", soulignent dans un communiqué commun les fédérations CFDT, CFE-CGC, CGT et FO de l'énergie, la métallurgie et la chimie. Elles déplorent "l'absence de stratégie industrielle" quand, dans le même temps, "une logique de marché et financière a rapporté plus de 20 milliards d'euros de dividendes à l'État depuis 10 ans". Le groupe nucléaire en difficulté est en effet détenu à près de 87% par des capitaux publics.

Nul doute que les syndicats ne manqueront pas de le rappeler au ministre Emmanuel Macron qu'ils doivent rencontrer ce vendredi 22 mai. "L'Etat ne doit pas s'affranchir de ses responsabilités dans le sauvetage" d'Areva écrivent les syndicats pour qui les salariés ne doivent pas être réduits à une "variable d'ajustement" ajoutant que "l'urgence est à la défense de l'emploi dans Areva, dans les entreprises prestataires et sous-traitantes durement impactées par le plan de redressement". Les fédérations CFDT, CFE-CGC, CGT et FO demandent donc à l'Etat de présenter un projet qui soit "pertinent et cohérent industriellement" pour le nucléaire, "une des dernières filières d'excellence de notre pays".

Quel impact à l'usine de la Hague ?

En 2014, Areva a enregistré une perte astronomique de près de 5 milliards d'euros - la moitié de son chiffre d'affaires ! Le 7 mai, la direction du groupe a annoncé une "réduction de ses frais de personnel"  de 15 % en France et de 18 % au niveau mondial, ce qui représenterait entre 5000 et 6000 suppressions d'emplois dans le monde, dont 3000 à 4000 en France. Mais nul ne sait encore si le site de retraitement de la Hague qui emploie 3100 personnes sera touché ainsi que l'expliquait Sylvain Rouil le 7 mai dernier :
##fr3r_https_disabled##(intervenants:
- Dominique Hébert, CGT Areva La Hague
- Geneviève Gosselin-Fleury, députée PS de la Manche
- Philippe Launay, FO Areva La Hague)


Les écologistes soutiennent les salariés de la Hague !


Au début de l'année, un plan d'amélioration de la compétitivité de l'usine avait déjà été dévoilé. Il prévoyait le non-remplacement de 100 départs en retraite en 2015. Les syndicats contestaient alors ce chiffre, évoquant plutôt "500 suppressions de postes". Il critiquaient déjà les choix stratégiques des dirigeants du groupe : "L'usine a vieilli, mal vieilli. Nos dirigeants n'ont pas fait les investissements qu'il fallait. Pour payer les erreurs passées, ils veulent donc supprimer 500 postes", affirmait alors Arnaud Baudry (CFDT).

À la veille de la rencontre entre les syndicats et le ministre de l'économie, ce sont... les écologistes qui volent au secours des salariés de la Hague. Dans un communiqué, Yannick Soubien, la tête de liste d'Europe Ecologie pour les prochaines régionales estime que "la suppression d'emplois sur le site d'Areva serait dramatique à double titre : pour le territoire du Cotentin, très dépendant du nucléaire sur le plan économique, et pour l'avenir du site dans un contexte de transition énergétique qui va nécessiter les compétences, les métiers et les salariés déjà présents à La Hague. Pour les écologistes, il n'est pas pensable que le géant du nucléaire puisse assumer pleinement ses missions de démantèlement, de sûreté et de sécurité des personnes en réduisant des effectifs qui viendront forcément affaiblir un peu plus le fonctionnement du site et fragiliser les sous-traitants".




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