Carottes de Créances : 80 tonnes de pesticide interdit répandues sur les cultures

20 personnes viennent d'être auditionnées dans le cadre de l'enquête sur l'utilisation de dichloropropène sur des cultures maraîchères dans le secteur de Créances dans la Manche. Selon le procureur de la République de Coutances, la majorité d'entre elles a reconnu les faits.

Plus de 50 000 tonnes de carottes poussent dans le sable à Créances, la moitié de la production du département.
Plus de 50 000 tonnes de carottes poussent dans le sable à Créances, la moitié de la production du département. © Collection Watier/Maxppp
Les auditions se sont déroulées les 4 et 5 novembre derniers dans le cadre d'une opération coordonnée avec les départements de la Manche, du Gard et des Pyrénées Orientales. 14 maraîchers, 3 transporteurs et 3 importateurs-revendeurs-applicateurs ont été interrogés en garde à vue ou en audition libre et la plupart ont avoué avoir participé à l'importation et à l'usage de ce produit phytosanitaire interdit depuis 2018 en France pour des raisons environnementales.


 
 
"L'enquête révèle à ce stade que, depuis 2018, près de 80 tonnes de produits interdits étaient importées illégalement d'Espagne et étaient utilisées et répandues sur plusieurs hectares dans le secteur de Créances" explique le Procureur de la République de Coutances. Il souligne également que d'autres saisies ont été effectuées et notamment 23 tonnes de produits phytosanitaires interdits.
 

80 tonnes de produits interdits étaient importées illégalement d'Espagne et étaient utilisées et répandues sur plusieurs hectares dans le secteur de Créances

Cyril Lacombe, procureur de la République de Coutances


Les qualifications pénales retenues sont : mise sur le marché, détention et utilisation en bande organisée de produits phytosanitaires ne bénéficiant pas d'une autorisation, faux et usages de faux, pratiques commerciales trompeuses, abus de biens sociaux, abus de confiance, blanchiments et blanchiments de fraude fiscale. Les investigations se poursuivent.

Cette enquête a démarré en juin dernier quand la Brigade Nationale d'Enquêtes Vétérinaires et Phytosanitaires (BNEVP) s'est adressée au parquet de Coutances pour signaler des suspicions d'utilisations de pesticides interdits.

Le dichloropropène est classé depuis 2009 parmi les produits cancérigènes interdits par l'Union Européenne.
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