Érosion du littoral : la ministre Elizabeth Borne au chevet de Gouville-sur-Mer

Elizabeth Borne à Gouville-sur-Mer ce vendredi 14 février / © ND
Elizabeth Borne à Gouville-sur-Mer ce vendredi 14 février / © ND

La Normandie a été frappée deux fois cette semaine par des tempêtes. Pour la commune manchoise de Gouville-sur-Mer, qui lutte depuis plusieurs années contre l'érosion de sa dune, la situation est catastrophique. La ministre de la Transition écologique se rend sur place ce vendredi.

Par CM

"Je ne sais plus quoi dire à la population", confiait ce jeudi 13 février à nos confrères de Ouest-France, Béatrice Gosselin, la maire de Gouville-sur-Mer désemparée. La commune du littoral manchois, comme toute la Normandie a été frappée par deux fois par une tempête de forte ampleur. Lundi, avec Ciara, c'est une partie du parking de camping-cars qui a été emportée par la mer. Et les services municipaux de tenter de combler dans l'urgence les brèches dans le dispositif protégeant Gouville-sur-Mer. Car la nature n'a pas ménagé sa force les jours suivants. Ce jeudi, c'est Inés qui balayé la région.
 
Gouville-sur-Mer, après la tempête Ciara

Voilà plus d'une décennie que Gouville-sur-Mer lutte contre l'érosion marine. "Tous les jours on profite des derniers bons moments où on peut encore accéder à la mer parce que le jour où il n'y aura plus de camping, on n'aura plus de bateau, on n'aura plus de tracteur et on sera contraint d'abandonner la pêche", nous confiait le propriétaire d'un mobil-home, à proximité de la mer, en 2016. Le cordon dunaire protégeant la commune était grignoté un peu plus chaque année.
 

En 2017, la municipalité pensait avoir trouvé la solution : d'énormes poches remplies de sable et d'eau, des géotubes, pour réhausser la plage de près de 2 mètres 50. Un chantier conséquent, sur un kilomètre de longueur, et un coût très important, près de 800 000 euros. Mais deux ans plus tard, retour à la case départ.
 

A l'automne dernier, la municipalité était de nouveau lancée dans une course contre la montre, en prévision des gros coefficients à venir. La maire réclamait aux services de l'Etat l'autorisation de faire de nouveaux travaux. Une autorisation qui n'est arrivée que le 30 janvier dernier. L'enrochement a débuté dès le lendemain. Peut-être trop tard.
 
Gouville-sur-Mer, dans la Manche / © LOU BENOIST / AFP
Gouville-sur-Mer, dans la Manche / © LOU BENOIST / AFP

Dans la Manche, Gouville-sur-Mer n'est pas un cas isolé.  A Agon-Coutainville, le trait de côte a reculé avec de 2 à 3 mètres. La ministre de la transition écologique Elizabeth Borne se rend ce vendredi dans le département, à Gouville-sur-Mer puis Montmartin-sur-Mer pour rencontrer la population et les élus locaux.
 
La dune de Gouville-sur-Mer ce vendredi 14 février 2020 / © ND
La dune de Gouville-sur-Mer ce vendredi 14 février 2020 / © ND
Ce vendredi matin, à Gouville-sur-Mer, la ministre a rencontré plusieurs élus locaux, maires, députés, sénateurs. a la sortie de cette réunion, Elizabeth Borne n'a pas fait d'annonce particulière concernant la situation manchoise. Elle a évoqué un "engagement financier" de l'Etat auprès des communes concernées et des particuliers (au cas par cas) sans en prciser les contours : aucune date ni chiffrage.

Elle est revenue sur le plan présenté ce mercredi 12 janvier concernant les territoires confrontés à l'érosion marine, un plan visant à encadrer très strictement toute construction dans ces zones et à améliorer l'information des citoyens. Le gouvenrment avait également annoncé son intention de "relocaliser" d'ici 2100 entre 5000 et 10 000 habitations menacées par l'érosion du littoral.
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus