“Personne n'est capable de garantir sa mise en service”, François de Rugy s'interroge sur l'EPR de Flamanville

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
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C'est une annonce qui était attendue quelques jours à peine après sa nomination. François de Rugy  vient de se positionner très clairement sur l'avenir du nucléaire en France : "La France doit sortir de la guerre de religion" et remet en cause la mise en service de l'EPR de Flamanville en 2019.

Par Alexandra Huctin

C'est un nouveau coup d'épée dans le contrat avec EDF. Et les déboires ne cessent de s'accumuler pour l'EPR de Flamanville. François de Rugy, le nouveau ministre à la transition écologique a opté pour un discours plus tranché que son prédécesseur sur le nucléaire. Il faut dire que l'ancien candidat à la primaire citoyenne ( de gauche) a toujours eu un discours prudent sur la mise en service.
Il a donc décidé de rester droit dans ses bottes sur le sujet et de trancher publiquement sur le dossier. Un entretien accordé ce 10 septembre au journal Le Monde nous éclaire sur son point de vue. 


La France doit "sortir de la guerre de religion" et ce sera son nouveau leitmotiv à propos du nucléaire.


A la question "le nucléaire est-il encore une +énergie d'avenir+, comme le disait Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle?", l'ancien candidat à la primaire de la gauche de 2017, qui prônait une sortie de l'atome d'ici à 2040, a répondu
"spontanément, ma réponse est non. Mais il faut sortir de la guerre de religion".
"Le risque nucléaire n'est pas un petit risque qu'on peut balayer d'un revers de la main", a-t-il développé dans cet entretien mis en ligne lundi.
  

  " Il va falloir qu'EDF fasse la démonstration que l'EPR ( de Flamanville , NDLR)  fonctionne, ce qui n'est pas encore le cas", François de Rugy à propos de l'avenir des EPR en France. 


Sur la construction de nouveaux EPR en France, réclamée par EDF en plus de celui de Flamanville, "il faudrait déjà qu'EDF fasse la démonstration que l'EPR fonctionne, ce qui n'est pas encore le cas", a-t-il dit. "Personne n'est capable de garantir sa date de mise en service. Il faudraitégalement démontrer que l'EPR est compétitif au niveau des coûts."

 Plus largement, sur ses exigences avant d'accepter ce poste, il a indiqué avoir "demandé au président de la République si on se situait bien dans (une) priorité de transformation écologique".

 "J'ai toujours avec moi le programme électoral avec lequel j'ai mené campagne pendant des mois", a-t-il assuré. "Et dans celui-ci, on dit notamment qu'on donnera la priorité à la rénovation des bâtiments existants, aux transports du quotidien plutôt qu'aux investissements dans des infrastructures nouvelles. La transformation que cela exige, il faudra l'inclure dans la loi d'orientation des mobilités".
 

Flamanville : l'Arlésienne du nucléaire 


Alors que cet EPR de Flamanville est devenu "l'Arlésienne du nucléaire français", on se souvient qu'EDF a officiellement annoncé un nouveau retard au début de l'été 2018 :  avec un retard d'un an (4ème trimestre 2019) et un nouveau surplus financier de 10,5 milliards d'euros à 10,9.
En cause toujours : la qualité des soudures. 
Ce réacteur, à l'origine, devait être mise en service en 2012 pour 3, 3 milliards d'euros.

 

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