A Argentan, les détenus s'évadent grâce aux chevaux

A la prison d'Argentan, des ateliers équestres sont organisés avec des groupes de six détenus
A la prison d'Argentan, des ateliers équestres sont organisés avec des groupes de six détenus

A la prison d'Argentan, dans l'Orne, un atelier équestre permet à une douzaine de détenus de retrouver une certaine forme d'équilibre. La médiation animale permet de se remettre en selle.

Par CM et JR

"Ça me change de l'ordinaire, ça nous fait sortir de nos cellules et ça nous permet de vivre autre chose que ce qu'on a lhabitude de vivre à l'intérieur." A la prison d'Argentan, les visiteurs du vendredi sont particulièrement attendus. Chaque semaine, un fourgon débarque à l'entrée de l'établissement avec à son bord toris chevaux du Hars du Pin venus passer la journée avec deux groupes de six détenus. La médiation animale, utilisée dans les Ehpad, auprès de personnes handicapées ou de jeunes en difficulté, a été testée pour la première fois au printemps dernière derrière les murs de la prison d'Argentan. Et l'expérience semble positive.
 
Médiation animale à la prison d'Argentan

Durant ces ateliers, les détenus, tous volontaires, s'initient aux fondamentaux des soins aux chevaux ainsi qu'à la pratique équestre. Mais l'essentiel est ailleurs. Au coeur du dispositif, les relations développées avec l'animal dont il faut comprendre et accepter les codes. "Ils vont devoir trouver leur position au sein du troupeau de poneys pour ensuite pouvoir trouver leur position à eux dans la société, que ce soit dans le groupe ici au niveau du centre de détention ou ensuite dans la vie de tous les jours", explique Caroline Bourdais, monitrice d'équitation au haras du Pin.

S'intégrer dans un groupe mais aussi travailler sur soi, c'est ce que permet la médiation animale. Les participants sont ainsi sélectionnés en fonction de leur profil et caractère. "Le cheval n'ayant aucun a priori, ça permet de casser le plafond de verre de la timidité et de les amener ensuite à participer à d'autres activités ainsi que de reprendre confiance en elle", indique Marie Barbier, directrice adjointe du centre de détention, "On a aussi d'autres personnes qui sont plus spécifiquement visées parce qu'elles sont impulsives, pour leur apprendre la patience."

L'atelier pourrait être reconduit l'année prochaine au vu du bénéfice humain.

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