L'autoroute A28 : un jackpot pour ses créanciers et les usagers sont les dindons de la farce

© IP3 PRESS/MAXPPP
© IP3 PRESS/MAXPPP

L'autoroute normande A28 ,une des plus chères de France, se retrouve au coeur d'un scandale financier révélé par l'hebdomadaire Marianne. Ses créanciers (on citera Bouygues BTP, la Caisse d'Epargne et Covea, une mutuelle) ont déjà empoché gros : 360 millions d'interêts. Illégallement? Peut-être.

Par Alexandra Huctin

 
A28 : au cœur d'une enquête financière
Le journaliste de Marianne, Marc Endeweld, auteur de l'enquête "le jackpot de l'autoroute A28 " nous explique pourquoi ces 125 kilomètres de bitumes entre Rouen et Alençon se retrouvent au coeur d'une enquête de l'Autorité des marchés financiers. 

Alors que les usagers de cette portion normande savent bien que le ticket coûte cher ( ndlr : plus de 18 centimes du kilomètre, un record français), on comprend maintenant pourquoi : c'est une fusée à plusieurs étages mais il faut bien comprendre qu'à) chaque étape, ce sont toujours les mêmes qui ont empôchés les bénéfices juteurs, les actionnaires d'Alis, la société d'exploitation d'Alis.

Depuis 2002 et jusqu'en 2015/2016, ces derniers ont touché environ 360 millions d'euros de rémunération. Un placement très juteux alors qu'ils n'ont versé que quelques dizaines de millions d'euros pour construire cette autoroute ( 70 millions environ) .
l'Etat et les collectivités, elles, ont versé 350 millions d'euros mais ne toucheront rien en retour avant bien longtemps, un demi siècle minimum. 

Le journaliste de Marianne nous explique que ce placement à 4,5% entre 2002 et 2016 ont rapporté aux créanciers de départ 4,5% indéxés sur l'inflation : un eldorado du placement. 

 
Marianne révèle le scandale financier de l'A28 normande


Et quand en 2015, Alis a laissé entendre que cette autoroute coutait trop cher à entretenir cela lui a permis de lancer un refinancement intégral, une sorte de rachat de crédit. Au passage, encore une fois des intermédiaires se sont servis pour près de 30 millions d'euros. aujourd'hui, l'Autorité des Marchés financiers a ouvert une enquête pour éclaircir ce jeux financier et son montage. 
En effet, il semble que la "sous-fréquentation" de l'A28 était une version bien pessimiste. elle correspondait, en réalité au prévision de départ, donc au plan de financement initial. 

Bref, un savant montage financier plonge l'A28 dans le doute. Les usagers doivent aussi savoir qu'il payent pour cette dette , c'est même la plus grosse part du montant du ticket de péage. Alors qu'on voudriat nous faire croire qu'il faut avant tout assurer l'entretien du bitume et la sécurité. 

Selon Marianne, certains financeurs ont déjà réalisé une plus-value de 5 fois leur mise et ce n'est pas terminée. 
 

Sur le même sujet

L'hopital de Gisors (Eure) en accusation par deux fils

Les + Lus