L'élévage de Visons dans l'Orne interdit dès 2025: "Une décision politique facile à prendre de Paris"

Déjà l'an dernier, ils étaient passés sur le grill avec la publication d'images difficiles dans un élevage de l'Eure-et-Loir, peu scrupuleux. Le plus gros éleveur de visons en France est dans l'Orne. Il réagit à l'interdiction de l'élevage des visons annoncée par Babara Pompili, ce 29 septembre. 

Le vison d'Amérique ne sera plus enfermé en cages en France pour sa fourrure
Le vison d'Amérique ne sera plus enfermé en cages en France pour sa fourrure © F. Hecker/picture alliance / blickwinkel/F/Newscom/MaxPPP
Dans cette ferme des Rives d'Andaine, dans l'Orne, on prend acte dans le calme. La ministre de la Transition écologique, Barabara Pompili a annoncé ce 29 septembre un ensemble de mesures visant à améliorer le bien-être animal. Et parmi elles, la fin progressive de la faune sauvage dans les cirques itinérants et la "fin des élevages de visons" pour leur fourrure dès 2025.

 
Une décision saluée par bien des associations pro-animaux, telle la fondation Bardot, qui participent aux discussions avec le gouvernement et les pro-fourrure depuis 2 ans.
 


Il y a un an, presque jour pour jour, l'association One voice dénonçait le stress de visons enfermés dans leurs cages trop petites et publiait sur les réseaux sociaux des images immondes qui avaient fait beaucoup réagir. L'élévage de l'Orne n'avait rien à voir là-dedans mais les répercussions ont été importantes : tentatives d'intrusion, enquêtes à l'emporte-pièce. La pression psychologique a été énorme sur l'éleveur et ses employés.
Ils se sont cachés et sont devenus très méfiants. Au moins, le climat va s'apaiser.
 

A cette période de fashion week, le lobby était bien programmé, fin septembre, pour faire bouger les consciences alors que les "pro-fourrure" dans la mode dénonçent, de leur côté, la "terreur animaliste". 
   

Dans l'Orne : le plus gros élévage de France s'était mis aux normes


Dans l'Orne, l'élevage d'Alain Desvaux n'a jamais cessé d'expliquer son travail, tout en restant discret tant la tension était forte ces dernières années.
Cette décision d'arrêter l'élévage de visons en France en 2025 le fait réagir ... Mais avec beaucoup de philosophie.
 
Il y a un siècle, il y avait une centaine d’éleveurs en France . Ils étaient encore 90 à la fin des années 80. Ils ne sont plus que 4 en 2020...
Il y a un siècle, il y avait une centaine d’éleveurs en France . Ils étaient encore 90 à la fin des années 80. Ils ne sont plus que 4 en 2020... © Adèle Lecanut/ France Télévisions
 

C'est une décision politique facile à prendre d'un bureau parisien. Ils ne sont vraiment pas logiques avec eux mêmes ! On va favoriser des produits synthétiques fabriqués avec du plastique et en Chine. Tout ça n'a rien d'écologique !

Alain Desvaux, éléveur de visons depuis 33 ans


Cet élévage normand, le dernier, produit 10 000 peaux par an aujourd'hui et enregistre un chiffre d'affaires annuel de 500 000 euros.
Il y a encore deux ans, c'était plus de 25 000. "On a divisé par deux la production, justement pour faire attention aux visons. On leur a donné plus d'espaces avec des cages qu'on a doublé, en terme de superficie. Tout cela est vraiment fait sous la pression des lobbys."

 

La retraite va le sauver


Si dans sa tête, il reste serein, c'est aussi parce qu'une décision était prise : prendre sa retraite en 2025. Exactement l'année où on lui demande d'arrêter sa production. Un hasard, vraiment ? "Totalement !', s'exclame Alain Desvaux, le sourire aux lèvres. "Ces gens à Paris qui ont mené des réunions et de grandes discussions sur le sujet : je ne les ai jamais vu, ni parlé ! Ce n'est pas du tout fait en concertation." La pilule sera donc moins dure à avaler pour lui et sa famille. Ce n'est pas le cas d'un autre élévage, dans l'Est de la France, où le producteur est jeune. Il doit repenser reconversion, dès maintenant et "accuser la perte sèche de ses cages."

 
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