L'entreprise GDE condamnée après la mort d'un vigile sur le centre de déchets de Nonant-le-Pin

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Écrit par CM et AFP

En février 2014, un homme d'une quarantaine d'années trouvait la mort dans un bassin du centre de déchets de Nonant-le-Pin. GDE, priopriétaire du site, et l'employeur du disparu ont été condamnés par la justice.

Cinq ans après sa fermeture, prononcée par la cour d'appel administrative de Nantes, le controversé centre de traitement des déchets de Nonant-le-Pin met de nouveau son ex-propriétaire, l'entreprise Guy Dauphin Environnement, en difficulté. L'entreprise a été condamné ce mardi 19 janvier par le tribunal correctionnel d'Argentant pour des faits survenus sur ce site en 2014.

Si l'existence du centre de GDE dans l'Orne a été marqué par le combat acharné entre l'industriel et ses opposants, éleveurs équins et defenseurs de l'environnement, il a également été le théâtre d'un drame. Le 11 février, les vigiles, chargés de surveiller le site, retrouve le corps d'un de leurs collègues dans un bassin. Ne le voyant pas revenir de sa ronde, ils étaient partis à sa recherche. L'homme, âgé de 44 ans, est mort noyé.

Très rapidement, les enquêteurs et la justice ont écarté la piste du suicide. L'homme avait apparemment "glissé" dans le bassin de traitement des eaux où son corps a été retrouvé, selon le procureur de l'époque Hugues de Phily. "Des traces sur la main de l'homme laissent penser qu'il a pu essayer de s'en sortir", avait précisé le magistrat expliquant que la thèse de l'accident était privilégiée sur celle du suicide. Sortir de ce bassin "tapissé d'une espèce de bâche" n'était pas chose aisée et l'eau était froide, avait précisé M. de Phily.

Le 13 novembre 2020, GDE et l'entreprise de sécurité Conexia, l'employeur du vigile décédé, ont comparu devant le tribunal correctionnel d'Argentan pour "homicide involontaire". Lors de l'audience, les débats ont notamment porté sur l'absence de barrières autour du bassin et les instructions données par l'industriel à son prestataire chargé d'assurer la surveillance du site. Le président du tribunal avait également rappelé que Guy Daupin Environnement avait déjà été condamné par trois fois depuis 2007 pour "homicide involontaire par personne morale".
  

La décision du tribunal a été rendue ce mardi 19 janvier. L'entrepise Guy Dauphin Environnement a été condamnée à 100 000 euros d'amende. Son prestataire, Conexia, devra verser qant à lui 30 000 euros. Ces deux peines sont majorées de 10% pour financer l'aide aux victimes.