TEMOIGNAGE - Le couple d'octogénaires rescapés in-extremis de l'inondation de Sap en Auge revient sur son sauvetage

Publié le Mis à jour le
Écrit par Marie Lorillec, Aymeric Danis
Sap en AUge, les retrouvailles entre les rescapés et leur sauveteur
Sap en AUge, les retrouvailles entre les rescapés et leur sauveteur © France 3 Normandie

C'est une histoire qui finit bien. Un couple d'octogénaires, bloqués dans leur maison de Sap en Auge pendant les inondations, a été secouru par les pompiers in-extremis. Ils avaient de l'eau jusqu'au menton quand leur sauveteuse est arrivée.

Les retrouvailles sont émouvantes. Bernard et Nicole Morand ont du mal à cacher leur émotion en revoyant Laëtitia Trassard, capitaine des sapeurs-pompiers à Sap-en-Auge. A les voir plaisanter ensemble dans le jardin, on n’imagine pas ce qui s’est joué entre-eux, il y a une dizaine de jours. La capitaine a sauvé des inondations le couple d'octogénaires, pris au piège dans sa maison. Bloqués dans un coin de leur salon, seules leurs têtes dépassaient de l'eau à l'arrivée des secours.

Un sauvetage in-extremis à Sap en Auge

Alors que la rivière déborde, la pompière arrive près du domicile des Morand pour inspecter les environs. Elle entend d’abord des gémissements puis des appels de détresse. Quand elle entre dans la maison, tout est déjà submergé. C'est en nageant qu'elle arrive au niveau des deux octogénaires. "C'était une situation de torrent" se remémorre Laëtitia Trassard, "la maison est en pente et l’eau entrait de plusieurs endroits".

De l'eau jusqu'au menton, le couple semble à bout de force et en état d'hypothermie. "J’ai du leur dire que je devais retourner sur la place de la mairie et trouver du monde pour les extraire de l’eau, parce que la force du torrent est telle que je sais que je ne pourrais pas les sortir seule tous les deux" explique la capitaine des pompiers. "Pour les faire patienter, j’ai pris une table qui flottait pour qu’ils puissent poser leurs bras et garder la tête hors de l’eau".

C'est avec l'aide de son frère, lui aussi pompier, que la capitaine Trassard revient et parvient finalement à évacuer les deux victimes, l’une après l’autre.

"Les pompiers seraient pas venus, on partait tous les deux, allez hop et puis terminé"

"Quand elle est venue me chercher j’ai dit, faite vite, faite vite, pour venir chercher mon mari " explique Nicole Morand."Moi j’ai peur de l’eau" ajoute-t-elle, "je ne sais pas nager ni rien, moi ca m’a coupé la respiration". L'eau est montée dans la maison "en l’espace de 5 minutes, en 5 minutes il y avait 1m60 d’eau."

"On a eu le temps de rentrer, fermer la porte, couper le compteur. Le temps d’aller dans la salle, on avait de l’eau jusqu’à la taille" se souvient Bernard Morand, son mari, "après on a attendu 1h30 sur la banquette du téléphone. On était coincés dans le coin de la salle, on bougeait plus. On a eu de la chance, en l’espace de trois, quatre minutes, le buffet de la salle, les meubles, tout a basculé. On a eu peur que la banquette bascule aussi. On a eu peur franchement. On n’aurait vu personne, je vais vous le dire franchement, les pompiers seraient pas venus on partait tous les deux, allez hop et puis terminé".

 

Après le sauvetage, le couple a été accueilli pendant quelques jours dans une maison de retraite. Aujourd'hui convalescents, Bernard et Nicole ont trouvé un hébergement provisoire, en attendant que leur maison soit de nouveau habitable. Ils n'oublieront jamais que Laëtitia et son frère leur ont sauvé la vie. Elle reste leur héroïne, même si cette dernière refuse ce qualificatif :  "moi c’est mon métier, c’est ma mission, je suis là pour çà." rappelle-t-elle," Je suis aussi là en tant que chef de centre pour recruter du monde. Parce que la population peut avoir besoin de nous n’importe quand. Pour moi il n’y a pas d’héroisme, il y a juste une mission bien accomplie."

 

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