"Pédaler pour sensibiliser" : Quatre Normands reviennent d'un voyage d'un an à vélo

Ces amis d'enfance originaires de Normandie ont arpenté 18 pays à vélo pour sensibiliser les populations à la préservation de l'eau. Une épopée écolo de seize mois, à découvrir à l'occasion de la journée mondiale de l'eau.

Ils ont prolongé leur aventure un mois de plus. Du temps pour savourer le plaisir du voyage, arpenter les derniers kilomètres en Normandie, être encouragés par leurs proches. Au terme d’un voyage à vélo de seize mois pour sensibiliser à la préservation des ressources en eau de la planète, quatre Normands et amis d'enfance ont terminé leur dernière étape à Bayeux (Calvados) le samedi 16 mars.

L'idée est d'utiliser la performance sportive pour pouvoir parler de l'eau.

Pétronille Sartorio

"C'est génial le vélo, parce que ça vous rend accessible, ça donne envie aux gens de vous parler. Notre but était d'attirer des personnes qui sont intéressées par le sport et les voyages pour les sensibiliser à ce sujet essentiel", explique Pétronille Sartorio, 27 ans, cycliste pour CycleForWater.

Pédaler pour sensibiliser

En novembre 2022, Pétronille, Hugo, César et Willliam viennent de terminer leurs études et veulent s'engager pour une cause. Ils créent alors l'association CycleForWater et s'embarquent dans un périple de 12 000 kilomètres : "Nous ne sommes pas des passionnés de cyclisme mais on voyait d'autres personnes parvenir à traverser le monde à vélo alors on s'est dit qu'on pouvait aussi réussir". 

La Nouvelle-Zélande est la première étape de leur aventure de seize mois à vélo. Ce fut également la plus difficile de toute : " C'est un pays très montagneux, il y avait énormément de grêles. Ça nous apprit à être flexible parce que nos nerfs étaient mis à rude épreuve".

Les jeunes Normands se dirigent ensuite vers l'Asie du Sud-Est et l'Inde. Le vélo, c'est leur bonne idée pour se rapprocher des populations qu'ils rencontrent et mettre en place des dispositifs adaptés à leurs besoins. Ils nouent sur place des liens avec des ONG environnementales pour bénéficier de leur expertise.

Des installations locales et durables

Une forêt de 400 arbres en Indonésie pour rétablir le cycle de l'eau localement. Une station de lavage de mains et un filtre à eau pour les élèves d'une école au Cambodge. Ou encore des toilettes avec un système d'assainissement pour une communauté en Malaisie. Au total, l'association a pu mener cinq missions pour permettre l'accès à court ou à moyen terme à un point d'eau ou à sa gestion.

Le but est de mettre en place des systèmes que les personnes pourront utiliser et entretenir plusieurs années après notre départ.

Pétronille Sartorio

"Ce fut une période très intense de notre voyage où il a fallu gérer la fatigue liée à nos déplacements à vélo, planifier les opérations avec les ONG et gérer la campagne de crowdfunding", raconte Pétronille Sartorio, ingénieure agronome de formation. Cette cagnotte participative leur a permis de récolter 15 000 euros pour financer les différentes installations.

La mission de CycleForWater ne s'arrête pas là. Les quatre amis ont assuré des conférences de sensibilisation dans une cinquantaine d'établissements scolaires en Europe. "On intervient pour parler du cycle de l'eau. On aborde aussi des notions méconnues d'eau virtuelle ou cachée dans les aliments."

Qui prendra la suite ?

Entre les nuits au camping, dans des auberges de jeunesse et ponctuellement chez l'habitant, la bande d'aventuriers n'a pas eu pas le temps de souffler en seize mois. Mais ce n'est rien à côté de toutes les belles rencontres faites au fil du chemin.

Voyager à vélo, c’est prendre le temps de se déplacer, de visiter des zones peu touristiques et de découvrir le cœur d’un pays. On rencontre des gens incroyables et c'est ce qu'on retient", raconte Pétronille Sartorio, 27 ans, cycliste de l’association CycleForWater.

À la fin de ce tour du monde, on s’aperçoit que l’humanité est profondément bonne. Les gens sont prêts à tendre la main.

Pétronille Sartario

À peine revenus en Normandie, les amis se sont mis à la recherche d'autres aventuriers pour créer une seconde édition de CycleForWater : "Notre but est de trouver des repreneurs pour qu'une nouvelle équipe poursuive l'aventure. Nous avons quelques pistes, mais rien de définitif pour l'heure".

Si leur épopée reste bien ancrée dans leurs souvenirs, Pétronille, Hugo, William et César espèrent que leur expérience aura donné l'envie à d'autres de se lancer, pour l'amour des rencontres et de l'environnement.