Les pompiers normands refoulés en Indonésie sont rentrés en France : “depuis jeudi, nous n'avons vu que des aéroports”

Les membres de l'expédition de l'association Pompiers Missions Humanitaires ont passé l'esntil de leur temps en transit dans les aéroports indonésiens. Ils ont décidé de renter, faute d'être autorisés à exercer leur mission sur les sites touchés par le séisme et de Tsunami. / © Pompiers Missions Humanitaires
Les membres de l'expédition de l'association Pompiers Missions Humanitaires ont passé l'esntil de leur temps en transit dans les aéroports indonésiens. Ils ont décidé de renter, faute d'être autorisés à exercer leur mission sur les sites touchés par le séisme et de Tsunami. / © Pompiers Missions Humanitaires

L'expédition a tourné court : les autorités indonésiennes n'ont pas autorisé les membres de l'association Pompiers Missions Humanitaires à se rendre dans la région victime d'un tsunami le 28 septembre. Leur avion s'est posé ce mercredi matin à Paris. Ils rentrent avec tout leur matériel.

Par Pierre-Marie Puaud

"Je respecte la décision de l'Indonésie. C'est un état souverain. Mais je ne la comprends pas". Joint au téléphone dans le hall de l'aéroport de Roissy, Mickaël Richomme ne dissimule rien de sa frustration. "Cela fait vingt ans que nous partons en mission partout dans le monde. Nous étions déjà en Indonésie pour le Tsunami en 2004. Nous sommes allés au Honduras, à Madagascar, en Haïti. C'est la première fois que je vis une situation pareille".
 
Beaucoup d'organisations humanitaires sont restées bloquées dans les aéroports sans pouvoir apporter leur aide aux populations victimes du tsunami. / © Pompiers Missions Humanitaires
Beaucoup d'organisations humanitaires sont restées bloquées dans les aéroports sans pouvoir apporter leur aide aux populations victimes du tsunami. / © Pompiers Missions Humanitaires


L'association pensait pourtant avoir fait les choses dans les règles quand l'Indonésie a "accepté" l'aide que lui proposaient plusieurs pays. Deux jours après le séisme et le tsunami, les secours avaient les plus grandes difficultés à accéder à la région de Palu qui a été dévastée. "Nous avons pris contact avec le ministère des affaires étrangères et l'ambassade sur place. C'est la procédure habituelle".

 

"Vous pouvez vous rendre sur place, mais seulement pour faire du tourisme"


Mais en atterrissant en Indonésie, rien ne s'est déroulé comme prévu. "Nous sommes arrivés à Djakarta. On nous a expliqué que le pont aérien pour Palu partait finalement de Bornéo. On a donc pris un autre avion pour se rendre là-bas. Une fois sur place, la police a contrôlé nos passeports et nous a dit que les secours étaient suffisants, s'étonne encore Mickaël Richomme. Ils ont même ajouté : vous voulez faire du tourisme ? OK. mais interdiction formelle d'ouvrir vos caisses".

 


L'association Pompiers Mission Humanitaire basée à Ifs (Calvados) voyageait avec une unité de potabilisation permettant de purifier l'eau. Elle transportait aussi des caisses de médicaments pour une association partenaire de la Drôme qui avait dépêché un médecin et trois infirmiers. "Le médecin a 68 ans. Cela fait plus de trente ans qu'il fait de l'humanitaire. Il n'a jamais connu ça !"

 


"Depuis jeudi, jour de notre départ, nous avons surtout vu des avions et des halls d'aéroport, conclut, dépité, Mickaël Richomme. On a croisé beaucoup d'humanitaires d'autres pays dans la même situation. Nous avons donc décidé de rentrer". L'association a dépensé 7000 € en pure perte, alors que les besoins sur place sont sans doute immenses. Dans la région de Palu, les autorités craignent que 5000 personnes soient disparues. 70 000 personnes ont été déplacées après le séisme et le tsunami.

 

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