Présidentielle. À Dieppe, le député communiste Sébastien Jumel explique pourquoi il apporte son soutien à Jean-Luc Mélenchon

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Écrit par Richard Plumet

C'est dans une vidéo diffusée au début du meeting immersif de Nantes (Loire-Atlantique) que le député (PCF) de la 6e circonscription de Seine-Maritime a annoncé son soutien au candidat de La France Insoumise et de l'Union populaire, plutôt qu'à Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste

C'était une première mondiale. Le meeting politique de Jean-Luc Mélenchon organisé le dimanche 16 janvier 2022 à Nantes était "immersif" avec quatre murs transformés en immenses écrans géants de 6 mètres de haut et de 50 mètres de long entourant plus de 4000 spectateurs, une sonorisation panoramique spéciale et la diffusion d'odeurs.  

"Dieppe, la rebelle"  

Avant l'arrivée sur l'estrade centrale du candidat, c'est en Seine-Maritime (un département où a vécu Jean-Luc Mélenchon) que les spectateurs ont été emmenés avec la diffusion d'une vidéo du député communiste Sébastien Jumel, qui de "Dieppe la belle, Dieppe la rebelle, Dieppe la libre", a expliqué pourquoi il ne soutenait pas le candidat de son parti (Fabien Roussel) mais celui de LFI.     


Evoquant le nombre de candidats et la situation de la gauche "éclatée façon puzzle", et une situation politique où "depuis 5 ans les Macronistes, les Marcheurs et leur armée de Playmobils font mal aux vies", il a annoncé que dans ce contexte, "face à cela, en tant que député communiste, fidèle à ma devisetrop insoumis pour être insoumis, mais suffisamment indiscipliné pour être communiste, je fais le choix de mettre ma force, ma détermination, au service de la campagne conduite par Jean-Luc Mélenchon".  

Le député de Dieppe a ensuite détaillé les sujets qui lui tiennent à cœur et qu'il souhaite " faire rentrer dans cette campagne" : la santé avec le "réarmement de l'hôpital" ; l'économie où l'on doit "recouvrer la souveraineté industrielle" ; l'agriculture avec une souveraineté alimentaire et un soutien aux agriculteurs et aux pêcheurs ; le social où l'on doit ne plus oublier et reconnaître les "invisibles" qui travaillent dans le domaine de l'aide à la personne.  

Pourquoi Jumel lâche Roussel

Dans sa vidéo, le candidat Sébastien Jumel a justifié les raisons de son soutien à un candidat qui n'est pas celui de son parti, le PCF :  
"Je considère aujourd'hui qu'il faut être en rangs serrés derrière le candidat qui est le mieux placé pour se qualifier au second tour et bousculer les Libéraux au second tour (…) en assumant nos différences, mais avec la conviction que ce qui nous rassemble est plus fort que ce qui nous sépare."  

Pro ou anti-nucléaire ?

Comme le Parti communiste et le candidat à la présidentielle Fabien Roussel, Sébastien Jumel a, à plusieurs reprises, exprimé son soutien à l'énergie nucléaire pour produire de l'électricité. A Dieppe, dans sa circonscription, il a défendu (et obtenu) l'arrivée d'un réacteur EPR à la centrale EDF de Penly.  

Sa position de "pro-nucléaire" est-elle compatible avec un soutien à Jean-Luc Mélenchon, qui lui, à Nantes, a répété sa volonté de sortir du nucléaire, notamment en installant des éoliennes en mer ? Eoliennes dont les pêcheurs de Seine-Maritime ne veulent pas au large du Tréport et de Dieppe…  

Juste après le meeting immersif de Nantes, Nicolas Vincent, secrétaire général  du syndicat CGT de la centrale nucléaire EDF de Penly (Seine-Maritime) interpellait à ce sujet Sébastien Jumel dans un tweet rappelant l'impact économique de la filière nucléaire dans la 6e  circonscription de Seine-Maritime :   "Comment soutenir un candidat appelant au démantèlement des centrales ? Qui plus est dans une circo où l'emploi issu de la filière nucléaire se compte par milliers et a un bel avenir avec #EPR2 ?"      

Les élections législatives en ligne de mire

En ne soutenant pas Fabien Roussel, Sébastien Jumel risque-t-il d'être exclu du PCF ? Sera-t-il candidat aux élections législatives en juin 2022 ? Avec quelle investiture se présentera-t-il devant les électeurs de sa circonscription de Seine-Maritime ? Et en sachant qu'il faut 15 députés pour constituer un groupe parlementaire, est-ce un risque d'affaiblir le PCF à l'Assemblée que de l'abandonner pour LFI ?    
Trop tôt, ce lundi 17 janvier 2022,  pour répondre à ces questions.

Mais hier, au meeting immersif historique de Nantes, Sébastien Jumel a évoqué les législatives : " La campagne de la présidentielle ne doit pas simplement être une campagne de témoignages, mais elle doit nous conduire à être le plus nombreux possible dans l'hémicycle, après cette séquence, comme députés insoumis, comme député communistes, comme députés de la gauche qui ne renonce pas, qui ne se couche pas, qui reste debout."  

A moins de 100 jours du premier tour de  l'élection présidentielle, la campagne s'intensifie donc avec, déjà, le début de celle des législatives.