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Esteville (Seine-Maritime) entretient le souvenir de l'abbé Pierre

Le village d’Esteville (Seine-Maritime) où repose l'abbé Pierre, mort il y a dix ans, entretient le souvenir du fondateur d'Emmaüs, incarnation du catholicisme social engagé. Dimanche 22 Janvier, plusieurs cérémonies sont prévues pour la date anniversaire de sa disparition.
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Archive © Maxppp
La petite commune est devenue lieu de pèlerinage pour qui veut rendre hommage ou mieux connaître l'inlassable défenseur des humbles et des sans logis.

L’anniversaire de la disparition du prêtre, le 22 janvier 2007, à l'âge de 94 ans, sera marquée demain dimanche à 14 heures, par une marche entre le Centre Abbé Pierre-Emmaüs où il résidait à la fin de sa vie, et le cimetière où il est enterré.

"Une clé d'un nouveau logement construit par Emmaüs l'an dernier sera symboliquement déposée sur sa tombe, afin de montrer que son oeuvre se poursuit", explique Philippe Dupont, directeur du centre Emmaüs.

Une messe sera ensuite célébrée dans l'après-midi par l'archevêque de Rouen, Mgr Dominique Lebrun, en la petite église Saint-Firmin.

A 17 heures, René Poujoul, écrivain et journaliste, donnera une conférence sur le thème : " Dix ans après : que reste-t-il de l'héritage de l'abbé Pierre ? "


"Un lieu de mémoire et de vie".


Quand il prend possession de la propriété d'Esteville, qui lui fut léguée en avril 1964, l'abbé, âgé de 52 ans, pense déjà à ses vieux jours et à ceux de ses compagnons d'Emmaüs. Il y vivra d'abord par intermittence, puis de façon prolongée à la fin de sa vie.


D'abord communauté de compagnons bâtisseurs, le lieu deviendra maison de retraite, puis centre d'hébergement.

Depuis 2012 le centre qui a reçus plus de 34.000 visiteurs, se décrit à la fois comme "lieu de mémoire et lieu de vie".

La partie muséale, retrace l'épopée d'"Henri Grouès dit l'abbé Pierre", scout puis moine, résistant maquisard dans le Vercors, député en Lorraine après la Libération (apparenté MRP), militant pacifiste, fondateur en 1949 du mouvement Emmaüs puis d'Emmaüs international. Organisation caritative qui compte désormais 350 relais dans 37 pays.

Son combat pour les "couche-dehors", notamment son coup d'éclat de l'hiver glacial 1954 avec son appel sur les ondes de radio Luxembourg provoquant "l'insurrection de la bonté", immense mouvement de générosité poussant le gouvernement de l'époque à agir, sont abondamment relatés.

Les pièces les plus émouvantes sont sa petite chapelle, dans laquelle il disait la messe, et sa chambre, restée quasiment intacte. Chambre qu'il occupait encore trois semaines avant d'être emmené à l'hôpital du Val de Grâce où il décèdera d'une infection pulmonaire.
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