ENQUÊTES DE RÉGION. Avec le Covid-19 et le confinement, ils ont changé de vie et se sont installés en Normandie

Qui aurait pu imaginer le chamboulement provoqué par le coronavirus dans notre société ? L'impact sur nos vies, sur l'économie, sur nos relations avec les autres... En plein confinement, Sophie et Khiem se sont réfugiés en Normandie. Ils ont décidé d'y rester...

Sophie et Khiem ont décidé de venir s'installer définitivement en Normandie après le confinement.
Sophie et Khiem ont décidé de venir s'installer définitivement en Normandie après le confinement. © Stéphane Gérain / France Télévisions

Il y aura un avant et un après Covid-19. Et quelques mois après le premier confinement, le scénario que nous redoutions tant est en train de se produire : la Covid-19 circule à nouveau activement en France et particulièrement en Normandie et les prévisions des autorités de santé ne sont pas très optimistes pour une partie de la région, comme c'est le cas non loin de chez nous, à Paris et en Île de France. 

Ils ont décidé de s'installer en Normandie pendant le confinement

Le confinement et la crise sanitaire ont modifié nos modes de vie, nos désirs, notre société... C'est le cas de Sophie et Khiem, un couple d'anciens Franciliens habitant à Courbevoie (Hauts-de-Seine) qui a fait un choix radical en décidant de venir s'installer à l'année en Normandie. 

Comme beaucoup de Parisiens, Sophie et Khiem ont en effet quitté la capitale au début du confinement, mais eux ne sont jamais revenus. Leur nouvelle vie près d'Étretat (Seine-Maritime) les ravit. 

En Ile de France je pratiquais des sports classiques comme le yoga, la course à pied, le vélo... Mais quand on a la chance d'habiter ici en bord de mer, il faut essayer le longe-côte, c'est un grand coup de coeur !

Sophie, néo-normande

Sophie, récemment installée en Normandie, a troqué le yoga ou la course à pied pour la pratique du longe-côte.
Sophie, récemment installée en Normandie, a troqué le yoga ou la course à pied pour la pratique du longe-côte. © Stéphane Gérain / France Télévisions

Et cela malgré une eau à 17°C et de grosses vagues ! "Quand on sort de l'eau on se sent en pleine forme !", sourit-elle. 

Le couple passe beaucoup plus de temps ensemble, installé dans la maison qu'ils avaient acheté en janvier dernier à Saint-Jouin-Bruneval. C'est là qu'ils se sont réfugiés en catastrophe au début du confinement, avec "un lit, une table et cinq chaises".

 

Avant on ne se voyait pas entre le temps de présence obligatoire au bureau et le temps de transport qu'on avait en région parisienne...
Cest une nouvelle vie pour nous, ce n'est pas qu'on se retrouve parce qu'on ne s'était pas vraiment perdu, mais on est beaucoup plus en connexion l'un avec l'autre.

Khiem, néo-normand

 

Sophie et Kiem, anciens habitants de Courbevoie en région parisienne et neo-normands installés près d'Étretat.
Sophie et Kiem, anciens habitants de Courbevoie en région parisienne et neo-normands installés près d'Étretat. © Stéphane Gérain / France Télévisions

 

Avant leur arrivée en mars, le couple âgé de 48 ans venait régulièrement passer des week-ends en Normandie à Étretat et avait chaque fois de plus en plus de mal à quitter la région pour rejoindre l'Île-de-France. "Je n'avais pa du tout envie de retourner là bas, à chaque fois on reculait le moment du départ !", confie Sophie.

On a été hyper bien accueilli ici, il y a beaucoup de solidarité entre les personnes, chose qui me manquait en ville parce qu'en ville il n'y a pas de communication. Les gens peuvent habiter dans le même immeuble et ne pas se connaître ou alors avoir de mauvaises relations avec leurs voisins, alors qu'ici tout est plus simple, les gens se parlent.

Sophie

"Ici tout devient possible"

Ancienne assistante de direction dans un cabinet d'avocats, Sophie a décidé de changer de métier. "Le fait d'être arrivée ici, d'avoir changé de région, le fait de vivre à la campagne et plus à la ville, ça m'ouvre des champs auxquels je n'avais pas pensé." 

 

Sophie découvre de nouvelles perspectives professionnelles en Normandie.
Sophie découvre de nouvelles perspectives professionnelles en Normandie. © Stéphane Gérain / France Télévisions

 

Ce changement de vie n'était pas prévu. Il était plus qu'improvisé, puisqu'on a subi comme tout le monde le Covid-19, le confinement... ça s'est fait comme ça, sans décider.

Khiem

De son côté, Khiem est consultant en sécurité dans les assurances. Avant le confinement, le télétravail était interdit dans son entreprise. Après avoir passé plusieurs mois à travailler uniquement chez lui, il se rend à présent à la Défense uniquement deux jours par semaine. "Je travaille plus, c'est plus intense, j'ai l'impression que c'est plus efficace aussi !", reconnaît-il. Il nuance toutefois avec le fait qu'il manque des choses, le lien avec les collègues notamment qui est plus limité. Mais il tempère : "Du coup quand on se voit on se voit pour des vraies raisons".

Après la journée de travail, le couple aime se retrouver au bord de mer. Et Khiem n'en revient toujours pas : "A moins de 5 minutes de mon lieu de travail désormais, j'ai un spot de surf !"
Aujourd'hui, le couple n'a aucun regret, si ce n'est de ne pas avoir franchi le pas avant cette crise sanitaire du Covid-19.

A VOIR sur France 3 Normandie : ENQUÊTES DE RÉGION : nos plus belles rencontres en 2020 (mercredi 20 janvier à 23h05)

Pour ce premier numéro de l'année, le magazine Enquêtes de région vous propose ce mois-ci, un numéro hors-série sous la forme d’un best-of des plus beaux reportages et des plus belles rencontres des Enquêtes de région de 2020.  

L'année 2020 qui vient de s'écouler, restera une année inédite et exceptionnelle. Une année marquée bien sûre par la crise sanitaire qui a bouleversé nos quotidiens et qui parfois change nos vies. Une année faite de doutes, d'épreuves et de galères pour certains mais aussi une solidarité et de résilience. Autant d'histoires dans lesquelles, la rédaction d'Enquêtes de région a choisi de nous replonger pour clore cette année en beauté, et repartir sur du bon pied !

L'équipe d'Enquêtes de région a installé ses caméras sur la plage de Cabourg pour vous ranconter des histoires qui nous ont émus, parfois bouleversés. Ces histoires, ce sont celles de Normands qui malgré la crise ont trouvé le courage de résister. Qu’il s’agisse de la jeunesse stoppée dans son envol, mais aussi de tous ceux que la précarité a touché et qui n’ont pas baissé les bras. Ou encore ces Normands qui par amour ont décidé de changer de vie  ou de prendre des risques insensés.

Vivre sans faire la fête, sans voyager, sans se toucher. Avec la crise sanitaire, les jeunes aussi, ont dû apprendre à avancer masqués, confinés, à étudier, seuls, derrière leurs ordinateurs. Découvrez le portrait de 3 étudiants normands que nous avons suivi tout au long de l'année 2020 : Camille, Lauriane et Lisa.

La crise sanitaire a également accentué la précarité chez les jeunes et notamment celle des étudiants. Certains d’entre eux éprouvent même des difficultés à se nourrir. Nous avions notamment rencontré Zacharia, un jeune étudiant havrais dont le témoignage, touchant, a depuis donné lieu à un élan de solidarité. 

Avoir le courage d’être soi-même malgré l’adversité, prendre des directions audacieuses ou des engagements. Parmi les jolis moments de cette année 2020, nous avons souhaité revenir sur notre rencontre avec Liam, un jeune homme de 23 ans qui a choisi de changer d’identité sexuelle et civile. C’est sans doute le changement le plus radical dans la vie d’un être humain. Retour sur une transformation heureuse et assumée.

​​​​​​​Faire des choix de vie, c’est aussi être en accord avec ses convictions, et défendre ses idées. La jeunesse est une période propice aux engagements politiques ou humanitaires, c’est ce que nous ont confirmé Clément, Thomas et Tom, trois jeunes gens remarquables, investis en politique, à la croix rouge ou contre l’homophobie.

Dans l’adversité, parfois nos forces sont décuplées. Après un accident, on peut baisser les bras ou au contraire transcender ses difficultés. C'est le cas de Mourad Saadi. Cet ancien handballeur de haut niveau a perdu sa jambe à l'âge de 19 ans. Aujourd’hui, il s'est reconstruit une vie de sportif athlète « adaptive cross fit ».

Cette année, le confinement et la crise sanitaire ont bouleversé nos repères et nos modes de vie. Il y a quelques mois, nous avions rencontré Sophie et Kiem, un couple qui a profité de cette période pour faire un choix radical : quitter la banlieue parisienne pour s’installer définitivement en Normandie.

Parfois d’un traumatisme collectif va naître une histoire individuelle heureuse. En 2020, nous avions retrouvé Louis et Marion Bauché. Il est normand, elle est allemande de l’Est. En 1971, ce couple a franchi le rideau de fer au péril de sa vie pour s’installer dans le Bessin. Quand une histoire d’amour triomphe de la guerre froide.

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