Etretat : nostalgie des vacances d'été avec les “Mémoires d'un jeune galet”

La couverture du livre de Franck Mossler et la plage d'Etretat le samedi 24 août 2019 / © Photo : Richard PLUMET / France 3
La couverture du livre de Franck Mossler et la plage d'Etretat le samedi 24 août 2019 / © Photo : Richard PLUMET / France 3

Comme le souvenir des beaux jours passés au bord de la mer, alors qu'avec septembre tout cela est déjà loin, le Parisien Franck Mossler raconte la tradition centenaire du charme subtil des étés dans les villas d'Etretat
 

Par Richard Plumet

Nombreux sont les Parisiens à venir sur le littoral normand. Les plages de Normandie sont nombreuses, et il y a du choix, entre les plages de sable du département de la Manche et du Calvados et les galets et falaises de Seine-Maritime. Vacances d'été ou weekends, hôtel ou location, appartement ou maison : la Normandie est une destination appréciée.
Entre Le Havre et Dieppe (où la duchesse de Berry lança le mode des bains de mer en 1824) Etretat est un cas à part. Ce village de pêcheurs devenu au XIXe siècle le lieu de villégiature d'artistes, de rois, de reines et de riches et puissants parisiens a conservé ses villas et son organisation sociale.

"C'est pas Deauville, ici !"

Comme le racontait en 1991, non sans  une pointe de causticité, l'écrivain Benoit Duteurtre dans le documentaire "Les Etats d'Etretat", l'été, trois populations distinctes cohabitent : les autochtones, les estivants et les touristes. Les estivants étant les habitants des villas. Regroupées sous la bannière des "Vieux Galets", des familles parisiennes (avec quelques Havrais) perpétuent, depuis plus d'un siècle, des traditions, des rites et des coutumes estivales Des usages décrits à la manière d'un ethnologue par Benoit Duteurtre dans son roman "Les pieds dans l'eau".  
 

Trois exemples : les heures du bain (différentes de celles des touristes), l'importance d'avoir une cabine sur la plage, le privilège de posséder sa périssoire.

Alors que le regard du Havrais Benoit Duteurtre est plutôt celui d'un observateur, le livre publié (cet été 2019) par Franck Mossler a ceci d'intéressant (et de complémentaire) qu'il est le récit d'un acteur de la vie parisienne à Etretat. Une vue de l'intérieur. De l'intérieur de ces fameuses villas.

Où l'on apprend que ces villas ont des cachettes secrètes, comme dans celle de Maurice Leblanc, le créateur d'Arsène Lupin. 
 
 

"On a rangé les vacances"

Avec les "Mémoires d'un jeune galet" Franck Mossler nous raconte comment se passaient (et se passent encore) un été à Etretat, entre rendez-vous mondains, compétitions de golf, rallye, course de périssoires et, le dernier samedi du mois d'août, la "Revue".
Alors, avant de retrouver la ville sous la pluie, comme dans le texte de la chanson de Jean-Max Rivière ("La Madrague" rajeunie par Angèle) la lecture de ce livre est une belle évocation des vacances au bord de la mer, sur les galets d'Etretat, un peu nostalgique, de la plage qu'on abandonne car  ♪ ♫ "On a rangé les vacances dans des valises en carton, et c'est triste quand on pense à la saison du soleil et des ♫ chansons."
 

La Revue, c'est  notre blason !
C'est effectivement la clôture de la saison. C'est vraiment pour nous une signature pour saluer le soleil qu'on a eu ou qu'on a pas eu, pour saluer le rayon vert… C'est une tradition, effectivement, que l'on ait 4 ans ou 85 ans, eh bien on rend hommage à cette saison étretataise en se produisant sur scène, en écrivant des chansons, en écrivant des sketches.
En savourant encore, pour quelques heures, avant de faire les bagages et de fermer les volets le lendemain dans toutes les villas pour reprendre le travail à la rentrée, cette Revue c'est un dernier sourire. C'est un dernier soleil qui vous salue au fond des nues, comme disait le poète !

  • Franck Mossler, auteur de "Etretat, Mémoires d'un jeune galet"
 
"Mémoires d'un jeune galet" un livre de Franck Mossler
Interview enregistrée le samedi 24 août 2019, entre 18h et 19h, lors des toutes dernières répétitions des présentateurs de la Revue "On a marché sur l'écume".


Unique en France

La revue des Vieux Galets, dont l'origine remonte aux soirées et spectacles organisés par Jacques Offenbach à Etretat, consiste à raconter son été sous forme de sketchs, de numéros de chorégraphies et de chansons. Des airs connus sur lesquels des textes, parfois d'actualité, sont réécrits.
Exemple avec ces paroles chantées sur la célèbre mélodie de Cole Porter "My heart belongs to Daddy" (version Julie London)    :

♪ ♫ Quand à Paris, le ciel est gris
et qu'on se demande à quoi ça sert la vie ?  ♪  
Je me dis tout bas, pour moi ça va  ♪
car mon cœur est à Etretat ! ♫

Franck Mossler, comme Vincent Lindon ou Catherine Mouchet, a fait ses débuts d'artiste sur la scène de la Revue d'Etretat. Dans son livre "Mémoire d'un jeune galet" il raconte comment chaque année les familles, (parfois dès l'hiver et à Paris) préparent avec passion et ferveur les numéros de ce spectacle hors du commun.
"La revue ? Personne peut comprendre ! On ne peut pas expliquer...
En 1986, pendant les répétitions de la Revue d'Etretat, Vincent Lindon raconte ses débuts à Richard Plumet. Avec le témoignage de Franck Mossler et d’Alain Le Meur. Document sonore est issu des archives de R. Plumet en cours de dépôt et d’inventaire à l’INA (Institut National de l’Audiovisuel)
 

"Bon swing ! "

Franck Mossler n'est pas que golfeur !  Pour ce jazzman le swing se vit au quotidien. Showman, batteur, washboarder, chanteur, entertainer, et aussi imitateur, Franck Mossler se produit la plupart du temps en duo avec le talentueux et pianiste prodige Pierre-Yves Plat.  
Franck Mossler sur scène

 

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