Emploi. La plus grande usine de recyclage de plastique au monde se prépare à recruter près du Havre

D’ici à 2026, la multinationale Eastman implantera à Port-Jérôme-sur-Seine une grande usine de recyclage de plastique. Les tous premiers recrutements ont commencé même si la date de début de chantier a été décalée. L'entreprise recherche à terme 350 personnes.

Difficile en voyant ces champs en bords de Seine, d’imaginer que d’ici à 3 ans sera érigé sur ces 40 hectares une usine de recyclage de plastique unique en Europe. La multinationale américaine Eastman basée à  Kingsport dans le Tennessee compte investir plus d’un milliard de dollars soit 850 millions d’euros pour ce projet en Normandie.

 350 emplois directs et 1500 emplois indirects

De septembre à novembre 2022, les habitants de la vallée de la Seine ont été invités à participer à une consultation publique sur l’implantation de cette nouvelle activité sur leur territoire. Les principales questions posées par les participants ont porté sur la sécurité du site mais aussi sur les emplois générés.

Pour développer cette filière, le groupe américain qui emploie déjà 14 000 personnes à travers le monde doit recruter.

Les postes de responsable des ressources humaines et de directeur Hygiène sécurité environnement viennent d’être pourvus.  L’entreprise est en train de bâtir la suite de sa stratégie de recrutement en partenariat avec Pôle Emploi et Caux Seine Agglo.

A partir de 2025, nous recruterons des ingénieurs, ils représenteront un tiers des effectifs normands, ainsi que des techniciens et ouvriers spécialisés. La maîtrise de l’anglais ne sera pas obligatoire pour les postes plus opérationnels.

Cédric Perben, responsable technique des solutions circulaires d’Eastman.

Si pour le groupe américain les diplômes comptent, il envisage déjà de recourir à la détection de talents via des exercices de simulation et de développer la formation en interne.

 Des déchets venus de France et de l'étranger

Dans le viseur d’Eastman, les polyesters présents dans les plastiques (notamment les PET) qui n’étaient jusqu’alors pas recyclés et finissaient enfouis ou incinérés. Ils sont présents dans nos emballages ménagers, comme les bouteilles colorées, et dans les textiles.

Seuls 30% des plastiques sont recyclés en France, il reste donc 70% de matière à traiter, l’équivalent d’une ressource de 300 à 350 000 tonnes de plastique

Cédric Perben, responsable technique des solutions circulaires d’Eastman

Chaque année, le site de Port-Jérôme-sur-Seine pourrait traiter 160 000 tonnes de déchets polyesters difficilement recyclables et en extraire 150 000 tonnes de matière première grâce à la dépolymérisation, la technologie du recyclage moléculaire qu’Eastman est le seul à maîtriser.

Les déchets ainsi traités par l’entreprise viendront majoritairement de France, mais aussi d’Allemagne, d’Espagne et d’Italie.

A terme le PET recyclé servira aux filières cosmétique, alimentaire et médicale.

Nous bâtissons des partenariats avec LVMH, Danone, l’Oréal, ou encore Clarins.

Cédric Perben, responsable technique des solutions circulaires d’Eastman.

Une implantation en deux temps

En mars 2022, la multinationale annonçait une mise en service du site en 2025, mais la crise énergétique et l’inflation sont passées par là. L’entreprise a aussi rencontré des difficultés administratives et  devrait plutôt démarrer son activité en 2026.

Eastman a par ailleurs des difficultés à sécuriser son approvisionnement en déchets.

«  Nous travaillons avec les collectivités et les éco-organismes pour améliorer la filière. On trie bien mieux dans le reste de l’Europe », explique Cédric Perben, responsable technique des solutions circulaires d’Eastman.

Au vue de ces contraintes Eastman a décidé de se développer en deux temps en Normandie, avec la création d'une première ligne qui traitera 110 000 tonnes de polyester par an, avant l'implantation d’une seconde ligne par la suite. Et pourquoi pas de s’étendre encore si l’activité fonctionne? 

Avec l’arrivée prochaine sur la même zone du belge Futtero spécialisé dans les bio-plastiques, et les synergies industrielles à venir, la vallée de la Seine est en bonne position pour devenir dans le futur la vallée de l’économie circulaire et des plastiques « verts ».