Gonfreville l'Orcher : la grève a repris à la raffinerie Total

Le mouvement a débuté mi-septembre, il s'était interrompu. La grève a repris vendredi soir (24 septembre) à la raffinerie Total près du Havre. Des salariés protestent contre le rachat d'une unité de production d'hydrogène par la société Air Liquide et s'inquiètent des futurs protocoles de sécurité.

L'unité d'hydrogène de la raffinerie Total va être mise à l'arrêt suite à la grève de salariés. Cette unité fait partie du procédé pour élaborer des carburants.

Pour l'instant, il n'y a pas de risque de pénurie de carburants. Des "problèmes ponctuels" d'approvisionnements pourraient découler de cette grève. 

Le mouvement avait débuté mi-septembre suite à l'annonce d'un contrat entre Total et la société Air liquide pour développer une technologie de captage du CO2 (Dioxyde de carbone, l'un des gaz à effet de serre). 

"Dans le cadre d’un contrat à long terme, Air Liquide reprendra et exploitera l’unité de production d’hydrogène de la plateforme de TotalEnergies  (NDLR : de Gonfreville l'Orcher)d’une capacité de 255 tonnes/jour.

Raccorder cette unité au réseau hydrogène d’Air Liquide permettra d’en optimiser les performances et de développer à terme le premier réseau hydrogène bas carbone du monde." 

(Source : Total Energies)

L'arrivée d'une autre société dans l'enceinte de la raffinerie

  "On n'est pas contre la décarbonation mais on pourrait la faire tout en continuant à exploiter notre unité d'hydrogène", explique  Alexis Antonioli, secrétaire de la CGT de la raffinerie Total.

Mais Air Liquide "impose comme condition d'accès à sa technologie de décarbonation la vente de notre unité de production d'hydrogène", déplore-t-il. Or "le projet d'Air Liquide c'est d'assurer une surveillance de l'unité uniquement les jours ouvrés. Il y a des craintes en matière de sécurité et des questions sur l'organisation du travail", affirme le syndicaliste.

  Selon lui, "c'est une première de céder une unité au coeur de notre plate-forme et intégrée dans notre procédé". "On craint que ce soit la première pierre vers la sous-traitance de nouvelles activités", poursuit-il.

 L'unité hydrogène fait partie d'un secteur de la plate-forme qui emploie 42 personnes postées, selon la CGT.

  Selon la direction, l'unité sera raccordée au réseau hydrogène d'Air Liquide qui comprend une unité de production d'hydrogène à Port-Jérôme (Seine-maritime) où Air liquide produit de l'hydrogène pour la raffinerie voisine d'ExxonMobil.
 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
social économie énergies renouvelables énergie environnement