L'A13 Paris-Normandie, la prochaine autoroute sans péage (mais toujours pas gratuite...)

Après l'A79 dans l'Allier, l'A13 de Normandie est la prochaine autoroute à passer en "flux libre", c'est-à-dire sans barrières de péage. Les premiers sites à bénéficier de cette technologie sont attendus d'ici 2024.

L'A79, dans l'Allier, devient la première autoroute payante sans barrières de péage en France, depuis ce vendredi 4 novembre 2022. Prochaine sur la liste, l'autoroute A13 de Normandie. Ses 210 kilomètres passeront en "flux libre": les automobilistes pourront circuler à la vitesse autorisée, sans ralentir ni s'arrêter en passant sous des portiques dotés de caméras et de capteurs qui identifieront leur véhicule. L'A13-A14 sera le premier axe complet en France à bénéficier de cette technologie, souligne la Société des autoroutes du Nord et de l'Est de la France (Sanef) dans son communiqué.

Ce système est assez répandu dans de nombreux pays, entre Johannesburg et Pretoria en Afrique du Sud, autour de Toronto au Canada, sur les autoroutes urbaines de Santiago-du Chili, dans de nombreux Etats américains, sur l'Autostrada pedemontana lombarda près de Milan en Italie, sur de nombreux axes routiers en Norvège, sur la moitié des autoroutes portugaises ou encore pour entrer dans Göteborg ou Stockholm en Suède.

En France, la Sanef a transformé en laboratoire l'échangeur de Boulay-Moselle, sur l'autoroute A4, en y supprimant les barrières physiques en mars 2019. Malgré quelques incidents au départ, "le système a démontré sa fiabilité et les clients se sont familiarisés avec ce nouveau système de paiement", assure son directeur général Arnaud Quemard. La toute première expérimentation s'est déroulée en Indre-et-Loire sur l'autoroute A10 à Tours-nord en février 2019 par le concessionnaire autoroutier Vinci. 

Le "flux libre", comment ça marche ?

Pas de barrières de péage ne signifie pas pour autant rouler sans payer. Plusieurs façons de régler ses passages seront proposées aux usagers qui passent par le portique autoroutier :

  • Avec un badge de télépéage.
  • En associant sa plaque d'immatriculation à sa carte bancaire pendant 48 heures ou à l'année.
  • En payant dans les jours qui suivent son trajet via le site internet ou en contactant un conseiller par téléphone en renseignant sa plaque. Il est également possible de régler son trajet en une seule fois sur le réseau d'autoroute ou en-dehors.  

Autoroutes sans barrières de péage : l'A13 prochaine sur la liste

La Sanef a donc entrepris de convertir au flux libre l'autoroute de Normandie, qui voit passer 32 000 voitures par jour. "Sur l'A13 et l'A14 entre Paris et Caen, il y a cinq barrières, avec un trafic domicile-travail assez fort et des pics de week-end importants. A chaque barrière de péage, c'est un arrêt avec potentiellement des bouchons", indique Arnaud Quemard, directeur du groupe Sanef. Selon le groupe, les premiers sites en flux libre seront ouverts d'ici le dernier semestre de 2024. Si la date du début des travaux n'est pas précisée, une fin est prévue en 2027.

"L'objectif est de redresser l'autoroute", en rendant à la nature 28 hectares - l'équivalent de 40 terrains de football - actuellement occupés par les gares de péage, précise le directeur de la Sanef. Il promet également des gains de temps, des économies de carburant et des réductions des émissions de CO2 dans l'atmosphère.

L'investissement est évalué à environ 120 millions d'euros, en partie couvert par une hausse annuelle des péages. Contrairement à ce qu'on pourrait penser, passer au flux libre ne fait pas faire des économies. "Aujourd'hui, sur le péage en Normandie on a environ 150 collaborateurs. Pour exploiter la même autoroute en flux libre, on en aura besoin d'à peu près 300", qui s'occuperont surtout des relations avec les clients, indique Arnaud Quemard.

Nous avons un énorme enjeu de reconversion de notre personnel, et nous avons garanti à tous nos employés du péage que nous leur trouverions un emploi adapté.

Arnaud Quemard, directeur du groupe Sanef

AFP

Parmi les prochaines autoroutes à basculer vers le flux libre, l'Autoroute blanche (A40) en Haute-Savoie que la société Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc (ATMB) entend convertir "à moyen terme", citant comme raison la qualité de l'air dans la vallée de l'Arve.