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Encore des dégradations et de la violence dans les rues de Rouen pendant une manifestation

© France 3 Normandie
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Plusieurs vitrines brisées, des façades taguées  et un DAB détruit ce jeudi 2 juin 2016 dans le centre-ville de Rouen. Cinq personnes ont été  interpellées par la police

Par Richard Plumet

Ils défilent le visage masqué

C'est la 9e grande manifestation contre la réforme du code du travail et la Loi Travail qui était organisée hier matin à Rouen. Comme d'habitude, les syndicats avaient donné rendez-vous sur la rive gauche de la Seine, sur la place du Cours Clémenceau, pour prendre le départ d'une manifestation dans les rues du centre-ville, de l'autre côté du fleuve.

Mais une fois encore, un groupe constitué de plusieurs jeunes au visage masqué (ou dissimulé) s'est mêlé au cortège des "syndiqués" pour se livrer à des violences et des dégradations.




Des dégâts

Rue de la République, mais aussi rue Lecanuet et rue Jeanne d'Arc, des vitrines ont été cassées à coups de barre de fer. De nombreuses façades d'agences bancaires (dont celle de la Poste), d'assurances et immobilières ont été recouvertes d'inscriptions ou de peinture. Et comme il y a deux semaines rue Jeanne d'Arc, des distributeurs de billets ont été violemment détruits.

Pendant ce temps, et dès le début de la matinée, les accès de la gare SNCF de Rouen étaient bouclés par un escadron de gendarmes mobiles en tenue d'intervention.





Affrontements et interpellations

Vers 12h30, à l'arrivée du cortège devant la gare, et alors que les syndicats annonçaient la fin de la manifestation, les jeunes "autonomes masqués" ont tenté d'entraîner avec eux les militants pour aller affronter les forces de l'ordre. En vain. Tournant le dos à la gare, ces  manifestants ont ensuite descendu la rue Jeanne d'Arc jusqu'à se trouver en face d'un cordon de police (constitué de policiers de la BAC et de la compagnie départementale d'intervention).

Une grosse bobine (prise sur un chantier de la rue) a été lancée en direction des forces de l'ordre. Après plusieurs sommations non suivies d'effet, les policiers ont chargé (en faisant usage de gaz lacrymogène) afin de disperser les manifestants. Quittant le centre-ville de Rouen, une quarantaine de ces jeunes (dont la plupart se réclament du mouvement "Nuit Debout") s'est ensuite rendue à Sotteville-lès-Rouen pour envahir le hall de l'hôtel de ville.
© France 3 Normandie
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Ce vendredi matin, un officier de l'état-major de la direction départementale de la sécurité publique de Seine-Maritime (DDSP 76) précisait à la rédaction de France 3 Normandie que durant "la sécurisation du centre-ville"  et lors de la charge pour disperser les manifestants à l'angle de la rue Jeanne d'Arc et de la rue Lecanuet, cinq personnes avaient été interpellées.

Trois jeunes (âgés de 16, 23 et 24 ans) pour "participation à un attroupement et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique". Deux autres jeunes hommes (l'un a 15 ans, l'autre 21 ans) pour outrage.

© France 3 Normandie
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L'exaspération des commerçants et des habitants

Après avoir subi une première perte de clientèle pendant les attentats, les commerçants de Rouen se désolent de voir leurs clients déserter les boutiques du centre-ville. Au manque d'essence, aux grèves des transports en commun et aux blocages des accès de la ville, s'ajoutent des défilés quasi hebdomadaires où ont  lieu des violences et des dégradations qui font peur à beaucoup de consommateurs qui préfèrent éviter Rouen et aller ailleurs.

Hier, alors que des passants (et des habitants du quartier de  la rue Jeanne d'Arc) étaient incommodés par le nuage de gaz lacrymogène, l'exaspération était palpable dans les rues de Rouen où l'on se demandait comment des individus masqués peuvent agir impunément et continuer (sans en être empêchés) à détruire des distributeurs de billets et à casser des vitrines…

Autre question : quel est le rôle (et l'efficacité) du service d'ordre des syndicats organisateurs des manifestations rouennaises ?. Un service d'ordre visiblement  régulièrement débordé et impuissant à contenir les membres les plus violents présents dans les cortèges. Une situation impensable au Havre, où les manifestations dans les rues havraises sont toujours parfaitement tenues par le S.O. de la CGT.

 

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