Deux jours après la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre, de nouveaux incidents ont éclaté dans la nuit de mercredi à jeudi à Rouen, Evreux, Alençon ou encore dans l'agglomération caennaise. Une personne a été interpellée.

Des troubles ont secoué plusieurs villes de Normandie dans la nuit de mercredi à jeudi, soit deux jours après la mort de Nahel, le jeune homme tué par un policier à Nanterre dans les Hauts-de-Seine. Une longue nuit pour les pompiers et policiers qui ont été mobilisés durant des heures dans toute la région.

À Rouen, la mairie annexe a été incendiée dans le quartier du Châtelet. La devanture du commissariat de police est brûlée. Plusieurs commerces ont été dégradés.

De nombreux habitants ont aidé les pompiers à éteindre les feux. De son côté, le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, s'est exprimé dans un tweet. Il appelle "au calme et à la justice". 

L'hôtel d'agglomération à Evreux attaqué

À Evreux, de violents affrontements ont également eu lieu. Des individus ont allumé des feux de voitures, des feux de poubelles, mis en place des barricades dans les rues autour d'une école dans le quartier de la Madeleine qui a aussi été en partie incendiée.Le maire, Guy Lefrand, parle de "scènes de guérilla urbaine". Une centaine de personnes, selon l'élu, ont affronté les forces de l'ordre à coups de tirs de mortiers.

Les individus s'en sont ensuite pris à l'hôtel d'agglomération vers 2h du matin. Des voitures ont été brûlées sur le parking puis ils ont tenté d'entrer dans l'hôtel d'agglomération en franchissant les barrières et les grilles, en vain. Ils ont ensuite mis de l'essence tout autour pour incendier le bâtiment, mais là aussi, sans succès.

Les forces de l'ordre sont intervenues, les individus se sont dispersés vers 3h. Aucun blessé n'est à déplorer selon l'élu.

Des incidents dans l'agglomération caennaise et Alençon

Au moins sept voitures ont été incendiées dans l'agglomération caennaise. De nombreux feux de poubelles volontaires et de véhicules ont été recensés à Caen dans le quartier de la Guérinière, à Hérouville-Saint-Clair dans les quartiers du Grand parc et des Belles Portes, mais aussi à Colombelles.

Les policiers ont aussi été visés par des tirs de mortiers d’artifice. Aucun fonctionnaire n’a été blessé. La Préfecture du Calvados indique qu'une personne a été interpellée.

Policiers et militaires mobilisés à Alençon

Dans l’Orne, plusieurs voitures sont aussi parties en fumée à cause d'incendies volontaires. En effet, le quartier de Perseigne a été la proie de violences urbaines graves la nuit dernière à partir de 23h45 : 18 véhicules ont été brûlés et un bâtiment de l’Association Tutélaire des Majeurs Protégés de l’Orne (ATMPO) a été partiellement détruit par les flammes. "Les bureaux sont incendiés. Le bâtiment est totalement anéanti, on a plus de lieu pour accomplir notre mission. On prend en charge des personnes vulnérables, c'est vraiment triste pour eux" explique avec émotion Jean Foy, président de l'ATMPO.

Des moyens importants ont été mobilisés par les forces de sécurité dès le début de l’évènement. 26 policiers ont été déployés sur le terrain. 20 militaires appelés en renfort des pelotons de la gendarmerie (PSIG) ont été mobilisés pour sécuriser l’action des pompiers. 40 sapeurs-pompiers du SDIS ont été engagés pour éteindre les incendies.

Le Préfet de l’Orne condamne avec "la plus grande énergie ces violences aveugles et destructrices". Il est actuellement sur place avec le maire d’Alençon, Joachim Pueyo, qui déclare que  : "Les faits se sont passés à 200km de chez nous et il y a des conséquences ici. J'ai une pensé pour les victimes, les habitants et puis aussi aux membres de l'association". 

En effet les élus apportent leur soutien aux habitants et aux victimes de ces violences urbaines. Le préfet lance également "un appel au calme".

Des dégradations au Havre

Dans le quartier de Caucriauville au Havre, des violences ont été commises. Ainsi, le bureau de poste a été dégradé et un bureau de tabac du quartier a été pillé, selon la préfecture. 

Le procureur de la République de Nanterre demande, ce matin, le placement en détention provisoire du policier qui a tué Nahel, 17 ans, mardi à Nanterre. Une information judiciaire pour homicide volontaire a été ouverte.