Les pompiers de seine-maritime réclament de meilleures conditions de travail

© France 3 Normandie
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Ce mardi 15 octobre, 9 syndicats appellent à une journée de manifestation nationale des sapeurs-pompiers professionnels. Près de 150 soldats du feu seino-marins y participent. Ils revendiquent plus de moyens, une meilleure formation et la mise en place d'un numéro unique pour les appels d'urgence.

Par Catherine Lecompte

Ils ont tous une passion dévorante pour leur métier, mais sont en ce moment pour la plupart en souffrance professionnelle. A tel point que 9 syndicats de sapeurs pompiers ont organisé cette journée de manifestation nationale à Paris. Dans la région, ils seront nombreux à y participer comme les 150 hommes partis ce mardi matin de seine-maritime. 

Parmi eux, un sapeur-pompier havrais, chef de caserne, qui affiche 36 ans de métier. Il a accepté de donner son témoignage et de raconter son quotidien devant notre caméra.
 
Devenu pompier à l'âge de 23 ans, il adore toujours son métier, sa passion. Du coup, alors qu'il pourrait faire valoir ses droits à la retraite, Franck Omont a décidé de rester et d'accompagner ses équipes dans le futur déménagement de sa caserne. Il veut aussi se battre pour les générations futures afin que le métier ne se dégrade pas.

Il déplore aussi que les pompiers soient parfois appelés sur des missions pour lesquelles devraient intervenir en principe le SAMU ou des ambulanciers. "Par carence d'autres services, les pompiers interviennent souvent en dépassant le cadre de leur mission et sont aussi sursollicités". 

Une gestion unique de l'alerte pourrait aussi leur permettre d'optimiser leurs missions. 

Un numéro, le 112, existe pourtant depuis plus de 25 ans. Il doit en principe permettre d'orienter vers le bon service de secours, mais il est souvent sous-utilisé. Les pompiers souhaitent maintenant qu'ils devienne simplement un numéro unique se substituant aux actuels 15, 17 et 18.
 
le témoignage d'un pompier seino-marin / © France 3 Normandie
le témoignage d'un pompier seino-marin / © France 3 Normandie


Autre doléance, une meilleure formation qui ne se cantonne pas aux gestes techniques.

"La prise en compte psychologique des victimes pèse au quotidien sur le moral des personnes qui interviennent tous les jours car elles ne sont pas formées pour ça"

Les trois casernes du Havre totalisent une moyenne de 6 000 interventions par an dont l'essentiel, 80%,, consiste à secourir les personnes en dehors des incendies.

En vidéo, son témoignage recueilli par Frédéric Nicolas et Anne-Laure Meyrignac
le témoignage d'un pompier havrais
 

Les pompiers de seine-maritime en chiffres 

Le Sdis 76 compte 3 899 agents (chiffre au 31 décembre 2018). 
Parmi eux, 2 742 sont des volontaires. 906 sont des sapeurs-pompiers professionnels et 251 font partie des personnels administratifs, techniques et spécialisés.
 
© sdis 76
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En 2018, le Service départemental d'incendie et de secours est intervenu sur 82 276 incidents.
 
© sdis 76
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D'après les données de 2014, le Service départemental dispose de 372 engins. Parmi eux, 136 sont destinés à lutter contre l'incendie, 102 œuvrent pour le secours à personnes, 99 pour les opérations diverses et 35 servent aux missions de secours routiers.
 
© sdis 76
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Une manifestation nationale unique et massive pour plus de reconnaissance 


Ce mardi 15 octobre 2019, c'est donc une délégation bien fournie de pompiers seino-marins qui s'est retrouvée dans le cortège parisien. Tous unis dans le même combat pour plus de reconnaissance et une amélioration de leurs conditions de travail. 


Pour Jeff, venu du Havre, "beaucoup de pompiers quittent en ce moment la profession par manque de reconnaissance. Maintenant, même les pompiers sont agressés ! "

Ils réclamaient aussi une rrevalorisation de leur prime de feu de 19% à 28% de leur régime de base. 

 
les pompiers normands à Paris

 

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