Dans le cadre du Festival Nautil'art, qui se tient à Rouen du 2 au 17 septembre 2023, plusieurs conférences sont organisées au Pavillon des Transitions. L'une d'elle a été animée par Frédéric Lemaître, enseignant-chercheur sur le thème de l'apnée à l'université de Rouen. Voici 5 informations à retenir sur ce sport en plein essor.

Depuis toujours l'apnée fascine. C'est le seul sport qui nécessite de se priver d'une fonction vitale : la respiration. En pourtant, cette quête de repousser les limites du corps humain fait de plus en plus d'adeptes. En quinze ans, le nombre de licenciés recensés par la Fédération française d'apnée est passé de 5 000 à 30 000 personnes. 

Frédéric Lemaître, enseignant-chercheur spécialiste sur la question de l'apnée et ancien apnéiste de compétition pendant 18 ans, a donné une conférence sur le thème de l'apnée, ce samedi 9 septembre, dans le cadre du Festival Nautil'art.

On vous partage 5 informations à retenir sur cette discipline : 

1. L'apnée est pratiquée depuis l'antiquité

Les plus anciennes traces de pratiques d'apnée remontent à l'antiquité, selon Frédéric Lemaitre. Utilisée par les Grecs, l'apnée servait à ramasser des coquillages ou à faire passer sous la coque d'un bateau pour le faire couler. L'apnée dite "moderne" s'est développée entre les années 1920 et 1950. 

2. L'apnée peut avoir des effets thérapeutiques 

L'apnée peut avoir des vertus thérapeutiques, proches de celles de la méditation. En stoppant sa respiration, l'homme conserve des réflexes de mammifères marins pour combattre le manque d'oxygène. Appelé "diving reflex", il s'agit d'un mécanisme où le rythme cardiaque diminue et où le sang est dirigé en priorité vers les organes vitaux. Mais au bout d'une certaine durée, variable selon les personnes, "l e cerveau envoie un signal au diaphragme pour enclencher la respiration" explique Frédéric Lemaitre. Avec l'entraînement, cette réaction peut être retardée et maîtrisée.

En apprenant à maîtriser leur respiration, les apnéistes ressentent une sensation relaxante de bien-être qui permet de diminuer le stress, apaise le mental et aurait même un rôle bénéfique sur les risques cardiovasculaires. Autre aspect positif, l'apnée permet de développer une meilleure connaissance de son corps, certes à propos de la respiration et de connaissances de ses limites mais aussi de la pesanteur du corps dans l'eau. 

3. Peu de différences entre hommes et femmes sur les records

L'apnée pourrait être la seule discipline où hommes et femmes partageraient des records similaires. Pourtant, les capacités pulmonaires de femmes sont moins importantes que celles des hommes. Les femmes se sont mises plus tardivement à cette discipline, mais les records actuels laissent penser qu'un rattrapage est possible. Actuellement le record femme en "poids constant mono-palme" est de 123 mètres, contre 133 pour les hommes. 

Le record masculin, détenu par le Russe Alexey Molchanov, a été filmé ! Depuis quelques années, les compétitions se médiatisent et sont captées par des drones tout au long de la descente. 

4. L'apnée est aussi une discipline artistique

Lorsque l'on parle apnée, on imagine ces compétitions spectaculaires où les apnéistes évoluent en totale apesanteur dans cet infini liquide le long d'un fil. Mais d'une manière tout aussi technique et spectaculaire, l'apnée peut aussi être une discipline artistique.  Réalisatrice, apnéiste et danseuse, Julie Gautier excelle en danse subaquatique, discipline qu'elle a créée. À travers ses chorégraphies, elle offre un regard poétique, engagé et profond sur l’univers sous-marin.

5. Pratiquer en club pour limiter les risques

Si l'apnée fascine autant c'est aussi à cause des drames qui entourent ce sport. Plusieurs professionnels, comme le quadruple champion du monde Loïc Leferme, ont perdu la vie en tentant de décrocher de nouveaux records.

D'autres y ont échappé de peu comme Guillaume Néry. Après avoir battu quatre fois le record du monde, cet athlète a voulu tenter un nouveau record. Mais une erreur technique de l'organisation a failli lui coûter la vie. Les balises ont été mal placées et l'ont fait descendre jusqu'à 139 mètres de profondeur alors qu'il visait les 129 mètres. A la suite d'une syncope, la septième de sa carrière d'apnéiste professionnel, il a décidé d'arrêter la compétition. 

Si elles ne sont pas fatales, ces syncopes peuvent avoir des effets néfastes sur la mémoire des athlètes. Mais selon les dernières études menées par Frédéric Lemaitre, pratiquer l'apnée est sans dangers sur la santé pour les apnéistes amateurs, lorsque ceux-ci sont encadrés par des professionnels. 

Pour ceux qui voudraient s'essayer à ce sport, il est indispensable de s'inscrire dans un club pour s'initier et progresser sans risque. 

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