Confinement en Normandie : ces inquiétantes dénonciations et incivilités

Avril 2020- Un exemple de message de délation / © France Télévisions
Avril 2020- Un exemple de message de délation / © France Télévisions

Par peur ou par jalousie, certains habitants de l'Eure ou de Seine-Maritime envoient des lettres pour dénoncer leurs voisins ou demander à des personnels soignants de partir…
 

Par Richard Plumet

En cette période de crise sanitaire du Covid-19, certains Français n’hésitent pas à dénoncer leurs voisins qui ne respecteraient pas, d’après eux, le confinement. Ils publient des messages sur les réseaux sociaux.

Ou, comme au siècle dernier, ils envoient des lettres de délation à la mairie, au commissariat de police, ou à la brigade de gendarmerie.

Depuis maintenant une semaine on est contacté régulièrement, jusqu'à 15 fois par jour, que ce soit en appel téléphonique à la mairie ou par des messages sur les réseaux sociaux. Il s'agit  notamment d'habitants qui nous font savoir que à tel ou tel endroit il y a des gens qui sont dehors, qui sortent et que c'est pas normal.
- Charlotte Goujon,  maire de Petit-Quevilly (Seine-Maritime)

Confinement en Normandie : délations et dénonciations
VIDEO : le reportage d'Elise Laperdrix (montage : Justine Giet)

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"Ça fait très mal, c'est très vexant !"

D'autres s'en prennent, anonymement, à leurs voisins parce qu'ils sont infirmiers ou travaillent dans un hôpital ou un EHPAD.
Par "peur de la contamination" ils demandent à ces membres du personnel soignant  qui ont, à leurs yeux, le tort d'habiter trop près, dans la même résidence, le même immeuble ou la maison voisine, de partir et d'aller dormir ailleurs.

Il y a des mots laissés, mais parfois c'est plus grave : c'est la voiture qui est volontairement abîmée.

Voir ce mot disant "inconscient", oui c'est très vexant !
C'est rabaissant !  Parce que justement on est très conscient !
Quand après une journée de 14 ou 16 heures de travail, qu'on a mal au crâne parce qu'on a beaucoup travaillé et que derrière on nous traite d'inconscient, oui ça fait très mal ! C'est très vexant…

- Thomas Lecointre, infirmier libéral à Manneville-sur-Risle (Eure)

Un délit

La police nationale rappelle que les menaces écrites envers le personnel soignant, ou toute autre personne, constituent un délit  passible de 6 mois d'emprisonnement et 7500 euros d'amende.
 

 

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