Crise des urgences au CHU de Rouen : le manque de personnel est alarmant

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Écrit par Calypso Vanier

Ce mardi 7 décembre, l’hôpital Charles Nicolle de Rouen a déclenché son 5ème plan blanc. Le taux d’absentéisme des infirmiers y atteint les 10%. Résultat : les urgences sont désormais engorgées.

Chaque jour, le même casse-tête recommence dans le service. Magali Hrabowyj, cadre de santé et Frédéric Dantan, cadre supérieur de santé des urgences font un point sur le planning des urgences du CHU de Rouen.

« J’ai compensé cette absence en rappelant une personne qui était en repos et en décalant son repos, explique Magali Hrabowyj. -Et comment l’a-t-elle pris ?, demande Frédéric Dantan. -Ça a été car je ne l’ai pas appelée souvent. J’essaye de faire attention. -On tire un peu sur la corde quand même … » 

Un taux d'absentéisme qui atteint les 10%

Ce mardi 7 décembre, le CHU de Rouen a réactivé pour la 5ème fois consécutive son plan blanc. Pas tant à cause de l’afflux de patients Covid qui reste limité pour l’instant contrairement à d’autres régions, mais bien parce que le manque de personnels est prégnant. Le taux d’absentéisme des infirmiers atteint les 10%.

cf notre article du 7 décembre dernier 

 

« Les soignants sont fatigués après 2 ans de Covid et il faut en plus gérer un flux de patients très important hors Covid »

Magali Hrabowyj, cadre de santé Urgences du CHU Rouen

France 3 Normandie

De nombreux soignants ont également quitté leur poste. En tout, l’hôpital cherche à recruter 50 à 60 infirmiers.

« Au fil des mois, des soignants épuisés sont partis dans des cliniques, dans le libéral ou ils ont complètement changé de voie. Heureusement, on commence à avoir quelques soignant qui reviennent, c’est encourageant mais c’est encore limité »

Frédéric Dantan, cadre supérieur de santé ses urgences

France 3 Normandie

Jusqu'à 120 brancards dans les couloirs 

Résultat : l’hôpital est en sous-effectif et les urgences se retrouvent engorgées. Certains jours, jusqu’à 120 brancards s’accumulent dans les couloirs. 

« ll y en a tellement qu’on n’arrive pas à les placer dans les box comme d’habitude. Cela complique le travail des urgentistes qui ont dû mal à gérer un nombre de patients qui est 2 fois plus important que le service est capable en temps normal de prendre dans de bonnes conditions »

Professeur Luc-Marie Joly, chef du service Urgences adultes

France 3 Normandie

Un appel à se rendre en priorité chez son médecin traitant

Le plan blanc doit permettre d'augmenter les capacités d'accueil des patients, en déprogrammant certaines opérations non-urgentes et en rappelant du personnel. Afin de soulager le service des urgences, l’hôpital appelle aussi les patients à se rendre en priorité chez leur médecin traitant.