Un loup photographié en Seine-Maritime ?

Un appel à témoins est lancé après la découverte de la présence nocturne d'un "grand canidé" à Londinières (Seine-Maritime)
 

La photo du "loup" de Londinières prise de nuit le 8 avril 2020
La photo du "loup" de Londinières prise de nuit le 8 avril 2020 © David Desjardins / Google Maps
Le loup est-il de retour en Normandie ? C'est fort probable après la découverte de la présence d'un animal très ressemblant à un loup dans le Pays de Bray, à l'Est de la Normandie à quelques dizaines de kilomètres de la Picardie.

Un habitant de Londinières a alerté l’Office français de la biodiversité (OFB), établissement public en charge du suivi du loup en France, après avoir photographié ce qui semble être un loup à l'aide d'un appareil spécial, "un piège photographique". Il s'agit d'un boitier photo-vidéo étanche que l'on dispose dehors et qui se déclenche automatiquement lorsqu'un animal passe devant.

C'est un appareil de ce type, installé au hameau de Villeneuve, à quelques kilomètres au nord du bourg de Londinières, qui le 8 avril 2020, à 1h50 du matin a pris en photo ce qui semble être un loup.

Un loup gris ?

A partir des photos envoyées par David Desjardins, les experts de l’OFB ont pu authentifier cette observation comme étant très probablement celle d’un loup gris (Canis lupus lupus).

La préfecture de Seine-Maritime, qui  prend l'affaire très au sérieux, précise cependant, eu égard à la qualité des images fournies et "considérant que de nombreuses races de chiens peuvent présenter un gabarit et des teintes de pelage similaires à celui d’un loup,  que cette expertise est à considérer avec quelques réserves." "Si la présence du loup en Seine-Maritime est une première depuis plus d’un siècle, l’espèce est connue pour sa grande capacité de dispersion. Ainsi, depuis le retour du loup en France dans les Alpes du Sud en 1992, l’espèce s’est installée sur les principaux massifs montagneux français. Elle est ponctuellement mais régulièrement aperçue sur des territoires éloignés du cœur de population alpin, comme ça a été le cas dans l’Indre, l’Eure-et-Loir, la Somme ou la Charente-Maritime."
   

Appel à témoins

La préfecture de Seine-Maritime prend l'affaire très au sérieux et lance un appel à la population :

"Toute observation suspecte de grand canidé ou toute attaque sur troupeau domestique doit être rapidement signalé au service départemental de Seine-Maritime de l'OFB".

►Adresse :  sd76@ofb.gouv.fr
 
 
Le loup : rapidité de déplacement et discrétion
La préfecture de Seine-Maritime précise pourquoi on observe  la présence de loups dans différents départements de France 

"Ce type d’observation d’un animal seul et éloigné des zones où l’espèce est installée est caractéristique des individus en phase de dispersion, phénomène qui intervient deux fois dans l’année, au printemps et à l’automne. A l’automne, les jeunes nés au printemps prennent pleinement leur place au sein du groupe, contraignant d’autres individus à quitter la meute pour chercher un nouveau territoire où s’établir. Au printemps, les subadultes qui ne peuvent se reproduire au sein des meutes quittent leur territoire de naissance en quête d’un partenaire sexuel.

Ces individus en phase de colonisation peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de se fixer, et ceci en quelques mois (distance de dispersion record pouvant dépasser les 1500 kms depuis le lieu de naissance).

Le système de colonisation par « bonds » est caractéristique du loup. Le nouveau territoire d’installation peut être séparé de la meute d’origine de plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres, laissant des espaces vides qui peuvent être colonisés par la suite. Ceci explique notamment certaines observations isolées, loin des zones de présence permanente connues, comme en Seine-Maritime. Ces individus en phase de dispersion peuvent séjourner plusieurs mois dans un secteur avant de le quitter. La rapidité de déplacement et la discrétion de cette espèce d’un point à un autre fait que l’espèce peut facilement passer inaperçue le long de son trajet de dispersion.

A ce stade, cette observation en Seine-Maritime ne permet pas d’affirmer que le loup s’installe dans le département. La capitalisation des informations dans le temps est nécessaire pour évaluer l’évolution de la situation.

L’Office français de la biodiversité dispose d’un maillage territorial d’agents spécialement formés à la reconnaissance des indices de présence du loup et aux expertises de constats d’attaques, y compris dans les départements normands où la présence de loup n’avait jamais été avérée jusqu’à présent."

 
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