Lubrizol : nervosité, maux de tête, picotements de narines... les résultats de l'enquête de Santé publique France

Les résultats de l'étude de Santé Publique France étaient attendus pour ce 9e comité pour la transparence et la dialogue de l'incendie Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime). 60% des personnes interrogées ont ressenti au moins un symptôme lié à l'incendie et à la pollution.
Rouen, le 26 septembre 2019
Rouen, le 26 septembre 2019 © France Télévisions

"Pourquoi autant de temps pour une telle étude ? Aux États-Unis, où il y a eu le même incident chez Lubrizol, tout est déjà lancé !", interpelle Pierre-Emmanuel Brunet, président de Rouen Respire. Ce lundi 5 juillet 2021, ils sont une centaine à se réunir pour le 9e comité de la transparence et du dialogue à la préfecture de Rouen (Seine-Maritime) suite à l'incendie de Lubrizol en septembre 2019. Le dernier comité remontait à il y a presque un an, en juillet 2020, crise sanitaire oblige... 

Installé depuis octobre 2019, le comité réunit l'ensemble des acteurs concernés par les conséquences de l'incendie : habitants, élus, industriels, associations environnementales, service de l'Etat et de santé, etc. A l'ordre du jour ce lundi, les résultats de l'étude de Santé Publique France réalisée auprès de 5 000 personnes. En tout, 4 100 adultes et 1 200 enfants ont été interrogés via un questionnaire par téléphone ou sur internet dans 122 communes touchées par l'incendie. Une population témoin a également été interrogée au Havre, pour comparer avec les personnes qui n'ont pas été touchées par l'incendie et le panache du fumée.

Une centaine de participants se sont réunis pour le 9e comité de transparence et du dialogue de l'incendie Lubrizol.
Une centaine de participants se sont réunis pour le 9e comité de transparence et du dialogue de l'incendie Lubrizol. © Sylvie Callier / France Télévisions

Anxiété, picotements de la gorge, malaises...

Les premiers résultats montrent que plus de 90% de la population étudiée déclare avoir perçu au moins une exposition à cet accident industriel (bruits, flammes, panache de fumées noires, odeurs, dépôts de suies, etc.), 86% de la population ont ressenti des odeurs, perception qui a souvent duré longtemps et été vécue comme gênante ou très gênante. 60% des personnes interrogées ont ressenti au moins un symptôme lié à l'incendie et à la pollution. 17% ont du consulter un médecin et 20% ont pris seuls des médicaments.

La moitié des personnes interrogées ont indiqué avoir arrêté de boire de l'eau du robinet pendant plusieurs jours, voire semaines après l'incendie.

Une enquête "insuffisante"

Que ressentaient ces personnes un an après ? D'après l'enquête, ils ne temoignent pas d'un état de santé différent des Havrais, échantillons témoins qui n'ont pas été touchés par l'incendie. En revanche, ceux qui vivaient près de Lubrizol ou de Normandie Logistique estiment que leur santé mentale s'est dégradée. Les représentants des association des victimes de Lubrizol et de Rouen respirent trouvent que cette enquête est insuffisante. "Pourquoi avoir attendu un an pour la faire ? Pourquoi pas d'échantillons de sang et d'urine ?"

Selon Santé Publique France "une étude de biosurveillance n'est à n'envisager qu'en cas de contamination persistante avérée des sols ou des aliments après l'incendie", explique Santé Publique France. Après l'étude de 6 500 prélèvements dans l'environnement, "aucun élément ne permet de conclure à une contamination apportée par l'incendie ou d'une pollution historique industrielle".

Au regard de ce niveau de pollution industrielle historique, nous avons préféré une surveillance épidémiologique de l'état de santé de la population exposée à partir du Système national des données de santé.

Santé Publique France

Santé Publique France étudiera sur le long terme la santé mentale, périnatale, les maladies respiratoires chroniques, cardio-neurovasculaires et les cancers avant et après l'incendie.

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