Lubrizol : Quelles sont les conditions pour que l'usine chimique rouvre ?

L'incendie de l'usine chimique Lubrizol le 26 septembre 2019 / © C. Vilmer
L'incendie de l'usine chimique Lubrizol le 26 septembre 2019 / © C. Vilmer

La Dreal la semaine dernière et le Coderst hier ont tous les deux donné leur feu vert pour une réouverture partielle de l'usine chimique incendiée le 26 septembre, à Rouen. Sous certaines conditions. 

Par VG

Le Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst) a donné mardi un avis favorable à une réouverture partielle de l'usine Lubrizol, à Rouen, deux mois et demi après l'incendie de site classé "Seveso seuil haut".

Le Coderst valide ainsi avec une large majorité (20 voix pour, quatre contre, une abstention) le projet d'arrêté de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal), qui avait elle aussi donné son feu vert la semaine dernière. 
 


L'avis du Coderst n'est censé être que consultatif, mais le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, s'est engagé à le suivre et pourrait donc bien autoriser la réouverture de l'usine qui stocke des produits chimiques destinés à être utilisés comme additifs pour lubrifiants dans les prochains jours. Toutefois, cette réouverture interviendra sous certaines conditions.

  • Une réouverture de parties non touchées par l'incendie

La réouverture partielle de Lubrizol ne concernera que "deux ateliers chargés du mélange de produits", a indiqué la préfecture dans un communiqué publié à la suite de la réunion du Coderst mardi 10 décembre.

Ces parties n'ont pas du tout été touchées par l'incendie du 26 septembre. Les endroits incendiés resteront fermés. 
  • Une réduction des stocks

La Dreal l'avait déjà dit : la réouverture partielle de Lubrizol ne se fera que si la quantité des stocks présents dans l'usine diminue sensiblement. Dans son communiqué, le préfet de Seine-Maritime confirme qu'une "réduction drastique des stockages de produits finis conditionnés ainsi que d'une diminution du stockage des matières premières" devra avoir lieu avant la réouverture.

Dans le projet d'arrêté, les produits finis conditionnés passeront de 8600 tonnes à 561 tonnes à la réouverture, et les stockage de matières premières baisseront "de 27% à 89% selon les types de produits".
  • Une sécurité incendie renforcée

Dans son avis, le Coderst a décidé de renforcer les prescriptions en matière de sécurité incendie. "Tous les stockages seront équipés d'un cuvette de rétention d'eau d'une capacité suffisante, de détection incendie et de moyens d'extinction prépositionnés", fait savoir la préfecture.

Les sapeurs-pompiers du SDIS aideront l'entreprise américaine dans la mise en place de ces mesures de sécurité, qui seront ensuite vérifiées par la Dreal. Elle se rendra d'ailleurs sur place pour une visite avant le redémarrage du site.
  • Un suivi à chaque Coderst

À chaque Coderst, qui se réunit le deuxième mardi du mois, "Lubrizol et les services de l'Etat présenteront un état des lieux de la mise en oeuvre des mesures", avec un contrôle renforcé assuré par la Dreal et des rapports d'inspection publics. 
  • Une commission à Lubrizol en janvier

En janvier 2020, une "commission de suivi du site" sera mise en place. Cette instance réunira les représentants des élus, des riverains, des salariés, des exploitants et des services de l'Etat. 

Mais avant que le préfet ne signe l'arrêté de réouverture prenant en compte toutes ces conditions, il devra transmettre son projet d'arrêté à Lubrizol, qui pourra faire des observations.

L'usine chimique souhaite par ailleurs organiser de temps en temps des visites et de "réunir le comité de riverains" dans l'entreprise. 

L'avis favorable du Coderst a sucité de nombreuses inquiétudes, notamment du côté des associations écologiques. L'évacuation des fûts endommagés est en effet loin d'être terminée et on ne connaît toujours pas les causes de l'incendie. 
 

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