Normandie : dissolution de Génération Identitaire, groupe d'extrême droite anti-migrants

Gérald Darmanin a annoncé qu'une procédure de dissolution était engagée à Paris et dans plusieurs villes de province.

L'opération anti migrants menée le 19 janvier 2021 par Génération identitaire au Col du Portillon dans les Pyrénées
L'opération anti migrants menée le 19 janvier 2021 par Génération identitaire au Col du Portillon dans les Pyrénées © FTV

Plusieurs associations et partis politiques français réclamaient depuis longtemps la dissolution de ce mouvement.

Ce dimanche matin (14 février 2021), le ministre de l'Intérieur  a indiqué, dans un tweet, que "la procédure de dissolution est enclenchée. Cette organisation a désormais 10 jours pour répondre au contradictoire."

Le ministre de l'Intérieur avait évoqué cette procédure dès le 26 janvier 2021 en se disant "scandalisé" après une opération anti-migrants du groupuscule dans les Pyrénées françaises qui a donné lieu à l'ouverture d'une enquête préliminaire pour "provocation publique à la haine raciale". SOS Racisme a également porté plainte.

Une trentaine de militants du groupe d'extrême droite, venue dans des voitures dont la carrosserie était marquée "Defend Europe", s'était déployée le 19 janvier près de la frontière espagnole. Certains des militants partant en randonnée en utilisant un drone pour surveiller la frontière.

Les actions du groupuscule pourraient relever, selon le code de la sécurité intérieure (CSI), de "provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur origine".

La présidente du parti d'extrême droite Rassemblement national, Marine Le Pen, s'était élevée le 27 janvier contre le projet de dissolution de Génération identitaire en invoquant la liberté d'expression.

 Des actions à Rouen 

A Rouen, où les membres de "Génération Identitaire" ne se considèrent pas d'extrême droite mais comme représentants de la "droite radicale et alternative" des actions hostiles aux migrants ont été menées ces derniers mois.

Le 18 décembre 2020 (date de la journée internationale des migrants mise en place par les Nations-Unies pour sensibiliser l'opinion et déjouer les préjugés) une distribution de soupe aux plus démunis et aux migrants organisée par une association humanitaire étudiante avait été perturbée par l'irruption de plusieurs militants de Génération Identitaire.

Le maire de Rouen avait alors rappelé que "la ville de Rouen continuera de promouvoir les valeurs républicaines de solidarité, de partage, de fraternité".

Un peu plus tôt, le 25 juillet 2020, la permanence de la députée (LREM) Syra Sylla (située dans l'agglo rouennaise) avait été la cible d'une action de Génération Identitaire. Dans un tweet, le ministre de l'Intérieur avait condamné "avec la plus grande fermeté les comportements ignobles dont a été victime @sirasylla76. Je lui apporte tout mon soutien. Le République ne cédera rien face à l'idéologie haineuse de ces groupuscules extrémistes."

En 2019, les dissolutions de plusieurs groupuscules d'ultradroite avaient été prononcées à la demande du président de la République. Mais celle de Génération identitaire semblait à l'époque plus difficile à réaliser.

"Ils sont plus malins que les autres, essaient autant que possible de ne pas franchir les lignes jaunes, mais poussent le bouchon à chaque fois un peu plus loin", soulignait alors auprès de l'AFP le ministère de l'Intérieur.

Si le siège de Génération identitaire est installé à Lyon, l'association dispose également d'une section historique à Paris et d'antennes dans plusieurs villes de province : en Normandie, dans le Sud, à Dijon, Aix-en-Provence et Montpellier.

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