"On n’est jamais prévenu, c’est affreux" : ces quatre boulangeries Luval ont fermé subitement

Placées en liquidation judiciaire depuis janvier 2024, les boulangeries Luval commencent à fermer en Seine-Maritime. C’est pour le moment la ville du Havre qui est la plus touchée.

Le couperet est tombé le mardi 30 janvier 2024 : l’enseigne Luval est placée en liquidation judiciaire. Les anciennes boulangeries Paul rachetées, en 2022, par un franchisé du groupe étaient devenues des enseignes Luval.

Quatre boulangeries ont fermé

Le projet de l’entrepreneur : promouvoir les produits normands. Mais l’année 2023 a été compliquée pour ce nouveau groupe indépendant. "J'ai voulu faire le choix du local, réduire mon empreinte carbone, choisir des produits de proximité, comme le beurre, mais forcément, ce sont des choix qui coûtent plus cher", expliquait le gérant Fabrice Antoncic dans notre article du 11 janvier 2024.

Le groupe représente 12 boulangeries et 130 salariés. À ce jour, quatre magasins ont fermé leurs portes. Celui situé rue du Gros Horloge à Rouen est concerné.

Sur la vitrine désormais recouverte de blanc de Meudon on peut lire : « merci beaucoup pour votre fidélité sur notre boutique du Gros Horloge. Vous pouvez nous retrouver sur les deux autres points de vente du centre-ville ».

Effectivement la boutique située Rue Jeanne-d’arc, tout comme celle située rue Ganterie, sont toujours ouvertes mais pour combien de temps ?

Les trois boulangeries de la région havraise sont également fermées : celles du centre commercial René-Coty, des Halles et du centre commercial Océane à Gonfreville-l’Orcher.

Ces quatre commerces comptaient 45 salariés bientôt licenciés pour raison économique.

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Le groupe Luval placé en liquidation judiciaire. Décision du tribunal de commerce de Rouen. La marque normande détient une dizaine de boulangeries au Havre et à Rouen. Aujourd'hui, 130 salariés sont menacés de licenciement économique. Les explications de Théo Thomas et Patrice Cornily. ©France 3 Normandie

Un plan de rachat en février ?

Les salariés toujours en activité sont inquiets. La majorité déplore un manque de communication de la part de la direction : "mes collègues du Gros l’ont appris trois jours avant que leur boutique allait fermer. C’est vraiment très mal encadré, on n’a aucune information. On n’est jamais prévenu, c’est affreux !", nous explique ce salarié.

Nous avons tenté de joindre Fabrice Antoncic, président des Vitrines de Rouen et patron de Luval, mais il n'a pas donné suite à notre demande d'interview.

Il évoque la date du 13 février pour une éventuelle annonce de la direction concernant un plan de rachat. Depuis un an, les salariés vivent sous tension au fil des annonces judiciaires.

Une perte de 309 000 euros

En janvier 2023, une procédure de sauvegarde avait déjà été mise en place pour tenter de sauver l’entreprise. Force est de constater que cette mesure n’aura pas été suffisante puisqu’en décembre après cessation de paiements, elle est placée en redressement judiciaire.

Les juges considèrent que malgré la réduction des effectifs, une amélioration de la marge et des charges stables, Luval a enregistré une perte de 309 000 euros, rien que pour le premier semestre.