Pollution de l'air : le nouvel indice ATMO pour mesurer la pollution en Normandie s'étend à tout le territoire

L’indice ATMO qui mesure la qualité de l’air en France s’aligne désormais sur les codes européens. Les mesures se font à l’échelle de la commune et non plus à celle de l’agglomération. Elles concerneront aussi les particules encore plus fines.

Circulation routière sur le Mont Riboudet à Rouen
Circulation routière sur le Mont Riboudet à Rouen © FranceTélévisions / Véronique Arnould

L'indice ATMO qui mesure la qualité de l'air en France depuis 1994 connaît quelques changements depuis ce lundi 28 décembre 2020.

Selon Christophe Legrand, directeur-adjoint d'ATMO Normandie, l'objectif de cette démarche est de répondre aux normes européennes, de mieux informer et alerter la population mais aussi de sensibiliser celle-ci à des changements nécessaires en cas de certains épisodes de pollution. 

Une mise aux normes européennes

Les techniques de modélisation et de représentation spatiale permettent aujourd'hui de faire évoluer cet indice vers plus de précisions et d'efficacité. Ces changements portent sur 5 points essentiels.  

Le nouvel indice ATMO se met aux couleurs de l’indice européen (selon l’arrêté ministériel du 10 juillet 2020) et prend désormais en compte un 5ème polluant (les particules PM2.5)  et donne des prévisions à l’échelle communale sur tout le territoire normand et non plus seulement pour les grandes agglomérations. 

Il vous est aussi d'ores et déjà possible de consulter les cartes de prévisions quotidiennes (mises en jour toute la journée) et de vous abonner au bulletin de l'air d'ATMO Normandie. Chacun pourra recevoir l'indice de pollution en cours ou en prévision selon selon son lieu de résidence. 

Nouvel indice Atmo depuis le 1er janvier 2021

Tout le territoire normand concerné

Jusqu'à présent, l'information sur la qualité de l'air s'adressait directement aux habitants des agglomérations de plus de 100 000 habitants. Ce n'est plus le cas avec ce nouvel indice. 

Parce que la pollution se promène au gré des vents et qu'elle ne s'arrête pas aux portes des villes, il était important d'informer aussi les habitants en zones périphériques ou rurales. C'est chose faite dorénavant. Non pas grâce à une multiplication des capteurs sur le territoire mais plutôt grâce à des nouveaux outils qui permettent une modélisation et une spatilisation de la qualité de l'air sur le territoire normand. 

Fin des chiffres ! Vive les émoticônes ! 

Le nouvel indice ATMO : il n’y aura plus de chiffre mais seulement un qualificatif et une couleur (selon l’arrêté ministériel du 10 juillet 2020).

© ATMO Normandie

Bon, moyen, dégradé, mauvais, très mauvais ou extrêment mauvais... la pollution se décline maintenant en 6 émoticônes d'aspects et de couleurs différentes 

3ème cause de mortalité en France 

Selon l'Agence Nationale de Santé Publique, la pollution provoque le décès prématuré de 48 000 personnes en France, chaque année. Après le tabac et l'alcool, c'est la 3ème cause de mortalité dans notre pays. 

En se dotant de ce nouvel outil, les autorités comptent donc alerter mais aussi sensibiliser les français sur ces pollutions et les inciter à quelques changements de comportements. 

La qualification de l'air sera forcément dégradée

Selon Christophe Legrand, directeur adjoint d'ATMO Normandie, cette nouvelle façon de mesurer la pollution en France et en Normandie va avoir des répercussions sur les bilans de la pollution sur notre territoire.

Ce n'est pas que l'air sera forcément plus pollué qu'avant. C'est la façon de poser un qualificatif sur la qualité de l'air qui évolue.

Christophe Legrand, directeur-adjoint d'ATMO Normandie 

Puisque les critères deviennent plus sévères et plus précis, il faut donc s'attendre dès maintenant à avoir des chiffres dégradés. 

Selon lui, le nombre de jours classés en catégorie "mauvais ou très mauvais" va être multiplié par 4 ou 5 en Normandie. 

Toujours à titre d'exemple, il signale que si cette nouvelle norme européenne avait été appliquée les années antérieures, les 80% de jours qui ont été placés en qualité de l'air "bonne"  seraient aujourd'hui classés en qualité de l'air "moyenne". 

 

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