Rouen : des actions et des aménagements pour encourager les déplacements à vélo

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Écrit par Richard Plumet
Un vélo sur une piste cyclable de Rouen en mai 2020
Un vélo sur une piste cyclable de Rouen en mai 2020 © France Télévisions

Pistes cyclables, service de location, stationnement sécurisé des vélos, vélos à bord des bus : le maire de Rouen (Seine-Maritime) a annoncé une série de mesures pour développer l'usage de la bicyclette au quotidien. L'association SABINE salue ces avancées, mais regrette un manque de concertation.

Laisser sa voiture au garage et prendre le vélo pour se déplacer, et même, pourquoi pas, faire le trajet domicile-travail ? Après les épisodes de confinement des derniers mois beaucoup se sont lancés, incités par la création des  "coronapistes". D'autres, motivés par les gestes concrets à faire pour lutter contre le réchauffement climatique, sont devenus des cyclistes défenseurs de la "mobilité décarbonée".

Pour développer et encourager la pratique du vélo, Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie a présenté une série de mesures lors de sa conférence de presse de rentrée le 3 septembre 2021.

Les actions de ce "plan vélo" vont se mettre en place au fil des mois à venir, tout au long de la deuxième année de mandat de "NMR".

La première de ces mesures est l'ouverture d'un centre de location de vélos. Du nom de "Station Lovélo" ce service a ouvert rue Jeanne d'Arc le 4 septembre, avant l'installation de points-relais dans des communes partenaires de l'agglomération. Avec des tarifs attractifs, "Lovélo" a reçu un bel accueil avec 300 réservations en 3 jours !

L'association SABINE (Société Amicale pour la Bicyclette en Normandie et dans la Métropole de Rouen) qui réclamait depuis 7 ans la reprise de ce service salue cette ouverture et évoque "une grande victoire".

Guillaume Grima, co-responsable de l'association SABINE rappelle qu'une offre de vélos en location avait débuté en 2009 (à l'initiative de la CREA, ancien nom de la métropole) avant d'être abandonnée cinq ans plus tard car jugée trop coûteuse (450.000 euros par an).
SABINE regrette le temps perdu et la "perte d'expérience" de la population.

Guillaume Grima note que les vélos qui sont aujourd'hui proposés à la location constituent une "énorme flotte de vélos électriques" et demande qu'on élargisse cette flotte à des vélos mécaniques (moins chers) pour répondre à la demande des personnes qui ont des trajets à effectuer que sur des terrains plats (exemple : entre le rond-point des Bruyères et le musée des Beaux-Arts) et qui n'ont donc pas besoin d'un VAE (vélo à assistance électrique).

Aménagements et infrastructures

Après le service de location de vélos, Nicolas Mayer Rossignol a annoncé que la pratique du vélo sera facilitée par la pérennisation des "coronapistes", la  création de nouvelles pistes cyclables aux entrées de Rouen en direction des communes voisines, l'amélioration de la continuité entre les pistes existantes et l'augmentation du nombre de pancartes de signalisation autorisant aux cyclistes le "tourne à droite" au feu rouge.

Pour éviter le vol des vélos, des parcs fermés seront installés près des habitations et dans les parkings du centre-ville.

Afin de gravir sans peine (et sans transpirer comme un grimpeur du Tour de France dans le Mont Ventoux) les pentes des collines qui entourent Rouen, une expérimentation va débuter pour permettre aux cyclistes de monter à bord des bus avec leur vélo. Avec la TCAR (réseau Astuce) la Métropole va équiper les bus de la ligne F1 (sur le parcours entre Rouen et Isneauville) d'un système d'accroche rapide des vélos. Par ailleurs, Nicolas Mayer-Rossignol a indiqué que "les horaires d’accès des bus aux vélos seront élargis, et le trajet sera gratuit pour le cycliste aux arrêts en montée".

L'association SABINE satisfaite mais regrette le manque de concertation

Les défenseurs de "l’usage du vélo comme moyen de transport idéal pour les courts trajets en ville" sont globalement satisfaits des mesures annoncées par le maire de Rouen. La plupart correspondent en effet à des demandes anciennes et répétées de leur part aux élus locaux.
Mais dans le détail, il reste des points à améliorer explique Guillaume Grima, co-responsable de l'association SABINE (Société Amicale pour la Bicyclette en Normandie et dans la Métropole de Rouen).

Les vélos dans les bus ? "On va suivre cela, mais dommage qu'en 2021 on en soit qu'à une expérimentation" dit-il en expliquant que les membres de son association sont dubitatifs concernant le système d'accroche. Quant aux horaires durant lesquels les vélos sont autorisés dans les bus, Guillaume Grima les jugent insuffisants : "il faut étendre ces horaires en journée, sur les périodes creuses comme par exemple de 10h à midi et de 14h à 16h. Il faut aller plus vite et plus loin et on réclame l'extension des vélos dans les bus sur les autres lignes, notamment sur l'axe des plateaux Est et Ouest".

Le responsable associatif explique que SABINE a des propositions en ce sens "On veut être écoutés" dit-il, regrettant un manque de concertation, en amont, avec la Métropole.

Le projet de parcs fermés pour les vélos est une des revendications de l'association qui répond au réel besoin de ceux qui habitent des logements anciens, aux couloirs étroits et sans local de rangement.  "C'est une bonne nouvelle, mais on réclame des structures couvertes devant les lieux de travail, surtout pour protéger les vélos à assistance électriques sensibles à la pluie".

Quant aux créations de nouvelles pistes, l'association réclame la mise en place d'une charte d'aménagement "pour étudier et valider en amont la faisabilité dans le but d'avoir des pistes bien faites, dans le respect de la sécurité des cyclistes."

Guillaume Grima a aussi salué le développement de la signalisation autorisant le "tourne à droite" des vélos à certains feux rouges. Mais après les nombreux témoignages d'incidents entre cyclistes, policiers, piétons et automobilistes, il souhaite une grande opération de communication sur les nouvelles règles du code de la route et des nouveaux usages du partage de l'espace public car "quand on veut modifier les mobilités, il faut informer".

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