Rouen : la grève de trois mois des transports en commun risque de continuer en janvier 2020

Bus de Rouen à l'arrêt, alignés au dépôt de la TCAR / © Myriam Libert / France Télévisions (image extraite d'une vidéo)
Bus de Rouen à l'arrêt, alignés au dépôt de la TCAR / © Myriam Libert / France Télévisions (image extraite d'une vidéo)

Le préavis de la grève perlée quotidienne allait du 24 septembre au 31 décembre 2019. Mais faute d'avancées, le syndicat majoritaire annonce une très probable reprise du mouvement début janvier
 

Par Richard Plumet

Utiliser les transports en commun pour aller au travail ? 
A Rouen, et comme ailleurs en France, c'est une pratique encouragée par les pouvoirs publics et de nombreuses entreprises. Sauf que depuis la rentrée de septembre, beaucoup ont préféré (re)prendre la voiture pour faire le trajet domicile-travail.  La raison : une grève quotidienne de 55 minutes aux heures de pointe, un jour le matin, un jour le soir.
Ce mouvement social de trois mois  pénalise les clients de la TCAR (compagnie de transports en commun de l'agglomération rouennaise) qui n'ont pas d'autres moyens de locomotion que le bus. Etre obligé de descendre d'un bus qui s'arrête pour près d'une heure et devoir rentrer plus tard chez soi en marchant dans la nuit est la galère que vivent de nombreux salariés de l'agglomération rouennaise, mais aussi des écoliers et des lycéens.
 

Une grève de trois mois… pour rien ?

Les principales revendications portent sur les conditions de travail et les effectifs, notamment ceux des conducteurs. En quelques mois, il est vrai que la charge de travail a augmenté ainsi que l'amplitude horaire. En 2019, la Métropole de Rouen (qui a la compétence de l'organisation des services publics, dont les transports urbains et qui délègue ce service à la TCAR) a en effet décidé la mise en service d'une nouvelle ligne (la T4) et d'horaires plus tardifs, surtout en fin de semaine.

Pour la CGT de la TCAR (syndicat majoritaire), au bout de trois mois de grève et de réunions avec la direction il n'y a toujours pas d'avancées suffisantes :

Non, toujours pas d'avancées au niveau de nos revendications, il n'y a rien qui ressort. Ils proposent, mais pas du tout ce que nous on souhaite et ce que l'ensemble des salariés souhaite.
Ils nous proposent d'embaucher 12 conducteurs ; nous on attend une vingtaine de conducteurs. Le manque d'effectifs génère beaucoup d'absentéisme parce qu'il y a beaucoup d'heures supplémentaires, ce qui fait que les gens sont fatigués et donc ils s'arrêtent. Et en fait, c'est reculer pour mieux sauter…
 
- David Fossati, délégué CGT à la TCAR

 
Rouen : la grève des transports en commun reconduite en 2020 ?
VIDEO : le reportage de Bérangère Dunglas et Myriam Libert (montage : Stéphanie Letournel)
 

Reprise de la grève en janvier 2020 ?

Si la direction de la TCAR indiquait le 30 décembre à la rédaction de France 3 Normandie que les négociations avec les représentants des salariés allaient reprendre "début janvier", du côté de la CGT, la menace de la reconduite de la grève en 2020 est clairement exprimée :   

Nous, on va sonder l'ensemble des salariés qui sont mobilisés aujourd'hui, et on déjà des gens qui nous disent que il faut repartir parce que, bah, on a rien eu par rapport à nos revendications primaires. Donc à partir de ce moment-là, on va écouter les salariés !
A priori cela devrait continuer. Logiquement, c'est fort probable qu'on reparte pour un laps de temps. Sur la même configuration de 55 minutes en alternance matin et après-midi

- David Fossati, délégué CGT à la TCAR


Et la Métropole ? 

Assez peu bavard sur cette grève de trois mois (grève qui, comme les travaux, "la sulfateuse à PV", les manifestations des gilets jaunes et l'incendie de l'usine Lubrizol, a elle aussi pénalisé les commerçants de l'hyper-centre de Rouen en ne donnant pas envie aux clients de venir en centre-ville), Yvon Robert, maire de Rouen, mais également président (depuis septembre 2019) de la métropole rouennaise, va-t-il, comme l'avait déjà fait son prédécesseur Frédéric Sanchez, intervenir dans le conflit qui oppose la direction de la TCAR à ses salariés ?
La Métropole va-t-elle peser dans les négociations, ou du moins, comme en 2015 "appeler au rétablissement du dialogue au sein de la TCAR" pour permettre aux clients des transports en commun (qui continuent de payer) de pouvoir être pris en considération et de cesser enfin d'être pénalisés ?
Cela pourrait être un des vœux formulés pour le Nouvel An…

 

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