Trains entre Paris et la Normandie : Hervé Morin tance la SNCF

"Je constate que pour l'instant, le train, il est en rade !"  Pour le président du conseil régional de Normandie, désormais gestionnaire des lignes normandes, il y a des choses urgentes à faire pour que cesse la galère quotidienne vécue par les navetteurs
 

Rouen le 9 février 2020 : Hervé Morin à bord  d'une des premières rame OMNEO
Rouen le 9 février 2020 : Hervé Morin à bord d'une des premières rame OMNEO © Olivier Flavien / France Télévisions (Image extraite d'une vidéo)
Le sujet est récurrent. La crise est ancienne. La dégradation du niveau de service des trains entre Paris et la Normandie est subie depuis des années par plusieurs dizaines de milliers de Normands qui, chaque jour, vont travailler à Paris.
   

Une réunion d'urgence

Dimanche dernier (9 février 2020) dans la foulée de la présentation à Rouen, devant l'hôtel de Région, d'un exemplaire des nouveaux trains OMNEO, Hervé Morin a organisé une "réunion d'urgence" de près de trois heures avec les responsables régionaux et nationaux de la SNCF pour trouver le plus rapidement possible des solutions et des réponses concrètes à la situation que subissent les Normands.

La SNCF s'engageant à communiquer sur ses propositions ce jeudi.

Les Français de 2020 ne sont pas des moutons. Donc ils sont en droit de savoir ce qui se passe dans une maison qui leur appartient, puisqu'il s'agit d'un service public !
- Hervé Morin, président du conseil régional de Normandie


Une situation "moyenâgeuse"

Il faut bien reconnaître qu'en ce début février, la liste de ce qui ne pas va pas est longue : nouveaux horaires, arrêts supprimés, allongement du temps de trajet, retards, trains supprimés au dernier moment, locomotives et wagons en bout de course et régulièrement en panne, problèmes de maintenance du matériel, travaux d'urgence sur les voies, déficit d'information et de communication en direction des usagers, trains sous dimensionnés et passagers qui voyagent debout, abonnements non remboursés après la grève de décembre, sécurité à bord des trains… Alors que la région de Normandie a lancé en 2016 un "plan Marshall" pour moderniser le transport ferroviaire en Normandie, Hervé Morin tape du poing sur la table :

"On est en droit, en cette période compliquée, de pouvoir dire aux Normands, voilà pourquoi ça marche pas, et voilà ce qu'on va faire durant cette période".
    La livraison et la mise en service, à partir de cette fin février 2020, des premiers trains neufs, achetés par la région ne va pas résoudre les difficultés que vivent au quotidien les "navetteurs". Ceux qui chaque jour doivent prendre le train entre leur domicile en Normandie et leur travail à Paris.
Le ras-le-bol est réel.

En attendant le résultat des deux milliards d'euros d'investissements engagés, ce qui va prendre encore des mois, Hervé Morin se veut optimiste, tout en étant ferme :

Moi, la SNCF m'a vendu un plan de transport qui nous coûte 180 millions d'euros par an. La SNCF m'a dit : "Voilà monsieur Morin, avec vos trains neufs, avec vos investissements sur les voies, voilà ce qu'on va être capable de faire".
J'ai signé, et la SNCF a signé. Et chaque année la Région met 180 millions  d'euros sur la table pour que ça roule.
Il y a donc un moment où il faut que ça roule !"

- Hervé Morin à France 3 Normandie

 
durée de la vidéo: 02 min 27
Trains entre Paris et la Normandie : Hervé Morin tance la SNCF
VIDEO : E. Partouche / O. Flavien
   

Arrêts supprimés

Interrogé sur la question des nouveaux horaires et des arrêts qui ne sont plus desservis (c'est le cas par exemple entre Rouen et Le Havre où des trains ne s'arrêtent plus à Yvetot et à Bréauté-Beuzeville), Hervé Morin a expliqué que ces suppressions étaient soumises à une expérimentation. Et que cette phase d'expérimentation a été perturbée par les grèves de décembre.

Cette question fait donc partie de ce qui doit être amélioré en urgence, d'où l'attente, ce jeudi des propositions de la SNCF.  

Sécurité à bord des trains

Alors qu'il est fréquent, quand les trains sont trop petits et que les voyageurs sont debout dans les allées, que les contrôleurs ne passent pas dans les voitures, ce que le chef de bord annonce parfois dans les haut-parleurs, se pose la question des incivilités ou des violences commises (en toute impunité) par certains durant le trajet.  

Vols, insultes, ou altercations entre voyageurs comme jeudi dernier entre Rouen et Paris quand une navetteuse a eu maille à partir avec trois jeunes des quartiers entrés dans les toilettes pour y fumer un joint. Coups de pieds dans la porte, fumée et odeur de cannabis, insultes, regards menaçants : les trois fumeurs sont finalement sortis pour aller plus loin…

Cet exemple pour rappeler que la proposition faite par des syndicats  de policiers à Hervé Morin, proposition refusée, pourrait être bien utile pour la sécurité à bord des trains normands. De quoi s'agit-il ? De la gratuité accordée aux policiers prenant le train. Une mesure qui existe en Ile-de-France, dans le Grand-Est et en Auvergne : en échange de la gratuité, les policiers s'engagent à intervenir si la situation l'exige.
 
 
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