Violences près de Rouen : avec un gyrophare ils s’amusaient à jouer aux policiers

© France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Didier Meunier
© France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Didier Meunier

Trois jeunes qui "contrôlaient" les voitures croisées dans les rues de Petit-Couronne (Seine-Maritime) ont été pris en chasse et frappés par les occupants d'une BMW. Les agresseurs ont été placés en garde à vue.
 

Par Richard Plumet (avec Maxime Fourrier)

C'est sur Internet que les faux policiers ont trouvé (et acheté) un gyrophare bleu. Une fois reçu, l'appareil a été déballé et vite installé sur le toit d'un petit véhicule utilitaire, du même modèle que celui qui équipe les forces de l'ordre.

Ne restait plus qu'à l'essayer. C'est donc la nuit venue, vers 22h, vendredi dernier, (10 août 2018) que les trois jeunes partent "en patrouille" dans les rues de leur quartier, à Petit-Couronne, à une dizaine de kilomètres au sud de Rouen.


Pris en chasse

Objectif de la mission : croiser puis contrôler les voitures des gens qu'ils connaissent. Un jeu amusant jusqu'au moment où ils croient reconnaître une BMW.

Ils rattrapent la puissante voiture, allument le gyrophare bleu et font signe au conducteur de stopper. La BMW s'arrête. A bord, les cinq occupants se rendent vite compte qu'ils ont affaire à de faux policiers. Et le manège des trois plaisantins n'a pas l'air de les amuser. Plutôt en colère, les "contrôlés" haussent le ton. Prenant peur,  les trois jeunes quittent rapidement les lieux. Mais ils sont pris en chasse.

La BM n'a pas de mal à rattraper le petit utilitaire et à le bloquer un peu plus loin, rue des Docks.
 

Une fracture du crâne

Les trois faux policiers sont extraits sans ménagement de leur véhicule et violemment frappés par les cinq occupants de la voiture contrôlée. Les coups pleuvent. Une des victimes perd connaissance après avoir reçu des coups de poing au visage…

Quand la police et les secours arrivent, appelés par les victimes, les agresseurs sont déjà partis.

Sérieusement blessé, un jeune de 20 ans est emmené par les pompiers au CHU de Rouen. Il souffre d'une fracture du crâne.  Ses deux "collègues" ne sont que légèrement blessés.

La police a ouvert une enquête, menée par la Sûreté urbaine de Rouen.
 

Détention et utilisation interdite

On ne sait pas si ces trois jeunes avaient, en plus de leur gyrophare bleu, d'autres équipements ou signes distinctifs réservés aux forces de l''ordre, comme par exemple, un brassard "police", article que l'on peut voir en vente dans les vitrines de deux magasins de Rouen.

La détention et l'utilisation de "dispositifs spéciaux de signalisation des véhicules d'intervention urgente "   ou de "véhicules d'intérêt général"  est strictement réglementée.

Les contrevenants risquent une amende de 4e classe, la confiscation du matériel et même l'immobilisation du véhicule.
 
Archives- Janvier 2018- Opération de contrôle la nuit par un équipage de Police-Secours de Rouen / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Didier Meunier
Archives- Janvier 2018- Opération de contrôle la nuit par un équipage de Police-Secours de Rouen / © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Didier Meunier


4 suspects interpellés

Le jeudi 16 août, un homme s'est présenté au commissariat pour s'expliquer des faits de violence commis la nuit du 10 août dernier. Trois autres hommes ont également été identifiés. Originaires de Grand-Couronne, âgés entre 18 ans et 23 ans, ils ont tous les quatre été placés en garde à vue

L'enquête, confiée à la sûreté urbaine, devrait déterminée les circonstances exactes et les responsabilités de chacun des suspects. La victime la plus gravement blessée s'était vue prescrire 10 jours d'incapacité totale de travail (ITT).

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