VIDÉO. "Il n'arrive plus à tenir debout." Printemps pluvieux : le lin d'hiver, une victime collatérale

Le printemps a été particulièrement pluvieux cette année. De quoi compliquer l'activité des agriculteurs... Et occasionner quelques dégâts aux cultures, notamment celle du lin d'hiver. Reportage à Auvilliers (Seine-Maritime), entre le pays de Bray et la Picardie.

À 20 ans, Mathias Tréhet, agriculteur à Auvilliers, s'est, comme beaucoup d'exploitants, lancé dans le lin d'hiver. Une culture qu'il a entamée cette année et qui lui permet de pallier les épisodes de sécheresse, qui tendent à réduire les rendements du lin traditionnel. Oui, mais...

Le lin d'hiver a souffert, lui, d'un autre caprice de la météo : celui d'un printemps particulièrement pluvieux.

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Le jeune agriculteur veille au grain sur ses tiges de lin. Semées mi-avril, elles sont cette année déjà très vigoureuses, et dépassent les 30 centimètres de haut. Ce lin, c'est celui de printemps, qui souffre de la sécheresse mais supporte mieux la pluie. "Le lin de printemps a un temps favorable avec de l'humidité et des températures ni trop chaudes, ni trop froides", constate l'exploitant.

La forte pluviométrie a fait "verser" les tiges

À quelque deux kilomètres de là, en revanche, l'état du champ de lin d'hiver est moins réjouissant. Mathias Tréhet en fait pousser pour la première fois sur ces terres calcaires et constate que la plupart des tiges sont à terre.

Elles ont "versé" comme on dit dans le jargon. "Depuis quelques semaines, on a un temps trop pluvieux. À force, le lin d'hiver n'arrive plus à tenir debout."

Le lin d'hiver, c'est un peu jouer au loto. Ça peut verser, ça peut geler.

Mathias Tréhet

à France 3 Normandie

Regardez le reportage de Karima Saïdi et Stéphane L'Hôte :

durée de la vidéo : 00h01mn46s
Le lin victime de la forte pluviométrie. ©France 3 Normandie

Cette variété de lin, plus rémunératrice que le blé ou le colza et plus résistante aux épisodes de sécheresse que le lin traditionnel, met environ huit mois à pousser. Mathias Tréhet l'a semée mi-octobre. Depuis, il est accompagné dans sa démarche par François d'Hubert, un conseiller de la Chambre d'agriculture de Normandie.

"Le lin d’hiver est une réponse intéressante au déficit de pluie et aux printemps toujours plus chauds, plus secs, plus précoces, souligne ce dernier. Avec un cycle décalé, il sera une bonne adaptation au réchauffement climatique."

Celui-ci devra être récolté dans une dizaine de jours. Quant au lin d'été, il faudra attendre début juillet, si la météo n'est pas trop capricieuse d'ici là.

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