Les sports amateurs de plus en plus incompatibles avec l'épidémie de Covid-19 : qui est concerné

Les compétitions de sports d'intérieurs sont en partie stoppées, les sports d'extérieurs sont à peu près maintenus mais jusqu'à quand ? Dans le football amateur, ou le rugby, privés de vestiaires, c'est la grande question. 

Les gestes barrières vont-ils suffire à maintenir le sport accessible ?
Les gestes barrières vont-ils suffire à maintenir le sport accessible ? © NicolasCreach/Maxppp
Le sport c'est la santé, mais en période de coranavirus la vie des clubs et des fédérations est un yoyo permanent. Depuis le déconfinement et l'été, les protocoles sanitaires se sont succédés. Tout le monde y perd son latin.

En gros les sports d'interieur, de gymnase, suspendent à tour de rôle leur compétition. Et les sports d'extérieur maintiennent. Mais c'est en train de bouger.
Pour le moment les entraînement ne subissent pas franchement de coups d'arrêt, rien n'est moins sur pour les jours qui viennent et la rentrée scolaire. Se changer dehors sous la pluie ou dans des mini-bus quand on est "visiteurs" en compétition du week-end, par exemple, c'est dissuasif. 

"A ce rythme là, on va perdre des licenciés c'est sûr ! Pas sûr que tous les parents acceptent de voir les enfants se changer dehors sur les bords de terrains en plein air alors que les températures chutent. Les plus motivés vont rester. Les autres vont abandonner", se désole Thierry Deslandes, président de la Maladrerie Omnisports (MOS), le club de football amateur qui compte le plus grand nombre de licenciés sur l'agglomération caennaise, plus de 700 personnes.

A Caen, il n'y a pas eu de restrictions pour les sportifs professionnels. Dans cette liste on retrouve le Stade Malherbe Caen, le CBC ( basket), le Caen Handball, le TTC ( Tennis de table) et le hockey. 

Des adaptations ont juste été nécessaires, au niveau des horaires, par exemple :

Mais au cas par cas, des fédérations annulent des matchs et des week-ends de compétitions, comme le Handball ci-dessous :
   Les ligues de basketball et de Volleyball ont aussi, en partie, stoppé les compétitions chez les amateurs.


SOS des fédérations


Dans tout le monde du sport, le blues est général. Ce 26 octobre, un "SOS : sport en détresse" a été signé par 95 fédérations sportives.  "Nos compétitions et manifestations programmées ou reprogrammées sont annulées, souvent à la dernière minute et en raison d’une application excessive et injustifiée des mesures sanitaires par les autorités locales. Nos activités sont à l’arrêt dans de nombreux territoires, y compris des zones vertes non soumises au couvre-feu. Les décisions très disparates des Préfectures et des ARS, à situations similaires, tuent le sport à petit feu", déclare cette lettre ouverte au Président Macron.
 

Nous déplorons déjà plus d’un quart d’adhésions en moins, au point que de nombreux clubs se demandent aujourd’hui s’ils pourront passer l’année car plus de 80% d’entre eux, seulement animés par des bénévoles, piliers du sport amateur, restent encore aujourd’hui exclus des dispositifs d’aides prévus au plan de soutien piloté par le Ministère de l’Économie. Nous sommes désemparés aussi car, faut-il encore le rappeler, pratiquer un sport est bon pour la santé et permet de mieux résister face à l’épidémie

Lettre ouverte au Président Macron- SOS de 95 fédérations olympiques

 Pas de foyers, pas de buvettes, pas de vestiaires

Alors que la situation sanitaire peut parfois être différentes sur les territoires, entre l'urbain et le rural, des règles de plus en plus communes s'appliquent.

Les compétitions de jeunes et d'amateurs, le week-end , deviennent compliquées.
Alors que le rugby s'interroge sur l'arrêt ou non de ses compétitions amateurs pour les prochaines semaines et qu'il doit se prononcer ce 27 ocotbre 2020, les ligues de football se posent la même question. Les présidents de Ligue appellent les clubs un par un, pour sonder.
La Fédération Française de football a pour le moment, un seul crédo : continuer tant que le gouvernement ne l'interdit pas. 
"Moi je reste de ceux qui pensent qu'il faut tenir et maintenir un minimum, ne pas s'éteindre complètement. Il faut aussi limiter les risques. Cette semaine à la Mos, mon club de football, il n'y pas d'entraînements pour les plus jeunes, pas de stages, seuls les U18 et les séniors passent au club", précise Thierry Deslandes. "C'est les vacances, on fait une pause. J'espère juste que l'on pourra reprendre lundi et mercredi prochain"
 

Tout arrêter c'est s'enfermer sur soi-même !

Thierry Deslandes, président de la MOS-Caen Maladrerie

En gymnase ou lieux fermés


Jusque là, l'accès aux gymnases, piscines , patinoires, etc ont été maintenus (généralement, car il peut y avoir des exceptions locales) pour les plus jeunes et les entraînements se poursuivent en basketball ou en handball. "Mais tout cela risque de voler en éclat dans les prochaines heures", s'inquiète Arisitide Olivier, adjoint au maire de Caen, chargé des sports. 
Les déclarations du président Macron sont très attendues dans les prochaines heures. 
"On doit voter le 23 novembre, au conseil Municipal de Caen, un plan d'aide aux sports caennais de 600 000 euros mais c'est pour traiter les conséquences de la première vague où tout a été stoppé pendant le confinement. C'est déjà évident que çà ne va pas suffire, vu ce qu'il se profile."

Seul véritable espoir : l'après confinement a suscité bien des envies. Le nombre de licenciés a augmenté dans certaines activités. Dans les clubs d'athlétismes, par exemple, les demandes ont été très soutenues au printemps et pour cette rentrée. Se mettre en mode pause pour quelques semaines, ça ne veut pas dire tout laisser tomber. Il faudra juste se motiver un peu pour reprendre en plein hiver, période déjà peu favorable. 

"Sur 200 licenciés, j'ai eu un symptomatique et 3 positifs mais on m'arrête toutes les compétitions !"

La colère est parfois froide chez les présidents de club qui redoute la mort des clubs et pire encore, une génération à venir "Netflix et Coca-Cola." 
Thomas Lamora, président du Caen Handball ne mâche pas ses mots devant le spectre d'un reconfinement, même partiel, qui se desssine.
"Sur 200 licenciés, j'ai eu un symptomatique qui a été couché trois jours et puis plus rien et trois positifs qui n'ont rien déclaré. Avec les cas contacts, ça m'a obligé à arrêter 70 personnes, pour 10 jours, en septembre. Pourquoi? pour rien car tous ont été testés négatifs. Mon équipe première a , aujourd'hui, le droit de s'entraîner mais pas de jouer. Le Championnat de N1 a été stoppé par la fédération vendredi dernier à 10 heures et on prenait le train pour disputer un match à midi. C'est un truc de dingue qui ne rime plus à rien ! Pire, on nous laisse entendre que tout pourrait s'arrêter à nouveau ?", s'inquiète t-il.
 

Quand je dis ça, je n'oublie pas ceux qui souffrent mais qu'on fasse comme en Suède, au moins pour les sportifs et les gens en bonne santé: on vit normalement et on affronte le virus. En revanche, on ne va pas voir papi et mami ou la tante malade. Et quand il faut porter le masque, on le porte. Mais qu'on nous laisse nous promener et faire du sport ! Mes gars risquent bien plus les week-ends lors des déplacements en minibus, faut arrêter d'avoir peur de la surmortalité chez les jeunes et les sportifs. Ils vont exploser et devenirs fous si on les renferme encore une fois.

Thomas Lamora, président du Caen Handball

Tous attendent les nouvelles directives du gouvernement puis de l'ARS et du Préfet qui suivront le lendemain, non sans crainte sur l'avenir. "Qu'on nous reporte notre calendrier d'un mois c'est pas grave. On peut suspendre tout de suite et reprendre en janvier. Mais qu'on ait un avenir fixe, sinon c'est la déroute." 
 
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