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Emission spéciale “La crise des gilets jaunes en Normandie”

"La crise des gilets jaunes" thème d'un numéro spécial de "Dimanche En Politique", le magazine des rédactions de France 3 Normandie / © France 3
"La crise des gilets jaunes" thème d'un numéro spécial de "Dimanche En Politique", le magazine des rédactions de France 3 Normandie / © France 3

Emission spéciale ce dimanche 9 décembre à 10h50.  Dimanche En Politique revient sur ces trois semaines de mobilisation des gilets jaunes en Normandie et vous donne la parole pour comprendre l’origine du mouvement des gilets jaunes. Témoignages...

Par Olivier Couvreur et Richard Plumet

Depuis plusieurs semaines, l'ensemble du réseau France 3 relaie votre ressenti sur le mouvement des gilets jaunes dans ses éditions d'information ou sur ses réseaux sociaux. Dimanche 9 décembre à 10h50, dans une émission Dimanche En Politique spéciale "Crise des gilets jaunes", nous vous donnons la parole pour comprendre l’origine du mouvement.
 

Dimanche en Politique. Le 9 décembre, émission spéciale "La crise des gilets jaunes" 

Trois semaines après le lancement du mouvement des gilets jaunes en France, la contestation ne faiblit pas et les manifestants semblent plus déterminés que jamais.
Sur le plateau de France 3 Normandie, autour d'Emilie Leconte et Franck Besnier : des représentants des gilets jaunes et des acteurs de la vie économique et politique de notre région.

 VIDEO : le replay de l'émission 
Emission spéciale gilets jaunes en Normandie
"Dimanche En Politique" du 9 décembre 2018


Vers une nouvelle forme de démocratie ?

Cette émission spéciale a été l'occasion d'un riche et franc échange entre gilets jaunes et élus.  Consensus ? Oui quand il est question de faire la différence entre casseurs et gilets jaunes. Accord, encore, un peu plus tard quant à la nécessité de sortir de cette crise.

Député de la 2e circonscription de l'Orne l'élue LR Véronique Louwagie, après avoir rendu hommage aux forces de l'ordre, a évoqué l'évolution du mouvement :

Sur cette semaine, nous avons vécu finalement une situation différente puisque une ouverture a été donnée par le gouvernement et le président de la République. Maintenant il faut sortir de la crise. Il va y avoir une intervention du président de la République demain. Mais là encore il faut que ce soit clair. Que veulent les gilets jaunes ? Une réponse à une vraie injustice fiscale, sociale et territoriale.
Les trois…

 

Une déclaration d'Emmanuel Macron, après tant de jours de silence ? Député LREM de l'Eure, Fabien Gouttefarde en a précisé l'importance, l'enjeu après les entretiens entre gilets jaunes et Edouard Philippe :

Le président de la République, qui n'est pas qu'une personne mais aussi une institution doit être protégé : on met en avant le Premier ministre. Donc le temps de cette prise de parole doit être dans un moment où on a un peu de hauteur sur les choses pour qu'en fait les annonces qui vont être faites soient effectivement fortes et puissantes.
Je pense que le président de la République doit, comme pendant la campagne, retourner la table, doit renverser la table !

 

 


Kévin, un représentant des gilets jaunes présent sur le plateau, assis en face de ces deux élus de la République, a rappelé, qu'après avoir crié dans le désert, le monde politique, et à commencer par le président  de la République, doit prendre en compte les raisons de cette mobilisation :

Les revendications des gilets jaunes il y en a de toutes les sortes, un petit peu partout, c'est ce qui fait un peu le problème de la structuration du mouvement, mais je pense qu'aujourd'hui, très sincèrement, il faut revenir, si on prend l'étymologie de la démocratie, il faut redonner un peu de pouvoir au peuple. Il y a plusieurs possibilités comme le référendum d'initiative citoyenne, mais il faut que le peuple retrouve sa place au niveau des décisions politiques !

 


Un décalage, une incompréhension entre population et élus ? C'est ce qui a été exprimé par Natacha, gilet jaune en milieu rural, présente au rond-point de Mauquenchy en Seine-Maritime :

Je travaille et pourtant j'arrive pas à boucler les fins de mois. Je suis dans la précarité avec des contrats d'un an. Je représente évidemment toute ma catégorie sociale mais aussi les retraités et tous ceux qui n'y arrivent plus : on étouffe ! Et pourtant ça veut pas dire qu'on n'est pas prêts à faire des efforts mais on veut un référendum ! On veut pouvoir être entendus ! Etre représentés réellement.
Les politiques ils sont bien trop longs à nous répondre et lorsqu'ils parlent malheureusement c'est que de la provocation. C'est pour ça que le mouvement continue et qu'on est toujours dans la rue !

 


Comment expliquer cette critique si sévère des "politiques" (élus, partis et institutions) ? Le sociologue Frédéric Neyrat, de l'université de Rouen, a son analyse :

Je crois que face à la crise des gilets jaunes, crise considérée au départ comme très conjoncturelle. le gouvernement a commis beaucoup d'erreurs. Mais ce que cette crise révèle c'est effectivement  la coupure d'une grande partie de la population avec les élites et avec le gouvernement. Il faut rappeler un un certain nombre de déclarations, maladroites, d'Emmanuel Macron, qui sont des formes de mépris social  


Comment réconcilier les citoyens avec la démocratie ? Fabien Gouttefarde, député LREM de l'Eure, admet que les véritables solutions à cette crise passent par la concertation et constate que l'évolution du mouvement des gilets jaunes a un point positif puisque les gens commencent à faire de la politique, à se réapproprier la politique :

Moi j'aime rappeler régulièrement aux gens, par une formule peut-être un peu compliquée, que faire de la politique c'est vouloir les conséquences de ce que l'on veut.

 

Reste à organiser le dialogue entre gilets jaunes et élus et à imaginer des moyens de sortie de crise en entamant, comme l'a souhaité en fin d'émission le gilet jaune Kevin, des négociations et des discussions...
 

  

Vos témoignages


Nous vous remercions d'ailleurs d'avoir fait cette démarche de répondre à nos questions sur Facebook, Twitter ou à travers notre article. Nous avons lu vos commentaires et les avons compilés dans cet article que nous compléterons avec vos nouvelles réactions. Voici ce que vous pensez de cette crise des gilets jaunes en Normandie. 

Quelle est votre urgence, à vous  ? 

Vivre dignement sans être à découvert tous les mois... Les Nantis s'enrichissent, les pauvres s'appauvrissent, et nous, la classe moyenne avec 800 € par mois, on paie, on paie, sans relâche...
Monique Guillemard, Le Havre

L'augmentation du pouvoir d'achat revient dans de nombreux témoignages. C'est ce que souhaitent Estelle L'Ostelier, de Petit Couronne ou encore Eric Maubert, de Herouvillette. Il faut "redonner du pouvoir d'achat et taxer la finance" précise Mady Renouf, de Quettehou. A Yvetot, Ghislaine Delabarre souffre de ce manque d'argent : "étant retraitée je touche 830 euros par mois et j'ai 195 euros de loyer", explique-t-elle. A l'autre bout de la Normandie, Eric Schneider (Cherbourg) souhaiterait "ne pas être à découvert le 20 de chaque mois avec ce que cela comporte comme pénalités". Depuis BayeuxThierry Richer nous écrit que le plus urgent pour lui est "l'augmentation du SMIC".
Pour Nicole Venem, du Havre, ce qui est urgent, c'est d'avoir "une véritable répartition des richesses produites par le travail".  Enfin, Stephens Crepin, qui habite Vernon, cible "le bonheur".

Qu’est ce qui vous a fait revêtir un gilet jaune ? 

À bas les privilèges des nouveaux aristocrates !! On demande toujours des efforts à la classe moyenne, celle qui travaille, qui produit, qui créée les richesses du pays et où va l'argent de ce travail ?

Nicole Venem, Le Havre

L'attitude du président Emmanuel Macron est au centre des critiques. "Il faut que le président respecte les français !" explique Gaby Bertrand, habitant à Léry. Ce qui l'a fait revêtir un gilet jaune ? "Sa vision des Français et sa manière de nous mépriser". Impression similaire chez la havraise Monique Guillemard qui évoque "le ROI dans sa tour d'ivoire, avec tous les privilèges lui incombent, lui, et sa cour de ministres"

On ne nous écoute pas en Province, on nous oublie ! Mais la France et Paris... sans les provinces c'est rien

​​​Jacques Heuzé, Saint-Hilaire-du-Harcouët


Stephens Crepin est quand à lui "Écœuré de la politique «Faites ce que je dit, pas ce que je fait», écœuré aussi des taxes, des impôts non équitables, des conflits d'intérêts, du mépris et de l'arrogance". Le "Il suffit de traverser la rue pour trouver du travail" ne passe pas ! Pour Mady Renouf, c'est "L'injustice sociale et l'impression de ne pas exister" qui lui fait soutenir la mobilisation. L'impression d'abandon est aussi un élément déclencheur.

Sur notre page Facebook, Paul Beaugrand en veut au Chef de l'État pour son manque de vision "à moyen et long terme". "Nous n’avons aucune vision de la politique de Macron à moyen et long terme. On a l’impression que le gouvernement navigue à vue. Alors que Macron donne des leçons à toute la planète nous n’avons aucune politique écologique à terme"


Qu’est ce qui vous redonne(rait) de l’espoir  ?

Un sens commun pour la France, une vraie ligne politico-ecologique basée sur l'économie locale. Ça réduirait l'ensemble des coûts de tout et remettrait l'humain au centre des préoccupations de l'État

Maxime Plet, Caen.

Là encore, Emmanuel Macron est directement pointé du doigt. "Qu'il démissionne ! Et qu'enfin un président digne de se nom soit élu !" s'exclame Gaby Bertrand. "Il ne nous manquera nullement", complète Monique Guillemard, du Havre. "Il ont suffisamment d'argent lui et ses sbires pour vivre heureux sans travailler, ce qui, hélas, n'est pas et ne sera jamais mon cas."
Illona, de Dieppe, souhaiterait que "le président réagisse, qu'il se rende compte que le peuple souffre". Julie Sichet, de Louviers, pense qu'il faudrait "revoir les barèmes des aides sociales, baisser les taxes et rétablir l'impôt sur la fortune". 

Que ceux qui se lèvent pour travailler soient payés a leur juste valeur. C'est nous qui faisons marcher le pays !

Thierry Richer, Bayeux

Autres propos rapportés qui donneraient espoir aux Normands : une "reconnaissance de nos besoins et de notre existence", "un pouvoir décisionnel plus important pour le peuple""une politique nettement engagée sur des problématiques environnementales", mais aussi "plus de transparence et fini la justice à deux vitesses"

Stop au système pyramidal et vive une gouvernance par une assemblée représentative de tous les français (voir proposition du "vote blanc")

Nicole Venem, Le Havre
 

Que les politiques redonnent un sens au mot "égalité" ! On nous dit que les taxes sont les recettes pour subvenir aux dépenses du pays ? Oui c'est évident. Alors que ces dépenses soient égales et que l'on arrête les dépenses somptuaires, les privilèges indécents. On ne peut pas demander aux citoyens de faire des sacrifices alors qu'ils roulent sur l'or et dépensent à tout va.

Claire Dubois, Rouen


En qui pouvez vous avoir confiance pour trouver des solutions ? 

Difficile à dire. Qui est vraiment sincère et honnête ?

Nicole Grof, Montebourg

La majorité des réponses reçues à cette question montre une vraie fracture entre les élus et le peuple. "Je ne sais plus car tous nos politiques ont intérêt à ce que ces privilèges perdurent" pense ainsi Isabelle Georgette, de Rauville-la-Bigot. Benoit Lecouturier, de Trelly, a confiance en "[S]es amis les gilets jaunes". De son côté, Aurelie Lecanu​​​​​​, de Rouen, opterait pour "un collectif citoyen, mais pas de politiques". Enfin, Éric Maubert ou Julie Sichet sont assez pessimistes et pensent ne pouvoir faire confiance "en personne". Sur Facebook, Bernadete Viaud, 67 ans, a le même avis : "Le problème est tout ce monde politique !!!!! [...] Tous corrompu tous menteurs, de belles paroles sans résultats. Le pire est Macron une anomalie du système"
 

Violences : la fin justifie-t-elle les moyens ?

À force de ne pas être écouté, de ne pas se sentir respecté, la colère grimpe.

Thierry Richer, Bayeux

À cette question de savoir si la fin justifie les moyens, les avis sont tranchés. "Non mais malheureusement mai 68, la révolution.. ont démontré le contraire", écrit Stephens Crepin (Vernon). "Non c'est inadmissible", pense Ghislaine Delabarre (Yvetot). Même avis pour Isabelle Georgette (Rauville-la-Bigot), "mais elle suis l'indifférence du pouvoir". Nicole Venem (Le Havre) développe : "Non... Mais elle n'est que l'expression de l'exaspération et la réaction notre gouvernance "rouleau compresseur" qui nous demande toujours plus d'effort tout en vivant dans un luxe inouï avec NOTRE argent". "Le président est le seul responsable de cette violence. Je suis contre la violence mais s'il avait réagi plus tôt nous n'en serions pas là." s'insurge Illona (Dieppe).

Malheureusement on nous a enlevé aussi le sens de la "fraternité".

Pour Jacques Heuzé, cette violence est nécessaire. "car c'est le seul moyen de se faire entendre". Pour Claire Dubois (Rouen), en revanche, "la violence ne fait qu'aveugler tout raisonnement constructif. Mais malheureusement on nous a enlevé aussi le sens de la "fraternité". Il faut retrouver nos valeurs et pour ça il faut comprendre et vite ce qu'est un citoyen et son rôle primordial au sein de la société", nous écrit-elle.

Vous souhaitez réagir ? répondre à ces questions ? C'est par ici...

 

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