Troisième vague et nouveau report des élections régionales à la rentrée de Septembre ? Les réactions en Normandie

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Écrit par Alexandra Huctin
Photo d'illustration-Aux beaux jours, la troisième vague sera t-elle derrière nous? C'est maintenant que ça se décide pour maintenir, ou non, les élections régionales et départementales en juin prochain.
Photo d'illustration-Aux beaux jours, la troisième vague sera t-elle derrière nous? C'est maintenant que ça se décide pour maintenir, ou non, les élections régionales et départementales en juin prochain. © Darek Szuster/Maxppp

Hervé Morin, le Président de la Région Normandie, candidat à sa réélection, signe dans Le Figaro une tribune contre le report du scrutin prévu en Juin. Qu'en pensent les autres candidats normands? Une campagne difficile, une prime au sortant exacerbée, le numérique pour les sauver ? 

Dans un monde sans Covid-19, les élections régionales auraient dû se tenir en mars 2021. On aurait même eu le deuxième tour ce dimanche. Et la Normandie aurait renouvelé (ou pas) sa confiance au premier Président de la reunification (depuis 2015), le centriste Hervé Morin. 

Les sondages le donnent vainqueur, réelu de justesse avec une gauche qui part désunie et un Rassemblement National qui le devance, au premier tour.

Mais voilà, la crise sanitaire a tout bouleversé, là aussi. Et les élections ont été reportées cet été, de mars à juin 2021. Mais vu le contexte actuel et la troisième vague qui sévit, un deuxième changement de calendrier est en discussion. 

A peine 3 mois de campagne avec la troisième vague ?

Les deux tours sont prévus pour le moment les 13 et 20 juin prochain, mêlant régionales et élections départementales. Il reste donc à peine trois mois pour tenir une campagne, dans la troisième vague. Comment mener campagne pendant le confinement et les électeurs sont-ils réceptifs ? 

Voilà pourquoi des questions se posent dans l'exécutif. Tout le monde a encore en tête le désastre du premier tour des Municipales, la veille du confinement. 

La loi qui a acté le report des régionales de mars à juin prochain a prévu plusieurs clauses permettant de les reculer à nouveau dans le contexte sanitaire : ainsi un avis du conseil scientifique est prévu au plus tard le 1er avril  2021, permettant d’évaluer les risques sanitaires.

D'ici une dizaine de jours, l'Elysée devra donc trancher, dans un contexte sanitaire qui se dégrade.

Depuis mars 2020, 12 pays de l’Union européenne ont tenu des élections, sans compter la Suisse, qui a organisé des élections cantonales et trois référendums.

Hervé Morin et 9 autres président de Régions dans une tribune du Figaro

Dix présidents de Regions françaises s'adressent au gouvernement dans une tribune publiée par Le Figaro, sur son site internet.  On y retrouve le centriste Hervé Morin mais aussi des élus LR et socialistes

"Le gouvernement (...) pense-t-il qu’il ne sera pas possible d’organiser des élections au mois de juin prochain ? Ce serait faire preuve d’un pessimisme étonnant sur l’évolution de la situation sanitaire compte tenu des mesures annoncées et contradictoires avec l’optimisme affiché au plus haut sommet de l’État. Nous savons qu’il est possible d’organiser les opérations de vote dans le cadre d’un protocole sanitaire très sûr."

La majorité des candidats normands approuvent le calendrier actuel

Contactés par téléphone, les candidats déjà déclarés dans cette élection régionale sont très majoritairement opposés à un report de ce scrutin. Ils sont dans la course et entendent en découdre en juin, dans les urnes. Ainsi, à gauche, le communiste Sébastien Jumel se range, pour une fois sans hésiter, du côté du centriste Hervé Morin. 

La démocratie est déjà confinée par un Président de la République solitaire qui décide de tout tout seul et qui s'essuie les pieds sur le Parlement. Emmanuel Macron a peur d'être sanctionné. Mais la France doit pouvoir respirer et s'exprimer par le vote au mois de juin. Les français doivent pouvoir rester maîtres de leur destin. Il est urgent d'accélérer la vaccination et de préserver la démocratie et le vote.

Sébastien Jumel, candidat communiste à la Présidence de la Normandie

 

Un élan pour le oui que partage, à gauche, l'autre candidate déclarée très tôt, l'écologiste Laetitia Sanchez. "Il faut faire un choix politique et pas sanitaire", affirme celle qui pourrait bien être l'une des surprises de ce scrutin, pour EELV.

Sur le temps de la campagne c'est à chaque candidat(e) de gérer en responsabilité, concernant le jour du vote c'est au Préfet. Les USA et l'Allemagne ont pu faire des élections récemment. Il semble incohérent de dire, d'un côté, ça ira mieux dans quatre semaines et de l'autre, que nous serions en incapacité de tenir des élections en juin. Si on peut travailler, on doit pouvoir voter.

Laetitia Sanchez, première candidature pour la présidence de la Normandie, EELV

Une campagne qui devra donc être numérique ? 

On n'est plus  à une avancée supplémentaire du virtuel. Tous les télétravailleurs s'habituent aux tables de réunions virtuelles, il en va de même pour les meetings. Peut-être même que cette vision des choses est plus "écologique" : plus besoin de parcourir des milliers de kilomètres, ni pour les uns, ni pour les autres. 

"On peut faire une campagne différemment en ligne. Cela amène d'autres publics et les "curieux et curieuses" peuvent venir faire un tour sur une visioconférence alors qu'ils (ou elles) ne viendraient pas à un rendez-vous en physique. Nous pouvons ainsi mener nos campagnes de manière créative et nous adresser aux très nombreuses personnes qui s'éveillent à l'écologie", raconte la candidate d'EELV. 

Une vision que ne partage pas du tout l'autre femme de cette campagne pour la Normandie, Nathalie Goulet, sénatrice de l'Orne et candidate UDI pour la présidence de la Normandie. "Qu'on ne me dise pas que le numérique peut tout révolutionner, ça me fait doucement rire et tout ça me met en colère."

Nathalie Goulet a ouvert ses comptes de campagne en septembre et a déjà parcouru 40 000 kilomètres avec ses co-listiers. Reconnaissant qu'il est très difficile d'intéresser les gens sur les marchés, elle va au contact avec les normands et fulmine de voir le Président sortant communiquer à tout va dans ses opérations régionales quotidiennes.

C'est normal qu'il y ait une prime au sortant mais là c'est exacerbé à cause du contexte sanitaire. Il est partout. On ne va quand même pas aller dans les départements confinés sur le marché pour cette campagne ? Moi j'en ai deux ( Eure et Seine-Maritime) sur cinq et ça peut encore évoluer. Les gens vont nous demander ce qu'on fait là, à vouloir les approcher et leur parler et ils auront raison. Le tout mêlé à une campagne qui n'a rien d'équitable comparée au sortant, il faut repousser à Septembre. Je vais dans ce sens au Sénat.

Nathalie Goulet, candidate UDI pour la Normandie

 

Une proposition de loi est en préparation de son côté. "L'improvisation, la panique et les erreurs, ça suffit. Nous les politiques de quoi on a l'air ? ", lâche Nathalie Goulet très remontée par cette nouvelle polémique. 

Hervé Morin était pour un report, il y a quelques mois

Celui qui est annoncé comme le trouble fête d'une réélection supposée d'Hervé Morin, Nicolas Bay, pour le Rassemblement National, entre justement en campagne ce lundi 22 mars. Ces élections, pour lui aussi ça ne fait aucun doute, doivent être maintenues fin juin.

Oui je suis d'accord avec le fait que ces élections régionales et départementales doivent se tenir en juin. Je note cependant un revirement de la part d'Hervé Morin puisqu'en séance plénière du Conseil Régional, il y a près d'un an, il ne fermait pas la porte à la volonté de Macron de repousser les régionales à post 2022, à conditions que cela soit accompagné de nouveaux transferts de compétences et de moyens pour la Région.

Nicolas Bay, Rassemblement National, tête de liste Normandie

En effet, Hervé Morin, après le fiasco des municipales et de leur premier tour, vantait la stabilité avec un report des régionales après la Présidentielle. En échange, il demandait à Emmanuel Macron de laisser les Régions gérer "la Santé". 

Il s'est dit opposé aussi au vote par correspondance, en octobre dernier. C'est l'une des alternatives ou solution complémentaire proposée actuellement au Président Macron en pleine réflexion. 

D'ici une dizaine de jours l'exécutif devrait prendre sa décision.

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