Une météo cauchemardesque pour les agriculteurs : "On a l'impression qu'on n'est jamais sortis de l'hiver"

La Normandie a connu un excès des précipitations pluvieuses de 60% en mai. En raison de ces fortes pluies et d'un climat froid, les récoltes sont mauvaises à l'approche de l'été, mettant des agriculteurs en difficulté.

Les mois de mai et juin 2024 ont été marqués par une pluviométrie nettement excédentaire en France, et particulièrement en Normandie, alors que l'ensoleillement était en berne. "Des passages pluvio-orageux parfois virulents se sont produits, notamment sur la moitié nord du pays (...) et particulièrement sur le sud de la Normandie", note l'Office international de l'eau (OiEau) dans son bulletin sur la situation hydrologique publié le 10 juin.

En moyenne, sur le pays, la pluviométrie a été excédentaire de 60%. Pour les agriculteurs, ce printemps pluvieux et froid est cauchemardesque. "Les légumes d'été ne poussent pas et on ne peut pas planter", témoigne Anthony Lafont, maraîcher à La Loupe, à la frontière entre l'Orne et l'Eure-et-Loire.

Tomates vertes

L’absence de chaleur et l’excès d’humidité mettent en danger une grande partie de sa production. "On a l'impression qu'on n'est jamais sortis de l'hiver", témoigne l'exploitant, qui emploie six personnes. Avec 600 millimètres d'eau tombés depuis janvier, "on aura bientôt eu la pluviométrie annuelle", énonce l'agriculteur. En 2020, le mois de mai avait connu 300 heures d'ensoleillement, contre seulement 200 cette année, indique Météo-France.

Alors, sous les serres, les tomates cœur-de-bœuf sont encore vertes. Leur période de récolte doit pourtant commencer fin juin, pour éviter la pourriture. Ces plants sont donc condamnés, annonce Anthony Lafont, qui abonde : "C'est une culture qui est foutue, une parmi tant d'autres". Dans son exploitation, ouverte depuis quinze ans, il fait pousser une quarantaine de légumes différents.

Plus loin, ses plants d'épinards ont aussi tardé et sont montés en fleurs. "C'est invendable", commente le maraîcher. "On ne peut plus rien anticiper. On prévoit, mais on se rend compte que ce ne sont pas des cultures qui vont forcément réussir". Et la météo défavorable favorise les parasites et les maladies, dont on voit les signes sur certaines feuilles.

Fragilité économique

Cette situation est très fragilisante pour une ferme qui emploie des salariés et doit alors puiser dans sa trésorerie pour passer l'été. "On a avancé le prix de toutes nos fournitures de l'année. Si ça continue avec un climat comme ça, ça va être compliqué, très compliqué", s'inquiète-t-il. "Déjà l'année dernière, on n'a récolté qu'une pauvre partie des plants", se rappelle l'agriculteur.

En maraîchage, impossible de se dispenser de salariés. "Rien que mettre un filet tout seul, ça oblige à y passer dix fois plus de temps qu'à deux. Me retrouver tout seul du jour au lendemain, c'est pas possible", explique Anthony Lafont.

Seul espoir : quelques légumes d'été, des aubergines notamment, plantés récemment et qui pourraient arriver à maturité, à condition que le climat soit clément.

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