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Vidéo : 2 minutes pour comprendre comment les Français résistent à l’occupation allemande

Jean Moulin est chargé d'unifier les groupes de résistance français. / © France 3 Normandie
Jean Moulin est chargé d'unifier les groupes de résistance français. / © France 3 Normandie

Comment les Français résistent-ils aux Nazis et à l'occupation allemande ? Pour le 75ème anniversaire du Débarquement de Normandie, des vidéos expliquent la Seconde guerre mondiale aux enfants. L’occasion de faire une piqûre de rappel aux adultes...

Par Pauline Comte

Les Français se sentent humiliés. Ils n’acceptent pas la défaite. L’armée allemande a vaincu l’armée française en juin 1940.
Le gouvernement français du Maréchal Pétain collabore avec les Nazis, qui imposent leurs décisions. Mais, certains Français refusent de se soumettre. Ils décident de résister.
 

Comment les Français résistent-ils à l'occupation nazie ?

Appel à la résistance

Le 18 juin 1940, le général Charles De Gaulle prononce un discours depuis Londres. Sur les ondes de la radio anglaise BBC, il appelle les Français à continuer la lutte et à résister à l’occupant allemand.

Il existe plusieurs versions de l’appel du général rebelle. La première diffusion originelle n’a pas été enregistrée. C’est une version remodelée à la demande de l’Anglais Winston Churchill qui a été diffusée le 18 juin, afin d’atténuer les critiques contre le gouvernement Pétain.
 
La même année, De Gaulle confie une mission capitale à Jean Moulin. Il lui demande d’unifier les mouvements de résistance français pour gagner en efficacité. Jean Moulin - dont le pseudonyme est Max ou Rex - prend la tête du Conseil national de résistance, créé en 1943. La première réunion a lieu le 27 mai 1943.

Comme beaucoup de résistants, Jean Moulin est arrêté par les Allemands, le 21 juin 1943. Malgré les tortures infligées par les Nazis, il ne révèle rien. Il meurt le 8 juillet dans le train qui le conduit en Allemagne.
 

Du maquis à la résistance civile

Les rebelles qui ont pris le maquis, multiplient les actions pour gêner les Nazis. Ils s’organisent pour attaquer directement l’armée allemande et sabotent les voies de chemin de fer.

Certains Français résistent à leur façon en cachant des familles juives, recherchées pour être déportées dans des camps d’extermination.

D’autres, résistent au quotidien. Sans appartenir à un réseau organisé, ils s’opposent aux Allemands. Au cinéma, des spectateurs sifflent la propagande allemande diffusée pendant les actualités dites officielles. Certains osent se promener avec une cocarde tricolore, le 14 juillet, jour de la fête nationale. Le 11 novembre, des Français célèbrent l’armistice de la Première guerre mondiale et la défaite allemande. Ils déposent des fleurs au pied de monuments aux morts. Ces actes de résistance civile mènent parfois à la déportation dans des camps.
 


Résistance culturelle

Au théâtre, la censure est omniprésente. Les textes sont surveillés et coupés. Même si certains artistes - comme le metteur en scène Sacha Guitry - collaborent avec les Allemands, d'autres choisissent de résister. Des dramaturges contournent la censure en se réfugiant en zone libre ou en quittant la France. Des comédiens comme Line Renaud et Maurice Chevalier s’exilent aux Etats-Unis. Louis Jouvet engage, quant à lui, une tournée en Amérique du Sud.

Pour maintenir les consciences des Français en éveil, des artistes refusent d’obéir à l’Occupant. A Paris, la pièce Renaud et Armide de Jean Cocteau « ne plaît pas aux Allemands, qui veulent l’interdire. C’est sous la pression de l’opinion publique que cette pièce continue d’être jouée à Paris », explique l’historienne Vanina Briere. Le comédien Jean Marais qui incarne un personnage de la pièce, devient une figure de la résistance culturelle. « Il accepte de continuer à jouer contre l’avis des Allemands », insiste Vanina Briere.

« Continuer à jouer au théâtre est une manière de faire passer des messages à travers l'art et c’est une forme de résistance », indique l’historienne Vanina Brière.


L’artiste noire américaine Joséphine Baker se fait remarquer pour son show avec une ceinture de bananes autour de la taille. Mais c’est aussi pour ces actes de résistance qu’elle est aujourd'hui connue. En tournée en Afrique du Nord, elle parvient à « obtenir des confidences des Allemands », qu’elle transmettait à la résistance, raconte Vanina Brière. Elle profite des partitions de ses musiciens pour y glisser « des plans et des messages ».

Les Allemands ont aussi mis la main sur les médias français et s’en servent pour faire leur propagande. La résistance passe alors par la diffusion de journaux et de livres clandestins.

Les Editions de Minuit voient le jour. 24 livres sont écrits, imprimés, édités et diffusés clandestinement par cette maison d’édition pendant l’Occupation. Le livre Le Silence de la mer de Jean Bruller - signé sous son nom de résistant Vercors - a été écrit dans la clandestinité en 1941. Comme un éloge à la liberté, il incite les Français à ne pas se laisser séduire par l’Occupant.
 

Plus de détails sur la résistance culturelle avec l'historienne Vanina Brière :


 

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