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Vidéo : 2 minutes pour comprendre comment les Français vivent sous l’Occupation

Des tickets de rationnement limitent l’achat des produits de première nécessité pendant l'Occupation. / © France 3 Normandie
Des tickets de rationnement limitent l’achat des produits de première nécessité pendant l'Occupation. / © France 3 Normandie

A quoi ressemble la vie quotidienne sous l’occupation allemande ? Pour le 75ème anniversaire du Débarquement de Normandie, des vidéos expliquent la Seconde guerre mondiale aux enfants. L’occasion de faire une piqûre de rappel aux adultes...

Par Pauline Comte

« N’attendez pas inutilement », « pas d’œufs, ni lapins, ni volailles », « Pas de chocolat ». Ce sont les phrases affichées sur les vitrines des commerces pendant l’occupation allemande.

A partir de 1940, la France est occupée par l’Allemagne nazie et les Français manquent de tout. Pour contourner les restrictions alimentaires et vestimentaires, les idées sont nombreuses.
 

Comment vit-on sous l'Occupation ?



Des usines ont été détruites pendant l’invasion allemande et les troupes d’Adolf Hitler pillent les productions françaises. Dans les fermes, les tracteurs ne peuvent pas fonctionner en raison du manque de carburant.
 
 

Le pain se déguste « en tranches minces »

Les produits de premières nécessités - comme le pain, la viande, l’huile, le sucre - sont donc difficiles à trouver. Les files d’attente s’allongent devant les magasins de ravitaillement. Pour acheter à manger, il faut présenter des tickets de rationnement. Ces tickets limitent l’achat de produits disponibles. Les restrictions varient selon l’âge, le sexe et l’activité professionnelle.

Des conseils sont prodigués aux Français pour économiser la nourriture. A travers des affiches, la Croix-Rouge suggère de « coup[er] [le pain] en tranches minces et de gard[er] toutes les croûtes pour les soupes ».
 

Autre astuce : les graines de café sont remplacées par des glands. Ces produits de remplacement sont appelés « Ersatz ».

En parallèle, le marché noir se développe. Le film La Traversée de Paris (1956), de Claude Autant-Lara, illustre cette pratique. Deux personnages joués par les acteurs Bourvil et Jean Gabin, sont chargés de transporter des valises dans les rues de Paris, sans se faire remarquer par les soldats allemands. La raison ? Elles sont remplies d’un cochon découpé en morceaux.
 

Faire du neuf avec du vieux

Les pénuries s’appliquent aussi aux vêtements et aux matières textiles. Pendant les quatre années d’occupation, les ménagères trouvent des solutions en écoutant la radio et dans la presse féminine, pour faire du neuf avec du vieux.
 

« Il se met en place un vaste système de recyclage », commente Céline Mallet, enseignante en Histoire de mode à l’école Duperré de Paris.


L’heure est à la récupération et à la débrouillardise. Les femmes passent au système D. « La toile d’un fauteuil, un vieux rideau, la laine d’un matelas… les femmes réutilisent tous les textiles mobiliers pour retailler et repatronner un manteau ou une robe », explique la professeure en Histoire de mode Céline Mallet.

Pour remplacer les bas de soie – élément luxueux indispensable à la garde-robe féminine - les Françaises se brunissent les jambes à l’aide d’une lotion et parfois de marc de café. Et pour parfaire l’illusion, elles dessinent la couture au crayon noir.

La chaussure à talon compensé voit le jour pendant cette période de rigueur. Pour remplacer le cuir, les semelles sont fabriquées dans des matériaux moins coûteux comme le bois ou le liège. « On compense dans tous les sens du terme », relève Céline Mallet. « Le matériau utilisé sera plus pauvre, plus léger mais les femmes peuvent quand même se surélever, comme un signe de coquetterie », précise-t-elle.
 

Une mode féminine plus pratique et plus masculine

Robes droites, jupes plus courtes, jupes culottes. Pendant la Seconde guerre mondiale, les formes du vestiaire féminin se réduisent. « L’allure globale des femmes devient plus pratique », souligne Céline Mallet.

Les poches se multiplient et le sac à main disparaît au profit de la sacoche et du sac en bandoulière. Ces contenants plus fonctionnels permettent aux femmes d’avoir les mains libres, notamment pour circuler à bicyclette.

Dans le cadre civil, les femmes remplacent les hommes mobilisés au front. Ces nouvelles activités se traduisent dans la mode féminine. Les femmes se masculinisent en arborant des tailleurs aux épaules rembourrées comme pour « affirmer leur nouvelle carrure », remarque Céline Mallet.
 

Plus de détails sur la mode féminine sous l'Occupation avec l'enseignante en Histoire de mode Céline Mallet :

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