Nouvelles régions : des caractéristiques démographiques et économiques plus homogènes

© Maxppp/BERTRAND BECHARD
© Maxppp/BERTRAND BECHARD

L’Insee présente pour la première fois des données et analyses sur la population, l’emploi, les conditions de vie et les entreprises dans les nouvelles régions. 

Par D.L.+S.A+J.B.

Ces données sont issues de l'ouvrage "La France et ses territoires", une nouveauté dans la collection Insee Références;

En voici quelques extraits sur deux thèmes importants : la démographie et le PIB

Des caractéristiques démographiques plus proches

La réforme territoriale réduit le nombre de régions de 27 à 18 (y compris DOM).
Le nouveau découpage retenu tend à rapprocher les nouvelles régions en termes de population, de produit intérieur brut ou de répartition des activités économiques.
Les nouvelles régions atteignent par ailleurs des niveaux de population importants, comparables à leurs voisines européennes.

Les nouveaux ensembles ont des caractéristiques démographiques plus proches Les nouvelles régions continentales comporteront toutes plus de 2 millions d’habitants.
Derrière les plus grosses régions que sont l’Île-de-France (11,9 millions d’habitants en 2011) et Rhône- Alpes fusionnée avec l’Auvergne (7,6 millions), on distingue 2 groupes homogènes en population :
  • cinq régions de taille intermédiaire, comportant chacune cinq à six millions d’habitants : Nord-Pas-de-Calais Picardie, Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Languedoc Roussillon Midi-Pyrénées et la grande région Est, Alsace Champagne-Ardenne Lorraine, qui dépassent légèrement, en nombre d’habitants, la région Provence - Alpes-Côte d’Azur.

  • cinq régions, de deux à quatre millions d’habitants chacune : Bretagne, Pays de la Loire, Normandie, ainsi que Centre-Val de Loire et l’ensemble Bourgogne Franche Comté.

Avant la réforme, les différences étaient beaucoup plus importantes, de 0,7 million habitants dans le Limousin à 11,9 millions pour l’Île-de-France et 6,4 millions pour  Rhône-Alpes. La Corse, seule région métropolitaine non continentale, compte seulement 314 000 habitants en 2011.
Population des régions avant et après la réforme territoriale (chiffres 2011) | Create infographics

La fusion de régions tend à diminuer les différences par un effet de moyenne.
Ainsi, des régions densément peuplées fusionnent avec des régions qui le sont nettement moins : c’est le cas du Nord- Pas-de-Calais avec la Picardie, de l’Alsace avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne ou de Rhône- Alpes avec l’Auvergne.
Les régions dont les populations sont les plus âgées fusionnent avec des régions dont le vieillissement est moins marqué : le Limousin et Poitou-Charentes avec l’Aquitaine, l’Auvergne avec Rhône-Alpes.

Certaines disparités territoriales subsistent toutefois, avec des oppositions géographiques toujours importantes. La population des régions du Nord et de l’Est augmente moins fortement que la moyenne française et elle reste plus jeune. À l’inverse, la population des régions du Sud et de l’Ouest augmente et vieillit plus vite.

Globalement, les régions du Nord et de l’Est doivent leur croissance démographique à l’excédent des naissances sur les décès, tandis que le solde migratoire (entrants - sortants du territoire) y est négatif. C’est le cas du Nord-Pas-de-Calais Picardie et de l’Alsace Champagne- Ardenne Lorraine.

En revanche, les régions du pourtour méditerranéen et de l’ouest de la France sont particulièrement attractives et gagnent des habitants grâce au solde migratoire. C’est le cas pour la nouvelle région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées, où le solde apparent des entrées/sorties est le plus dynamique de France métropolitaine. Il est également élevé en Aquitaine Limousin Poitou-Charentes.

Des nouvelles régions économiquement un peu plus ressemblantes

En dehors de l’Île-de-France (29,8 % du PIB national), six nouvelles régions concentrent près de la moitié du PIB national (y compris DOM)
Selon les chiffres de 2012, le PIB de l’ensemble Auvergne Rhône-Alpes représente 11,4 % du PIB national alors que Rhône-Alpes seule en représente déjà 9,7 %.

Suivent ensuite cinq nouvelles régions qui représentent chacune environ 7% du PIB de la France : Aquitaine Limousin Poitou-Charentes, Nord- Pas-de-Calais Picardie, Provence - Alpes - Côte d’Azur, Languedoc-Roussillon Midi Pyrénées et Alsace Champagne-Ardenne Lorraine.

Dans la carte actuelle des régions, seule Provence - Alpes - Côte d’Azur est dans ce cas. Le PIB de ces six grandes régions (y compris Auvergne Rhône-Alpes) représente près de la moitié du PIB national (47,7 %).

Des régions présentant un PIB par habitant supérieur à la moyenne sont regroupées avec des régions où le PIB par habitant est en deçà de la moyenne.
La nouvelle carte des régions réduit ainsi la dispersion des PIB par habitant : hors Île-de-France et Corse, on passe ainsi d’un intervalle autour de la moyenne de + 15,6 % à - 13,9 % à seulement + 11,7 % à – 8,4 %.

La hausse des PIB régionaux en volume au cours de la période 1990-2012 fait apparaître cinq groupes pour les nouvelles régions (voir carte). Les régions du Sud et de l’Ouest affichent des évolutions de PIB plus favorables alors que pour les régions situées à l’Est et au Nord s’en sortent bien au cours de la même période.

Taux de croissance annuel moyen du PIB en volume entre 1900 et 2012

 / © ftv (source INSEE)
/ © ftv (source INSEE)

Sur le même sujet

Limoges : cinq nouvelles rames pour la liaison SNCF avec Bordeaux

Les + Lus