Apiculture : bonne nouvelle, pendant le confinement les abeilles ont fait leur miel !

L’Union Nationale de l’Apiculture Française vient de dévoiler les premières tendances de la récolte 2020, et les résultats sont plutôt encourageants. Les zonzonnantes ouvrières ont bénéficié d'un hivernage et d'un printemps favorables

Les abeilles sont en nombre, et les fleurs aussi cet été... ça tombe bien !
Les abeilles sont en nombre, et les fleurs aussi cet été... ça tombe bien ! © France 3 Périgords - Pascal Faiseaux
Les premières tendances printanières dans les ruches françaises donnent des ailes aux apiculteurs. Sauf exception, la sortie de l'hivernage semble s'être plutôt bien passée.
Tendance désormais installée : l'hiver particulièrement doux a favorisé un développement de la végétation et des colonies particulièrement précoces. "Bien plus tôt que d'habitude" précise l'Unaf.  Ainsi, les premières récoltes "toutes fleurs" de printemps,ou de colza ont été bonnes, voire très bonnes selon les endroits. 

Miel de saison : fin de l'acacia terminé, arrivée des ronces avant les châtaigners !

Dans le sud-ouest, à peine débutée, la miellée d'acacia est quasiment achevée. La météo n'a pas été propice à la floraison de ces arbres. En revanche, parfois avec 3 semaines d'avance, les ronces commencent déjà à alimenter les ruches, avant que ne débute la saison des châtaigners.

En ce moment, je récolte le miel de pissenlit, et j’en ai 2 fois plus que l’an dernier !

Yves Delaunay, apiculteur corrézien, a aussi le sourire. « Pour l’instant, on peut parler de bonne saison. En ce moment, je récolte le miel de pissenlit, et j’en ai 2 fois plus que l’an dernier, les conditions météo sont excellentes, l’hiver a été doux, avec de fortes réserves de miel et de pollen. J’ai transhumé pour l’acacia qui est en pleine fleur. Le temps est là, les colonies sont belles. »
 
Une abeille au printemps sur une fleur de tulipier de Virginie
Une abeille au printemps sur une fleur de tulipier de Virginie © France 3 Périgords - Pascal Faiseaux


Les petites noires n'ont même pas eu le temps d'hiberner !  Daniel Dumonteuil, Rucher du Périgord.

Pour Daniel Dumonteuil, Président du Rucher du Périgord qui forme chaque année une centaine de nouveaux apiculteurs, il faut rester prudent. Car un hiver trop doux n'apporte pas que du bon. Si ses adhérents confirment bien l'abondance de la miellée de printemps, la douceur... est un peu trop douce. Les abeilles locales, les "petites noires", habituées aux rigueurs climatiques, ont un cycle qui leur permet le repos pendant les grands froids. Or, de grands froids, on n'en a guère connu cet hiver. Conséquence, les ruches s'activent sans s'être vraiment reposées, tout comme la végétation.

La douceur précoce bloque les pontes

Conséquence de la douceur, les essaimages ont débuté avec pratiquement trois semaines d'avance par rapport à l'an dernier. Les reines risquent donc de bloquer leur ponte trop tôt. Daniel Dumonteuil constate le phénomène de plus en plus fréquemment depuis quelques années. Les couvains (oeufs et larves d'abeilles) arrivent désormais en janvier, beaucoup trop tôt.

Varroa Destructor !

Ne confondez pas le Varroa et le Varois. Contrairement au Varois, habitant du Var, le Varroa, acarien parasite, n'apprécie que modérément l'excès de chaleur. C'est d'ailleurs l'un des rares moyen de combattre ce bestiau auquel on ne connaît guère de prédateur naturel.
Le Varroa est l'ennemi juré des ruches... et des apiculteurs. Plus encore que le tristement célèbre frelon asiatique dont Daniel Dumonteuil, un brin fataliste, admet "qu'il va falloir vivre avec".
Le Varroa, originaire de l'Asie du Sud-est ressemble à un petit crabe, qui du haut de ses 1,5 mm, ravage les colonies d'abeilles françaises depuis qu'il a transité depuis l'Allemagne en 1982. Et ce n'est pas pour rien qu'il porte un nom digne d'un Pokemon, le Varroa Destructor. Et de plus, il s'adapte aux traitements (que peu d'apiculteurs souhaitent utiliser par ailleurs).

Bon, mais cela est une autre histoire. En attendant les abeilles butinent, butinent, et butinent encore. Nous aurons du miel local cette année. Bonne nouvelle.
Les miels de saison : autant de miels que de fleurs !
Le miel de printemps (dénomination commerciale, c’est un miel produit majoritairement à partir de colza mélangé par les abeilles à d’autres nectars plus délicats) récolté début mai, dégage des effluves floraux, a un goût légèrement acidulé et procure une sensation de fraîcheur, il est riche en oligoéléments.

Le miel d’acacia, récolté fin mai-début juin est très prisé pour sa douceur et son aspect liquide. Il représente la plus forte vente en miels monofloraux. Son arôme rappelle de manière discrète le parfum de la fleur, et il est considéré comme un régulateur intestinal.

Le miel de romarin, récolté fin avril-début mai est faiblement balsamique avec un arôme discret et une légère réminiscence végétale, il est bénéfique aux personnes atteintes d’insuffisance hépatique, digestive et vésiculaire et contient de nombreux oligoéléments.

Le miel d’aubépine, récolté en avril-mai révèle un arôme discret mais tenace, un goût suave et fruité qui perdure en bouche, il est bénéfique pour les personnes souffrant d’insomnies.

Le miel de bruyère blanche, récolté début mai, se distingue par ses saveurs boisées fortes où se mêlent parfois une pointe de réglisse de cacao ou de caramel.

Le miel de pissenlit, a une légère odeur ammoniaquée avec une saveur discrète appréciée des amateurs de miels doux, il possède des vertus diurétiques.
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