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Appel à la grève dans les écoles primaires : à quoi s'attendre mardi 19 mars en Aquitaine ?

Manifestation des enseignants à Pau, en novembre 2018 / © Quentin TOP - MaxPPP
Manifestation des enseignants à Pau, en novembre 2018 / © Quentin TOP - MaxPPP

De nombreux enseignants en écoles primaires seront en grève mardi 19 mars dans toute la France. Les syndicats, qui rejoignent la grève de la fonction publique,  protestent contre la loi Blanquer. La mobilisation s'annonce massive en Aquitaine.
 

Par Maïté Koda

Si vos enfants sont en âge d'être scolarisé en élémentaire, vous avez peut-être anticipé la journée de mardi en posant vous-même une journée. Car nombre d'établissements n'accueilleront pas les enfants, en raison d'une grève nationale à la fois des agents municipaux et des enseignants.

En effet, ces derniers se sont joints à la grève pour la défense du service public et la suppression de postes annoncées afin de protester contre le projet de loi "pour une école de la confiance" du ministre de l'Education nationale. (Voir notre encadré plus bas)
 

Cent-cinquante écoles fermées en Gironde

En Gironde, selon les syndicats, environ 150 écoles seront fermées ce 19 mars. "La mobilisation sera très importante", prévient Samantha Fitte, du Snuipp-FSU Gironde.

"Nous demandons le retrait de la loi Blanquer, qui veut regrouper des classes des écoles primaires avec le collège, en un seul établissement. Ce qui signifie la fermeture des écoles dans les petites communes, la suppression de postes de directeurs d'écoles, une perte du lien de proximité avec les élèves et leurs familles…
 

C'est une loi dévastatrice, qui veut créer des écoles-usines!.

 

Forte mobilisation en Dordogne

Si le Snuipp-FSU de Dordogne n'avance pas encore de chiffres concernant la journée de mardi, on s'attend tout de même à une mobilisation "bien plus forte que lors des dernières journées de grève".

"Le milieu rural est particulièrement mobilisé, note Alain Barry , de la FSU Dordogne. Cette volonté de regrouper les élèves des classes élémentaires avec le collège, on nous la justifie des arguments pédagogique, alors qu'il s'agit avant tout de faire des économies. La pédagogie, elle passe après", regrette-il.


Les enseignants grévistes sont appelés à se rassembler mardi matin dès 8h30 à Périgueux devant la bourse du Travail puis le Palais de Justice. Après une manifestation et une opération escargot, un nouveau rassemblement est prévu à Bergerac à 15 heures.


"Un rejet massif dans les écoles"

Dans les Landes, plus de 60 écoles seront fermées dans le département, annonce la Snuipp-FSU sur son site Internet. Un rassemblement est prévu à 11h au marché Saint Roch de Mont-de-Marsan.

Dans le Lot-et-Garonne, des rassemblements sont prévus à Agen dans la matinée, puis Marmande à 15h30. Ici aussi le taux de grévistes s'annonce particulièrement élevé, au-delà des 60%. De nombreuses petites écoles, de 2 ou 3 classes, seront fermées.



Dans les Pyrénées-Atlantiques, deux rassemblements sont également prévus place de Verdun à Pau et place Sainte-Ursule à Bayonne à 10h30.
"Dans le département, la grève est majoritaire, le taux de grévistes dépasse les 50%, annonce Renaud Bousquet, secrétaire national du Snuipp-FSU dans les Pyrénées-Atlantiques.  
 

Nous aurons au moins une trentaine d'écoles fermées, en zone rurale tout comme sur le BaB et Pau.


Le syndicaliste affirme ressentir une "vraie colère qui monte sur la loi Banquer, et un rejet massif dans les écoles". Une inquiétude partagée par les parents d'élèves, assure-t-il.

Ces derniers sont d'ailleurs conviés à une nouvelle mobilisation et manifestation nationale, le 30 mars, au côté des enseignants. L'appel à été lancé par la FSU, le SE-Unsa, le SGEN-CFDT, la CGTEduc et le Snalc.

 

Projet de loi Blanquer : qu'est-ce qui coince ?

Le texte de loi "pour une école de la confiance" a été adopté en première lecture le 19 février à l'Assemblée nationale. Depuis, les syndicats du corps enseignant ne décolèrent pas face à ce que contient le texte.

Regroupement écoles-collège
S'il est un article qui cristallise le rejet, c'est bien cet amendement qui vise à créer "les établissements publics des savoir fondamentaux".

Ceux-ci  seront "constitués de classes du premier degré et du premier cycle du second degré. Ils regroupent les classes d'un collège, et d'une ou plusieurs écoles situées dans le même bassin de vie".

Les syndicats enseignants s'inquiètent eux de la disparition annoncée des petites écoles rurales, et de la perte du lien entre l'école et les parents d'élèves.
Le texte prévoit également la création de postes adjoints au directeur de l'établissement pour piloter le premier degré, ce qui pose des questions sur l'avenir des directeurs d'écoles primaires.

Des jardins d'enfants pour concurrencer l'école maternelle ?
Autre inquiétude : l'instauration de l'école obligatoire à partir de 3 ans. Actuellement, 99% des enfants sont scolarisés dès cet âge. Mais le texte impose aux collectivités de financer les maternelles privées sous contrat, une mesure dont le coût est estimé  entre 100 et 150 millions d'euros selon les calculs du Monde.

Toujours pour les plus jeunes, le texte de loi prévoit la création de jardins d'enfants, des structures d'accueil privées, avec pour mission d'instruire les enfants entre 3 et 6 ans, mais sans enseignants…  " La porte sera ouverte pour installer définitivement ces structures au terme de ces 2 ans et réduire ainsi la place des écoles maternelles ", dénonce le Snuipp.
 

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