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Avant les grandes marées la Charente-Maritime multiplie les chantiers pour défendre le trait de côte

A l'arrivée des dernières grandes marées de l'hiver, du 7 au 10 avril, la Charente-Maritime défend plus que jamais ses côtes avec 150 chantiers en cours ou à venir pour empêcher de nouvelles inondations meurtrières et destructrices, comme celles de la tempête Xynthia en février 2010.

Le trait de côte a reculé de plus de 10 m. à certains endroits du littoral de la Charente-Maritime, comme ici à l'Île-de-Ré
Le trait de côte a reculé de plus de 10 m. à certains endroits du littoral de la Charente-Maritime, comme ici à l'Île-de-Ré © Maxppp
A Charron, La Rochelle, en de multiples sites sur les trois îles (Ré, Aix et Oléron), à Châtelaillon-Plage ou Fouras-les-Bains, du nord au sud, le département renforce la protection de ses 470 km de trait de côte à grands coups de brise-lames, de digues, d'enrochements, de murets et de batardeaux pour fermer les cales d'accès à la mer. L'approche des dernières frandes marées de l'année (114 ce jeudi et 118 demain vendredi) inquiète les élus du littoral.

Ces chantiers sont regroupés au sein d'une vingtaine de Programmes d'action et de prévention des inondations (PAPI). A lui seul, le Conseil départemental de Charente-Maritime en porte huit, en qualité de maître d'ouvrage. Avec la Seine-Maritime, il est le seul de France à avoir endossé cette compétence.

350 millions pour assurer une défense du littoral "au top"

Prendre la maîtrise d'ouvrage a été une décision courageuse, qui permet de gagner en temps, en efficacité et en homogénéité.",
Lionel Quillet, vice-président du Conseil départemental et président de la Commission littorale.


Les experts estiment qu'il faudrait 350 millions d'euros pour une défense au top, et 150 millions pour un système de défense supérieur à avant Xynthia. "Ces 150 millions sont budgétés", selon Lionel Quillet qui compare cette somme aux 5 millions d'euros investis entre 1965 et 2008.

La Communauté d'agglomération de La Rochelle porte également huit chantiers, et d'autres encore sont gérés par des syndicats intercommunaux. Le Syndicat du littoral regroupant quatre communes - Yves, Châtelaillon, Fouras et l'île d'Aix - endosse ainsi 20 millions d'euros de travaux.

Seules face à la mer 

Mais d'autres petites localités isolées, comme Moëze ou Brouage, se sentent démunies, financièrement et techniquement, face à l'immensité de l'océan. Car la protection des côtes n'est pas une action unifiée et centralisée. Elle est au contraire totalement morcelée, du fait même de l'organisation mise en place par l'Etat après Xynthia, déplorent les élus charentais.

Cette organisation a d'ailleurs été renforcée par la loi de modernisation de l'action publique et l'affirmation des métropoles (Maptam) de 2014, et son volet sur la Gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (Gemapi), qui entrera, lui, en vigueur au plus tôt en 2018. Or le Gemapi prévoit que la commune ou le syndicat deviennent la structure dédiée à la défense contre les eaux. 

Lors de la tempête Xynthia, associée à de fortes marées, la mer avait brisé des digues et envahi des lotissements situés en zones inondables (52.000 hectares au total), provoquant la mort de 53 personnes dans l'ensemble de la France, dont douze en Charente-Maritime. Au total, la fédération française des sociétés d'assurances estime les dégâts directs de Xynthia à plus de 2,5 milliards d'euros.

En Charente-Maritime, la coefficient de marée atteindra vendredi après-midi 118, le plus haut de l'année.
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