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Chirurgien de Jonzac accusé de viols et d'atteintes sexuelles sur mineurs : des nouvelles plaintes déposées

Hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) / © Google Street View
Hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) / © Google Street View

Un chirurgien de Jonzac accusé de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs pourrait être impliqué dans une affaire de pédophilie de grande ampleur. Ses journaux intimes recensent plus de 200 noms. Des nouvelles plaintes ont été déposées.

Par Valérie Prétot

Un chirurgien de Jonzac est renvoyé devant les assises pour quatre affaires de viols et d'agressions sexuelles sur mineurs. Ce médecin de 68 ans devra répondre des faits qui se sont déroulés entre 1989 et 2017 lors d'un procès qui pourrait se tenir en fin d'année ou au début de 2020.

Nos confrères de La Charente Libre révèlent dans leur édition de ce mardi que le praticien aurait raconté dans des carnets intimes retrouvés par les enquêteurs, d'autres abus sexuels commis sur des enfants. La lecture de ces journaux intimes (dont les plus anciens datent des années 90), auraient permis de recenser plus de 200 victimes potentielles à travers la France, selon le quotidien.

Cette information n'a pas été confirmée par le Parquet de La Rochelle qui précise "qu'un juge d'instruction de La Rochelle a en effet ordonné le 25 mars 2019, la mise en acusation du praticien devant la cour d'assises pour viol sur mineur par personne ayant autorité, viol sur mineur de 15 ans, agression sexuelle, exhibition sexuelle et consultation et diffusion d'image d'un mineur à caractère pornographique".
Spécialisé en chirurgie digestive, Joël Le Scouarnec a exercé à l'hôpital de Jonzac entre 2008 et 2017, date à laquelle il est placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Saintes (Charente-Maritime).

Des nouvelles plaintes déposées

C'est le témoignage d'une fillette de 6 ans dont les parents sont voisins du chirurgien qui va déclencher le début de l'enquête.
Me Francesca Satta, avocate de la famille de la fillette, à Paris ce mardi. / © France Télévisions
Me Francesca Satta, avocate de la famille de la fillette, à Paris ce mardi. / © France Télévisions
Interrogée par l'une de nos équipes, Francesca Satta, l'avocate de la famille rappelle que ses clients sont effondrés car ils n'ont rien vu venir, ils n'ont pas vu ce qui se passait chez eux.

La petite est allée jouer dehors, elle se réfugie au fond du jardin, le chirugien passe sa main vers la fillette et là nous avons un acte de pénétration sexuelle que le mis en cause ne reconnaît pas mais les faits sont avérés. Ce médecin avait l'air bien sous tous rapports mais quand les enquêteurs perquisitionnent le domicile, on découvre l'envers du décor, un scénario d'outre-tombe avec des petits baigneurs, des poupées etc...
Me Francesca Satta, avocate.

"De nouveaux dépôts de plaintes ont eu lieu en juin et d'autres il y a à peine une semaine. J'ai été contactée par certaines familles, des victimes du nord de la France", a poursuivi l'avocate, qui dit ne pas connaître le nombre total de plaintes déposées. "En plus de Loches (Indre-et-Loire), Vannes (Morbihan), des victimes commencent à remonter dans les hôpitaux où il est passé"

    Je ne sais pas si tout ce qui est écrit dans le carnet est vrai, il faut voir si tout est vrai ou pas", 
    -Francesca Satta.

    

 L'avocat du chirurgien : "il y a 4 personnes qui sont parties civiles et non 200 comme on peut l'entendre".

De son côté, l'avocat de Joël Le Scouarnec, met en avant le fait que son client est pour l'instant convoqué devant la justice uniquement pour des faits de viols ou d'atteintes sexuelles commis sur quatre mineurs.
Thibault Kurzawa, avocat du chirurgien accusé de viol et d'agression sexuelle. / © Pascal Foucaud - France Télévisions
Thibault Kurzawa, avocat du chirurgien accusé de viol et d'agression sexuelle. / © Pascal Foucaud - France Télévisions

Contrairement à ce qui est dit, il y a uniquement quatre personnes qui sont parties civiles, qui sont donc qualifiées de victimes et non 50 ou 200 ou 300 comme on a pu l'entendre par ailleurs, les faits sont extrêmement précis, ils concernent des faits d'agression sexuelle avec ou non pénétration.
- Thibalut Kurzawa, avocat.

La réaction de Thibault Kurzawa, avocat de Joël Le Scouarnec au micro de Pasacal Foucaud et Joël Bouchon.

Thibalut Kurzawa, avocat
Un chirurgien de Jonzac accusé de viols et d'atteintes sexuelles sur mineurs, plus de 200 noms de victimes retrouvés.

Une enquête en cours 

L'enquête se poursuit et des investigations sont en cours pour tenter d'identifier et d'entendre d'autres éventuelles victimes dans l'entourage proche ou professionnel de l'accusé selon le Parquet de La Rochelle. Les investigations sont menées par la section de recherches de Poitiers.

Aucun autre autre détail ne peut être donné à ce stade, que ce soit sur le nombre ou sur la nature des faits.
Julien Wattebled, procureur adjoint, La Rochelle

L'enquête devra déterminer si les 200 noms qui figurent dans les carnets intimes sont autant de victimes ou si les témoignages du carnet correspondent davantage à des fantasmes qu'à la réalité.
Avant de travailler à Jonzac, le médecin a aussi exercer dans des hôpitaux en Bretagne et en Touraine.

Le chirugien avait été condamné en 2005

Le chirurgien avait déjà été condamné en novembre 2005 par le tribunal correctionnel de Vannes à quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende, pour détention d'images à caractère pédo-pornographique.

Le reportage de Pascal Foucaud et Joël Bouchon.

Un chirurgien de Jonzac accusé de viols et d'atteintes sexuelles sur mineurs, plus de 200 noms de victimes retrouvés

La Voix de l'Enfant partie civile

L'association de défense de l'enfance, La Voix de l'Enfant, a annoncé qu'elle se constituerait partie civile pour le procès de 2020. Notamment pour demander si le chirurgien, déjà condamné en 2005 à Vannes pour détention d'images pédopornographiques, "avait fait l'objet d'une injonction de soin, comme nous le réclamons systématiquement dans de tels cas", a déclaré sa présidente Martine Brousse.
L'association veut aussi interroger le Conseil de l'Ordre, pour savoir s'il a porté cette condamnation à la connaissance des établissements ou a exercé le médecin.
 

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