REPLAY. Élections départementales. Ce qu'il faut retenir du débat en Charente-Maritime

Avant le premier tour des élections départementales ce dimanche 20 juin, France 3 Poitou-Charentes a organisé un premier débat en présence de sept candidats de Charente-Maritime. Ils ont pu débattre autour des thèmes du RSA, du projet de contournement de Marans, ou encore du tourisme. 

De gauche à droite, sur la première ligne : Véronique Abelin-Drapron (Droite et Centre), Rémy Catrou (LFI), Thomas Lafarie (LREM), Jacques Guiard (PCF). Deuxième ligne : Jean-Marc Soubeste (EELV), Karine Dupraz (Gauche), Séverine Werbrouck (RN).
De gauche à droite, sur la première ligne : Véronique Abelin-Drapron (Droite et Centre), Rémy Catrou (LFI), Thomas Lafarie (LREM), Jacques Guiard (PCF). Deuxième ligne : Jean-Marc Soubeste (EELV), Karine Dupraz (Gauche), Séverine Werbrouck (RN). © France Télévisions

Sept représentants des candidats aux élections départementales ont échangé leurs points de vue à la Maison de la Charente-Maritime, à La Rochelle, autour de Laïd Berritane, ce mercredi 16 juin, lors d'un débat diffusé ce mercredi à 22h45 sur France 3 Nouvelle-Aquitaine, et que vous pourrez revoir en replay ci-dessous. Les invités sont : 

Un budget adapté à la crise sanitaire ? 

Le premier thème abordé lors de ce débat était celui du budget 2021 du département de la Charente-Maritime adopté en avril dernier, et de son adaptation à la crise sanitaire et ses conséquences. 

Véronique Abelin-Drapron (Droite et Centre) défend le budget construit par sa majorité, "qui mise sur l'attractivité et la solidarité". Pour Thomas Lafarie, (LREM), "oui, comme toutes les collectivités locales, le département a joué le jeu face à la crise. [...] Maintenant se pose la question du recentrage de ce budget sur les compétences essentielles du département".

Un avis que ne partage pas Jacques Guiard (PCF), qui estime que "le budget n'est pas à la hauteur". "La Charente-Maritime est à l'aise grâce à la manne financière que représentent les droits de mutation. La priorité doit-être de répondre aux besoins sociaux". Un avis que partage Rémy Catroux (LFI). 

De son côté, Séverine Werbrouck (RN), pointe "de grandes promesses non abouties", mais "conçoit que dans les circonstances sanitaires, c'est difficile de dire qu'on aurait fait mieux". Elle prône pour un audit des finances, et la priorisation de deux sujets : la redistribution de l'enveloppe consacrée aux mineurs non-accompagnés, et la vigilance sur la fraude sociale.

Concernant "l'enjeu majeur de l'adaptation du département au réchauffement climatique", Jean-Marc Soubeste (EELV) juge que le budget n'est pas du tout à la hauteur. "On préfère le goudron aux solidarités", ajoute-t-il aussi. Karine Dupraz (Gauche) regrette aussi une part insuffisante au budget alloué au social et rappelle que son groupe n'a pas voté le budget.

Quelle gestion du RSA ? 

Alors que se pose la question de la nationalisation du RSA, ainsi que celle de son ouverture aux jeunes à partir de 18 ans, comment se positionnent les représentants des candidats sur ces questions ? 

Pour Thomas Lafarie (LREM), il s'agit d'une question nationale. Il estime que concernant la Charente-Maritime, il n'est pas forcément nécessaire que l'Etat reprenne en main le RSA.

"Il s'agit d'une question fondamentale, les jeunes ont dû attendre pour que le département se porte à leur secours", juge Jean-Marc Soubeste (EELV) qui ajoute que le débat devra avoir lieu lors des élections présidentielles, et ajoute que le budget solidarité de la Charente-Maritime est en dessous de la moyenne nationale.

"Il aurait fallu que le RSA reste aux mains de l'Etat", souligne Jacques Guiard (PCF). Pour Rémy Catroux (LFI) "il s'agit d'une question politique", et au regard de la détresse des jeunes depuis le début de la crise sanitaire, il est nécessaire d'ouvrir le RSA à partir de 18 ans. Et pour financer cette extension, "une idée : aller ponctionner l'argent de la fraude fiscale". 

En revanche, "l'élargissement du RSA n'est pas du tout dans notre optique", réagit Séverine Werbrouck (RN), qui favorise plutôt "la méritocratie et le soutien à la formation", et pointe à nouveau la fraude sociale. 

"Stop au fantasme de la fraude au RSA", répond Véronique Abelin Drapron (Droite et Centre). "La grande majorité des bénéficiaires ont envie de travailler, et pour ça, il faut les accompagner. Le département a mis le paquet la dessus."

"En Charente-Maritime, un jeune sur cinq vit en dessous du seuil de pauvreté. Et tous ne sont pas étudiants, donc ne peuvent pas bénéficier des aides", relève Karine Dupraz (Gauche). Elle rappelle aussi que "sur la question de la fraude, ce qui nous interpelle, ce sont toutes les personnes qui pourraient avoir le droit aux aides et qui n'y ont pas recours." 

Aides à domicile et Ehpad 

Les représentants des candidats débattent également sur la question des EHPAD, et des aides à domicile. Pour Karine Dupraz (Gauche), les moyens alloués par le département sont insuffisants. "Le forfait est trop faible pour l'aide à domicile", abonde  Thomas Lafarie (LREM). 

Pour Jacques Guiard (PCF), il faudrait renforcer le public plutôt que les investisseurs privés. Un avis que partage Rémy Catroux (LFI) : "le reste à charge pour les familles est un frein et empêche nos aînés d'être bien accueillis". 

Contournement de Marans ou A831 ? 

Evoqué depuis des années, le projet de l'autoroute A831, entre Fontenay-le-Comte et Rochefort, a été enterré. Faut-il désormais construire un contournement de Marans, et si oui, avec quel envergure ?

"L'autoroute n°831 est un monument historique qui ne verra jamais le jour" lance Rémy Catroux (LFI). "L'écologiste que je suis milite depuis longtemps contre ce projet autoroutier" rappelle Jean-Marc Soubeste (EELV).

La plupart des représentants des candidats optent désormais pour cette option du contournement. "Je suis pour le projet qui avancera le plus vite avec l'impact environnemental moindre", se positionne Véronique Abelin-Drapron (Droite et Centre). "Ça coute nettement moins cher que l'autoroute" réagit Karine Dupraz (Gauche). 

"Un contournement à Marans semble financièrement et écologiquement plus pertinent, ce qui est aussi valable à Royan, à Rochefort à Saintes" souligne Thomas Lafarie (LREM)."Nous sommes pour un contournement proche et respectueux de l'environnement" plaide Séverine Werbrouck (RN).

Des éoliennes dans un parc naturel marin ? 

Concernant le projet de création d'un grand parc éolien offshore au large de l'Ile d'Oléron, les avis sont partagés, plusieurs candidats se disent insuffisamment informés pour se prononcer.

"Il faut examiner la question projet par projet" relève Véronique Abelin-Drapron (Droite et Centre). "Il n'y a pas de dogme concernant l'éolien, nous sommes pour un mix énergétique". 

"On va attendre de voir ce que donne l'enquête publique" répond  Thomas Lafarie (LREM). Pour Karine Dupraz (Gauche), "on attend des informations, mais la mer reste un outil de travail, nous serons très vigilants sur toutes les conséquences."

"Le débat public vient de commencer mais le plan pluriannuel de l'énergie prévoit que, de toute façon, il y aura un parc au large d'Oléron. Je trouve ce projet surdimensionné" estime Jacques Guiard (PCF) qui s'interroge aussi : les énergies éoliennes et photovoltaïques sont-elles en capacité de répondre aux besoins permanents avec une production intermittente ? 

La priorité, plaide Jean-Marc Soubeste (EELV), ce n'est pas la production de l'énergie, mais la réduction de sa consommation. "Par exemple, il faut un grand plan de rénovation thermique des collèges". 

Séverine Werbrouck (RN) soulève le "danger que représente ce projet pour les marins pêcheurs de La Cotinière". 

L’ensemble de ce débat est à retrouver en replay ci-dessous

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